Les participants ont procédé à une analyse des progrès réalisés et des défis dans le cadre de la lutte contre les mariages précoces
Le secrétaire général du Ministère de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité, M. Amadou Adamou, a présidé, le mercredi 14 octobre 2026 à Niamey, l’ouverture d’un atelier national sur le bilan de la mise en œuvre du plan stratégique national pour mettre fin au mariage précoce. Cet atelier s’inscrit dans la dynamique de mobilisation nationale autour de la Journée internationale de la fille, placée sous le thème « mettre fin au mariage précoce, investir dans les droits des filles ».
Pour le secrétaire général du Ministère de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité, le mariage précoce des filles demeure un enjeu pour le développement humain, et la construction d’un Niger fort. « Lorsqu’une fille est engagée précocement dans un mariage, ses possibilités de poursuivre sa scolarité, de préserver sa santé, de développer ses capacités et de participer pleinement à la vie économique et sociale peuvent être considérablement réduites », a-t-il dit.
M. Amadou Adamou Garba a déclaré que face à cette situation, le Gouvernement a fait de la protection de l’enfance une priorité absolue à travers l’élaboration et la mise en œuvre du Plan Stratégique National 2024-2028. Il a indiqué que ce plan porte la vision d’une société nigérienne qui refuse les mariages et grossesses précoces. « Ce plan stratégique s’articule autour de quatre axes stratégiques : Environnement institutionnel, juridique et suivi évaluation, mobilisation communautaires et changements de normes sociales, dialogue familial et automatisation des filles et adolescentes, accessibilité et qualité de ses services. », a-t-il expliqué.
Le secrétaire général du Ministère de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité a souligné qu’une attention particulière devra être accordée à la fiabilité des données, à la qualité des indicateurs et du fonctionnement du dispositif de suivi-évaluation. « Au-delà du bilan, nos travaux devront déboucher sur des priorités clairement définies, des responsabilités précises et une programmation réaliste, inclusive et budgétisée. Ils exigent aussi une plus grande implication des comités villageois de protection de l’enfant, qui sont au plus près des familles », a-t-il dit.
La représentante adjointe de l’UNICEF au Niger, Mme Ainhoa Jaureguibeitia, a salué le leadership du Gouvernement du Niger ainsi que l’engagement de l’ensemble des acteurs mobilisés pour la protection et la promotion des droits des filles. Elle a rappelé le contexte particulier dans lequel s’inscrit l’atelier de même que l’importance du choix de la thématique.
Mme Ainhoa Jaureguibeitia a affirmé que le Niger a enregistré des avancées encourageantes dans la promotion des droits des filles, grâce aux efforts conjugués. « La proportion de jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans mariées avant l’âge de 18 ans est passée de 76,3% en 2012 à 64,9% en 2021. Cette évolution, bien qu’à interpréter avec prudence compte tenu des différences entre les enquêtes, témoigne des efforts », a-t-elle dit.
Mme Ainhoa Jaureguibeitia a rappelé que malgré ces chiffres, de nombreuses filles voient encore leur éducation, leur protection et leurs perspectives d’avenir compromises. « Au-delà des statistiques, une dynamique positive se renforce à travers la mobilisation des communautés, l’engagement des leaders traditionnels et religieux et le développement d’initiatives en faveur de l’éducation, de la protection et de l’autonomisation des adolescentes. Ces acquis constituent une base importante pour consolider les approches prometteuses et élargir progressivement leur portée », a-t-elle soutenu.
Rabi I. Guero (ONEP)



