Le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’information, M. Adji Ali Salatou, a présidé, hier lundi 31 août 2026 au Centre international des conférences Mahatma Gandhi de Niamey, la cérémonie de remise de diplômes aux étudiants de l’École supérieure des communications électroniques et de la Poste (ESCEP). La cérémonie s’est déroulée en présence des ministres en charge de l’Enseignement Technique et Supérieur ; du corps diplomatique et des familles des lauréats.
Héritière du Centre national d’instruction des postes et télécommunications créé en 1969, puis de l’École supérieure des télécommunications en 2011, l’ESCEP poursuit depuis cinquante-sept ans la même mission de service public. Unique établissement public d’enseignement supérieur spécialisé dans les communications électroniques, le numérique et les services postaux, l’ESCEP forme des cadres dont l’État, les opérateurs et les entreprises ont besoin.
Au cours de la cérémonie, les anciens directeurs généraux de l’ESCEP ainsi que les majors des promotions ont reçu des distinctions et des cadeaux des mains des autorités présentes à la cérémonie. À cet effet, le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’information, M. Adji Ali Salatou, a souligné que l’économie numérique mondiale pèse plusieurs milliers de milliards de dollars et, croît plus vite que l’économie dans son ensemble, et qu’aucune activité, services financiers, santé, éducation, agriculture, logistique, n’échappent à cette transformation. « Cette réalité porte une promesse considérable pour notre pays. Elle porte aussi une exigence que je veux nommer clairement : celle de la souveraineté numérique. Un État qui numérise son administration sans maîtriser ses infrastructures se rend dépendant. Un État qui consomme des solutions numériques sans jamais en produire reste un marché et ne devient jamais un acteur. La souveraineté numérique n’est pas une posture, c’est la capacité concrète de concevoir, de déployer et de sécuriser par nous-mêmes les systèmes qui portent nos services publics et notre économie », a-t-il déclaré.
Le ministre a explicitement expliqué qu’une école se juge par ce que deviennent ses diplômés et pour ce faire, l’ESCEP-Niger a engagé une enquête de suivi auprès de ses anciens étudiants dont les premiers résultats portant sur deux cent dix-sept réponses exploitables, confirment que près de 49% des répondants occupent un emploi. « Ce taux atteint 58% pour les promotions sorties entre 2021 et 2023 et dépasse 65% pour les cohortes plus anciennes. 45% de ces emplois relèvent des télécommunications et du numérique, et huit salariés sur dix travaillent dans des structures de vingt personnes et plus », a-t-il dit.
Le ministre Adji Ali Salatou a, en outre, salué les réformes engagées par la nouvelle administration de l’École qui ont consisté à réviser l’intégralité de son portefeuille selon l’approche par compétences ; à se soumettre volontairement à l’évaluation de l’Agence nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche et à la création du Sahel Innovation Lab. « Le Sahel ne peut rester un simple utilisateur de technologies conçues ailleurs pour des réalités qui ne sont pas les siennes. Son premier projet conduit avec le Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES), applique l’intelligence artificielle au diagnostic du paludisme à partir de données constituées au Niger, sur des lames issues de nos populations et de nos laboratoires. C’est cela produire une solution numérique sahélienne : non pas transposer, mais concevoir à partir de nos propres réalités », a-t-il encouragé.
Il a par ailleurs annoncé trois orientations que le Gouvernement entend soutenir dont l’ouverture internationale de l’École, la création, au sein de l’École, d’un centre de compétences dédié aux métiers techniques du numérique, associant un espace de fabrication numérique et un laboratoire de robotique, et l’installation de l’École dans des locaux à la mesure de ses missions.
Hamissou Yahaya (ONEP)
