Le Président de la République
- Monsieur le Premier Ministre ;
- Messieurs les Membres du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) ;
- Monsieur le Président du Conseil Consultatif de la Refondation ;
- Monsieur le Président de la Cour d’Etat ;
- Madame la Présidente de la Cour des Comptes ;
- Monsieur le Président de l’Observatoire National de la Communication ;
- Monsieur le Président de l’Observatoire National des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales ;
- Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
- Messieurs les Ministres du Burkina Faso et de la République du Mali, représentants des pays frères de la Confédération AES ;
- Messieurs les Directeurs de Cabinets du Président de la République et du Premier Ministre ;
- Monsieur le Grand Chancelier des Ordres Nationaux ;
- Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement ;
- Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions diplomatiques et Consulaires et Représentants des Organisations Internationales ;
- Mesdames et Messieurs les Secrétaires Généraux des Ministères et Institutions de la République ;
- Monsieur le Gouverneur de la Région de Niamey ;
- Monsieur l’Administrateur Délégué de la Ville de Niamey ;
- Mesdames et Messieurs les Magistrats, Avocats, Notaires, Greffiers et Huissiers ;
- Madame la Bâtonnière ;
- Monsieur le Président de la Chambre Nationale des Notaires ;
- Monsieur le Président de la Chambre Nationale des Huissiers ;
- Honorables Chefs Traditionnels ;
- Respectés Leaders Religieux ;
- Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations socio-professionnelles et des structures de la Société Civile ;
- Distingués Invités ;
- Mesdames et Messieurs ;
- Mes Chers Compatriotes ;
C’est avec un profond sentiment de responsabilité que nous nous réunissons aujourd’hui à l’occasion de cette rentrée judiciaire ; moment solennel qui marque le début d’une nouvelle année d’activité des juridictions de notre pays. Cette cérémonie nous offre l’opportunité de réfléchir ensemble sur la mission de la justice dans la construction de l’État et sur sa contribution au devenir de notre Nation.
Parce qu’il n’y a pas de justice sans sécurité, j’aimerais à l’entame de mon propos, adresser les sincères remerciements et les vives félicitations de la Nation reconnaissante à l’ensemble de nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour leur engagement patriotique au service du Niger ; engagement qui nous permet de tenir la présente rencontre en toute sécurité.
C’est aussi le lieu de rendre un vibrant hommage au peuple nigérien souverain pour sa résilience et sa détermination à relever tous les défis qui se posent à nous et d’avoir une pensée pieuse pour tous les martyrs, civils et militaires, du terrorisme imposé à notre pays, tout en souhaitant un prompt rétablissement à nos blessés.
Enfin, j’adresse ces mêmes encouragements et prières aux Forces de Défense et de Sécurité ainsi qu’à l’ensemble des citoyens de notre Confédération AES, représentés dans cette cérémonie par les délégations du Burkina Faso et de la République du Mali que je salue.
Mesdames et Messieurs,
Il y a de cela un an, je prenais la parole à l’occasion de la rentrée judiciaire 2025-2026 des Cours et Tribunaux de notre pays, pour partager avec vous quelques réflexions que m’inspirait le thème de la rentrée d’alors : ‘‘ la Justice : défis et perspectives dans le contexte de la Refondation ’’. Pour rappel, à cette occasion, j’ai, en substance, invité les acteurs de la famille judiciaire à se hisser à la hauteur de leurs mission et responsabilités pour répondre véritablement aux aspirations légitimes du peuple nigérien à une justice refondée, débarrassée de toute corruption. C’est le lieu de saluer tous les efforts entrepris dans ce sens, tout en invitant les acteurs de la Justice à accélérer les réformes et leur donner une traduction concrète perceptible par tous les Nigériens.
Mesdames et Messieurs,
Le thème retenu cette année, « Le rôle de la justice dans l’affirmation de la souveraineté nationale », est d’une pertinence particulière, tout en s’inscrivant dans la continuité de la réflexion que nous avons entamée lors de la précédente rentrée judiciaire. Il nous invite à examiner les liens étroits qui unissent l’action quotidienne des juridictions et l’autorité de l’État. La souveraineté nationale est le fondement même de l’État. Elle exprime le droit d’un peuple de décider librement de son destin, de se gouverner selon ses propres choix et de faire respecter son ordre juridique sur l’ensemble de son territoire. Mais cette souveraineté ne peut être pleinement exercée que lorsqu’elle est soutenue par des institutions fortes, crédibles et respectées.
Parmi ces institutions, la justice occupe une place centrale. La place de la justice devient encore plus centrale dans le contexte de la Refondation qui vise l’atteinte de la souveraineté nationale ; Refondation qui est, en même temps, l’expression de notre souveraineté populaire clairement exprimée par le peuple nigérien depuis le 26 juillet 2023 et gravée dans notre Charte de la refondation.
Mesdames et Messieurs,
Comme nous le savons tous, la Charte de la Refondation, notre loi fondamentale, est essentiellement structurée autour de l’aspiration du peuple nigérien à la justice et la souveraineté. Aussi, nombreuses sont ses dispositions qui, de manière explicite ou tacite, renvoient à cette aspiration. Par exemple, la Charte dispose en son article premier que : ‘‘ La Refondation, ses organes et l’ensemble des personnalités appelées à la conduire sont inspirés par nos principales valeurs socio-culturelles, notamment :
– Le patriotisme, la discipline et le civisme ;
– Le sens de la responsabilité, de l’intégrité et de l’honneur ;
– Le sens et le respect du bien public… ’’.
Quant à l’article 11 de la Charte, il dispose que : ‘‘ Tout acte portant atteinte à la forme républicaine de l’État, à la souveraineté, à l’indépendance et à l’unité nationale est un crime de haute trahison et puni comme tel par la loi. Cette infraction est imprescriptible.’’. De ces dispositions, il ressort, sans aucune ambiguïté, que le Constituant a mis en place un véritable dispositif juridique sur lequel le juge peut se fonder pour défendre notre souveraineté nationale.
Mesdames et Messieurs,
Le rôle de la justice dans l’affirmation de la souveraineté nationale est donc, en premier lieu, de respecter et de faire respecter notre loi fondamentale, en faisant une application rigoureuse des dispositions pertinentes de la Charte de la Refondation, telles que citées plus haut. En effet, rendre la justice est l’une des expressions les plus élevées de la souveraineté. Lorsqu’un tribunal statue au nom du peuple nigérien, lorsqu’il protège les droits des citoyens, lorsqu’il sanctionne les violations de la loi ou arbitre les conflits, ou encore lorsqu’il défend les intérêts vitaux de la nation, il traduit concrètement la primauté du droit ainsi que l’autorité et la souveraineté de l’État. Sans cette posture, la Justice perd son essence, de même qu’une souveraineté sans soutien du peuple et des institutions étatiques fortes perd son effectivité.
Mesdames et Messieurs,
Pour toutes ces raisons, notre peuple attend l’application stricte et sans aucune tergiversation, par le juge et les autres acteurs de la Justice, de tous les textes qui vont dans le sens de l’affirmation de notre souveraineté pleine et entière. Par ses décisions, elle prévient les conflits, apaise les tensions et renforce la confiance des citoyens dans les institutions publiques.
Si notre justice satisfait à ces exigences, elle aura fait œuvre utile, en contribuant alors efficacement à la stabilité de nos institutions. Une Nation dont les citoyens croient en l’impartialité et au patriotisme de leurs juges est une Nation plus forte, plus unie et plus résiliente. C’est dire que, dans un contexte marqué par de profonds défis politiques, économiques et sécuritaires, la Justice demeure un repère indispensable.
Mesdames et Messieurs,
La souveraineté nationale implique, en second lieu, la maîtrise de nos choix économiques et sociaux. Sous cet angle, la justice doit jouer un rôle essentiel dans l’exploitation de nos ressources naturelles, dans la sécurisation de nos investissements, la protection de nos contrats, la lutte contre la corruption et la garantie de la transparence dans la gestion de nos ressources publiques. Elle va contribuer ainsi à créer un environnement favorable au développement et à la prospérité collective sans lesquels la souveraineté restera un vain mot.
Le rôle de la justice doit consister, par exemple, à appliquer fermement les règles qui protègent nos ressources naturelles, conformément à l’article 6 alinéa 1 de la Charte qui dispose que, je cite ‘‘ l’État exerce sa souveraineté sur les ressources naturelles et du sous-sol’’.
Mesdames et Messieurs,
Le rôle de la justice dans l’affirmation de la souveraineté nationale doit consister, en troisième lieu, sur le plan international, à contrer les ingérences et à limiter les influences extérieures sur le Niger et la vie des paisibles citoyens Nigériens. Ces ingérences sont devenues complexes, en prenant des formes variées comme le terrorisme international, la criminalité transnationale, la cybercriminalité et les trafics illicites, la guerre informationnelle ainsi que la guerre économique et financière qui exposent nos États à des risques nouveaux.
Dans cette perspective, la justice a un rôle important dans l’application des règles relatives à la défense de l’intégrité de notre territoire et la sécurité nationale, notamment l’ordonnance N°2024-42 du 27 août 2024 instituant un fichier des personnes, groupes de personnes ou entités impliqués dans des actes terroristes ou dans toutes autres infractions portant atteinte aux intérêts stratégiques et/ou fondamentaux de la Nation ou de nature à troubler gravement la tranquillité publique.
Il en est de même de l’ordonnance 2026-48 du 10 septembre 2026 relative à la presse électronique qui, devenue transfrontalière et immatérielle, pose des défis à la souveraineté d’un genre nouveau.
Mesdames et Messieurs,
Au-delà de cette posture défensive, les acteurs de la Justice doivent prendre des initiatives et faire preuve d’ingénierie juridique pour :
- assister l’État dans tous les procès injustement intentés contre notre pays par ceux qui veulent remettre en cause notre souveraineté ;
- assister l’État à rentrer dans ses droits lorsque des décisions de justice au niveau international condamnent nos adversaires à verser la moindre somme au Niger ;
- défendre dans toutes les juridictions et instances internationales le principe de souveraineté des États, tel que le prévoit d’ailleurs la Charte des Nations Unies.
Mesdames et Messieurs,
La contribution de la Justice à l’affirmation de la souveraineté nationale impose également une réflexion sur le renforcement de ses capacités. Je suis conscient qu’une justice souveraine est une justice qui dispose des moyens humains, matériels et technologiques nécessaires à l’accomplissement de sa mission. C’est une justice accessible aux citoyens, rendue dans des délais raisonnables et fondée sur l’excellence professionnelle.
Aussi, en dépit du contexte difficile que vous connaissez, marqué par la guerre économique et financière que nous mènent les ennemis de notre souveraineté avec la complicité de leurs valets locaux, d’importants efforts ont été consentis par mon Gouvernement dans la formation des magistrats et des personnels judiciaires, dans la modernisation des juridictions et dans l’adaptation de notre système judiciaire aux exigences d’un monde en rapide transformation.
Mesdames et Messieurs,
Au terme de mon allocution, j’aimerais, à l’endroit de tous les acteurs de la Justice, adresser deux messages :
D’abord, je les invite à inscrire les relations entre l’Exécutif et le Judiciaire dans le cadre de la défense des intérêts supérieurs de la Nation; ces relations ne doivent en aucun cas se réduire à une malheureuse lutte idéologique ou de défense d’intérêts égoïstes, partisans et corporatistes.
Ensuite, je les invite à s’inscrire résolument dans la dynamique de refondation choisie par le peuple nigérien souverain en se l’appropriant et en la défendant, car c’est dans le prétoire que se joue très souvent le destin des hommes comme des Nations.
Bonne rentrée 2026-2027
Vive la justice nigérienne refondée !
Vive le Niger !
Vive la Confédération-AES !
Je vous remercie !
