Adjudant-chef Moussa Abdoulaye
Dans cet entretien, Moussa Abdoulaye, administrateur délégué de la commune de Doungou, revient sur les atouts agricoles, les défis et les ambitions de cette localité du département de Kantché. Entre modernisation de l’irrigation et dynamisation de la production, Doungou se positionne comme une commune à fort potentiel de développement rural.
Monsieur l’administrateur délégué, veuillez nous présenter la commune de Doungou et nous parler également des principales activités socio-économiques de la commune.
Merci bien de nous donner l’occasion de parler de la commune de Doungou. Je commencerais par dire que la commune de Doungou relève du département de Kantché dans la région de Zinder. Elle s’étend sur une superficie d’environ 124 000 km², et compte, selon les projections basées sur le recensement général de 2012, 38 667 habitants, dont 51 % d’hommes et 49 % de femmes.
Elle est limitée au nord par la commune de Droum, au sud par Yaouri, à l’est par Droum et Dogo, et à l’ouest par Matameye. Le chef-lieu de Doungou est situé à 17 km à l’est de la ville de Matameye. La population est essentiellement composée d’Haoussa et de Kanouri. Il y a également des Peulhs et des Touaregs.
La population vit principalement de l’agriculture et de l’élevage. L’agriculture constitue la principale source de revenus pour la majorité des habitants. On y pratique la culture pluviale sur toute l’étendue du territoire de la commune et la culture de contre-saison qui est également très développée.
Doungou est connue de part de sa production de canne à sucre, avez-vous des statistiques sur la production annuelle de cette denrée?
Effectivement, beaucoup connaissent Doungou à travers sa production de la canne à sucre. Sachez que la commune est traversée d’est en ouest par la vallée de Korama sur plus de 20km. Ce qui lui confère un fort potentiel agricole. C’est une zone très fertile, particulièrement favorable à la culture irriguée dont la canne à sucre. Doungou est d’ailleurs l’une des plus grandes zones productrices de la canne à sucre et de la courge au Niger. Nous ne disposons pas de statistiques, mais pendant la période du pic de commercialisation, on charge des dizaines de camions quotidiennement. Il n’y a pas que la canne à sucre qui est produite ici. En plus de cela, nos administrés produisent du maïs, de la courge, de la pomme de terre, du poivron, du piment, de la tomate. Et, récemment, ils ont introduit du riz qui se produit très bien d’ailleurs. C’est une commune à grande potentialité agricole. Et à Doungou, la production agricole se fait tout au long de l’année. Il n’y a pas de saison morte ni de période de soudure. Chaque culture a sa période spécifique. Par exemple, la canne à sucre qu’on a commencé à commercialiser en octobre a été plantée il y a un peu plus de six mois et a traversé la saison des pluies. Selon les données du projet PRODAF, la production de ces spéculations se chiffre en plusieurs milliers de tonnes par an. Les chiffres exacts sont suivis par les services techniques compétents.
Quels sont les débouchés des produits agricoles de la commune ?
Nos produits sont écoulés dans tout le pays, de Zinder à Tillabéri en passant par Maradi, Tahoua, Agadez, Dosso et même au-delà de nos frontières. Les principaux acteurs de la commercialisation sont les cultivateurs eux-mêmes, mais aussi des commerçants qui achètent en gros pour revendre sur d’autres marchés.
Quelle est la contribution du secteur agricole au développement local et aussi comment la mairie parvient-elle à mobiliser les ressources financières nécessaires ?
L’agriculture est le pilier de l’économie locale ici à Doungou. La majorité des habitants ne disposent d’aucune autre source de revenus. La production agricole, qui se poursuit toute l’année, soutient l’alimentation, l’emploi et les recettes communales.
Quant à la mobilisation des ressources, ce n’était pas facile au début. Mais depuis notre arrivée, nous avons sensibilisé les producteurs sur l’importance de s’acquitter de leurs taxes conformément à la réglementation. La mobilisation de ressources s’améliore progressivement, même si beaucoup reste à faire.
Quels sont les moyens de production utilisés ?
Il faut reconnaitre que jusque-là, les producteurs utilisent encore des moyens traditionnels. Ce qui limite les rendements. C’est un défi majeur pour nous. Nous travaillons à moderniser les pratiques agricoles grâce à l’appui de certains services techniques de l’État.
Alors quelles initiatives avez-vous mises en place pour soutenir le secteur agricole et quelles sont les priorités de la commune pour les années à venir ?
Nous travaillons en partenariat avec plusieurs organismes qui nous appuient par la distribution de semences améliorées, d’engrais, et par la formation des producteurs. Ces appuis ont permis d’améliorer la productivité et la qualité des récoltes.
Nos priorités sont de renforcer la culture irriguée, d’aménager de nouveaux espaces cultivables, de moderniser les outils de travail et d’offrir davantage de formations aux producteurs car nous voulons faire de Doungou un modèle d’agriculture performante et durable.
Parlez-nous des ressources en eau disponibles dans la commune.
Doungou est traversée par la vallée Korama, comme je l’ai dit ci-haut. Et elle couvre une superficie d’environ 1 700 hectares. C’est une richesse inestimable qui offre un grand potentiel pour l’irrigation et la production agricole.
Quelle était la situation du secteur agricole avant votre arrivée à la tête de la commune ?
Avant notre arrivée, les structures agricoles existaient bien sûr mais elles étaient mal organisées. Nous avons entrepris leur réorganisation afin de renforcer leur efficacité. Aujourd’hui, les choses ont beaucoup évolué et les résultats sont encourageants.
Quelles sont vos ambitions pour le secteur agricole de votre commune?
Nous comptons poursuivre les aménagements hydro-agricoles, étendre les surfaces cultivables le long de la Korama et rechercher de nouveaux partenariats pour renforcer la mécanisation et l’irrigation. Notre objectif est clair : accroître la production et améliorer les conditions de vie des agriculteurs. Le développement, c’est avant tout une question de moyens. Doungou dispose de ressources naturelles abondantes et d’une population prête à travailler. Avec plus de soutien technique et financier, nous pourrons faire de notre commune un véritable pôle agricole et un levier de croissance pour toute la région.
Rabiou Dogo, ONEP Zinder
