samedi 31 octobre 2026

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Lenteur dans la délivrance des documents administratifs au Niger : Dans le secteur de l’éducation, des pratiques qui bloquent la carrière des travailleurs avec des répercussions sur les résultats scolaires

· ONEP NE
M. Gali Daouda, SG par intérim du BEN SNEN
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Dans le secteur de l’éducation, la lenteur administrative dans la délivrance des diplômes et des documents administratifs constitue une préoccupation majeure. Cette situation pénalise aussi bien les jeunes diplômés en quête d’emploi que les travailleurs, notamment les enseignants, contraints d’attendre parfois plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour obtenir un simple document d’avancement ou de régularisation.

Il suffit, en effet, de passer une journée dans les ministères en charge de l’éducation pour mesurer les difficultés que rencontrent les usagers. Des dossiers qui devraient normalement être traités dans des délais raisonnables restent parfois en attente pendant de longues périodes. M. Issoufou Amadou, enseignant dans un  collège fait partie des usagers rencontrés faisant face à cette situation. Le visage crispé, un sac en main, il témoigne : « Je viens du ministère pour une régularisation de mon reclassement. On m’a demandé d’apporter tous mes documents, ce que j’ai fait. Mais jusqu’à présent, rien n’a été fait. Je ne fais que des aller-retours au ministère depuis maintenant deux mois. Je pense que cela est uniquement lié à une lenteur administrative, car les personnes chargées de faire leur travail ne le font pas correctement ».

Mahamadou Yacouba, un père de famille, raconte également le calvaire qu’il a enduré avant d’obtenir l’attestation du Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPEC) de son enfant à la Direction régionale de l’éducation nationale. « Pour avoir l’attestation de réussite du BEPC de mon enfant, j’ai dû passer près d’un mois.  Chaque fois, c’est des rendez-vous qu’on me donne et j’ai fait des aller-retours jusqu’à l’obtention de ce document. Je pense que cela doit vraiment s’arrêter », a-t-il déclaré.

Jusqu’à une certaine époque, selon le secrétaire général par intérim du Syndicat National des Enseignants du Niger (SNEN), M. Gali Daouda, un travailleur, même dans les zones les plus reculées, était averti en termes d’avantages, de progression, de papiers, pour se prendre à temps et régulariser sa situation. Mais aujourd’hui, ajoute-t-il, beaucoup d’enseignants qui se trouvent dans les brousses reculées ne savent même pas quand ils vont avancer, surtout au niveau des avancements au choix. « Je pense que cela est dû à la lenteur administrative. Aujourd’hui, vous conviendrez avec moi, même la régularisation de certains papiers de reclassement, il faut que l’enseignant se déplace lui-même pour le faire. Ce qui n’est pas normale. Il faudrait que l’administration au plus haut niveau puisse prendre des précautions afin d’éviter ces complications », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, M. Gali Daouda estime que cette situation est particulièrement dangereuse pour le système éducatif. Elle bloque non seulement la carrière des travailleurs, mais aussi le bon fonctionnement des services administratifs. « Imaginez un enseignant qui doit régulariser sa situation administrative parce qu’il constate que, depuis un ou deux ans, il n’avance pas ou n’a pas été reclassé, alors qu’il existe des services compétents au ministère en charge de l’éducation qui doivent le faire. Ils ne l’ont pas fait, et l’enseignant se voit donc obligé d’effectuer des déplacements », a-t-il déploré.

Il relève également que, depuis la politisation de l’administration nigérienne, certains agents semblent plus préoccupés par les affectations que par l’exécution effective de leurs tâches. « Les gens courent de porte à porte pour être affectés, mais une fois en poste, ils ne font pas leur travail », a-t-il affirmé.

Pour pallier cette situation, M. Gali Daouda propose d’intensifier les inspections des services au niveau des ministères pour suivre de près le fonctionnement des services administratifs. Il recommande aussi de sanctionner les agents qui ne font pas leur travail ou qui entravent la bonne marche de l’administration afin que ceux qui seront affectés à ces postes ne reproduisent pas les mêmes comportements. « Nous, au niveau du syndicat, nous demandons à nos représentants et à nos militants de travailler. Il faut également que les services administratifs disposent du temps nécessaire pour travailler, au lieu d’obliger les enseignants à effectuer des déplacements qui ne devraient pas être nécessaires », a-t-il conclu.

Yacine Hassane (ONEP)