Adjudant-chef Major Issoufou Nomaou
La Commune Urbaine de Mirriah, érigée par décret du 27 juin 1988, est située dans la partie nord-est du département de Mirriah, dans la région de Zinder. Elle a une Superficie de 261km². Avec ses 13 quartiers urbains et 43 villages administratifs, elle compte une population de 105 850 habitants dont 53 165 hommes et 52 685 femmes selon la projection faite par l’Institut National de la statistique INS en 2019. Les principaux groupes ethniques sont : les Haoussa, Beriberi, Touareg, Peulh et Toubou. Les principales activités de la population sont l’agriculture pratiquée par plus de 80% de la population, puis l’élevage, le commerce, l’artisanat et la pêche. Dans cet entretien exclusif, l’administrateur délégué de la Commune Urbaine de Mirriah, Adjudant-chef Major Issoufou Nomaou, évoque une dynamique de développement local conforme à la vision des autorités de la Refondation, enclenchée malgré des difficultés dans la mobilisation des ressources.
Quelles sont les ressources sur lesquelles est basé le développement local ?
Il est très important pour une commune de disposer de ressources pour une autonomie financière assurée. Pour un développement local réussi, notre commune dispose de ressources telles que les ressources fiscales. Il s’agit là de notre fiscalité propre, c’est à dire les fonds que nous encaissons à travers les mobilisations de ressources (taxe de marché, taxe de voirie) ; et la fiscalité d’Etat concédée aux collectivités. Il y’a aussi les ressources non fiscales, qui sont les produits par nature, les produits divers, les ressources exceptionnelles. A cela s’ajoutent plusieurs fonds de l’Etat mis à notre disposition tels que le fonds d’appui à la décentralisation, le fonds de péréquation, pour servir d’appoint à nos budgets, en vue de veiller à un développement local réussi.
Le développement local à Mirriah est aussi l’affaire de plusieurs acteurs communautaires, partenaires privés et ONGS, qui sont restés avec nous, depuis que nous avons décidé de prendre notre souveraineté en main. Dans cette dynamique, on est en mesure de dire que le développement local a déjà commencé à poser ses jalons, depuis l’avènement du CNSP avec à sa tête, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, qui fait de la bonne gouvernance un axe primordial.
Les municipalités du Niger sont généralement confrontées à des difficultés liées à la mobilisation des ressources propres, notamment les taxes et les partenaires au développement. Quelle est la situation au niveau de la commune urbaine de Mirriah ?
En effet, tout début est difficile, il faut reconnaitre que nous connaissons des difficultés dans la mobilisation des ressources. La commune urbaine de Mirriah compte un grand marché, un marché à bétail, un marché demi gros et un écogare. Les premières difficultés sont dues à l’incivisme fiscal, l’insuffisance des collecteurs, ensuite l’insuffisance de la maitrise des procédures de perception municipale qui crée souvent des mécompréhensions avec les revendeurs. Cependant, nous avons pu prendre toutes les dispositions pour palier cela, même si beaucoup reste à faire sur la sensibilisation contre l’incivisme fiscal.
En ce qui concerne les partenaires, la vision de nos plus hautes autorités permet aujourd’hui que nous collaborons uniquement avec les partenaires qui ont des projets qui cadrent avec nos réalités et en toute souveraineté, ce qui fait que nous avons moins de difficultés. Sur ce plan, nous félicitons le Chef de l’Etat pour cette vision souveraine.
Voudriez-vous nous parler des grandes lignes de votre plan de développement communautaire ? Particulièrement dans ses aspects relatifs à la promotion de l’autonomisation des femmes et de l’emploi des jeunes ?
L’autonomisation de la femme est en réalité l’une de nos grandes lignes. À cet effet, les femmes représentent 49,08% de la population de notre commune, elles disposent de plusieurs groupements féminins œuvrant dans des domaines tels que l’agroalimentaire dont, entre autres, le groupement Tanadi qui intervient dans la transformation d’arachide, financé par l’ONG Femme action développement (FAD) avec la distribution de plusieurs sacs d’arachide, machines de transformation d’arachide en huile, bidons de conservation.
Aussi, à la date du 27 novembre 2025, le groupement scoops TAKAITCHI a bénéficié de kits complets en transformation agroalimentaire (macaroni, biscuits), par le canal du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA).
La commune urbaine de Mirriah dispose aussi d’une unité de transformation de tomate réalisée et équipée par la FAO, et une unité de fabrication de mizola (aliment très nutritif pour les enfants). Toutes ces unités sont implantées sur des terrains attribués par la commune.
Enfin, il y a le Projet de renforcement de la résilience des communautés rurales à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle (PRECIS), qui œuvre dans le même cadre, et qui forme actuellement dans nos locaux des groupements en transformation agroalimentaire. Une formation qui va durer cinq (5) jours et après laquelle les concernées bénéficieront d’équipements en transformation agroalimentaire.
La poterie est la 3ème plus grande activité de la population de notre commune, après l’agriculture et l’élevage. Elle est généralement pratiquée par les femmes. Il existe plusieurs groupements féminins dont le plus connu est le groupement Youmbou, qui a plus de 20 ans d’existence. Il a participé à plusieurs foires internationales en remportant bien-sûr des prix. Actuellement le Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA) prend en charge la formation de 20 jeunes filles dans le métier de poterie, ce qui va contribuer à la réduction du taux de chômage de nos populations. Toutes ces actions qui permettront d’accroitre l’autonomisation réelle des femmes cadrent parfaitement avec notre grande ligne du plan de développement communautaire.
Monsieur l’administrateur délégué, l’autre défi des collectivités territoriales, c’est celui de l’hygiène et l’assainissement, qu’en est-il concrètement pour la commune urbaine de Mirriah ?
Nos plus hautes autorités accordent une importance particulière à cela, d’où une décision a été prise pour des activités de salubrité chaque dernier weekend du mois en cours. La commune urbaine de Mirriah n’est donc pas restée en marge. Aussi, nous employons plusieurs équipes qui font la salubrité sur les grands axes de la commune. En collaboration avec le service hygiène et assainissement du district, nous entreprenons des activités de sensibilisation sur l’importance de l’hygiène et l’assainissement dans la ville. Il faut quand même reconnaitre que la commune est confrontée à un sérieux défi d’évacuation des eaux de ruissèlement et des eaux usées, dû à la nature de son sol peu perméable.
Depuis votre arrivée à la tête de la commune urbaine de Mirriah, à l’ère de la refondation, quelles sont les actions phares que vous avez eu à poser ?
D’abord en tant que missionnaire, nous avons été nommé parce qu’il y a des objectifs assignés à nous par nos plus hautes autorités, à leur tête le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et le Premier ministre Lamine Zeine Ali Mahaman. En effet, la première mission de l’autorité communale est d’améliorer les conditions de vie de sa population, et, à cet effet, plusieurs actions phares ont été entreprises, grâce au concours de l’Etat et grâce aux moyens propres de notre administration. A titre illustratif, de notre nomination en août 2024 à nos jours : l’électrification de la ville de Mirriah très récemment, la réhabilitation de l’abattoir sur fonds propres de la Mairie. Il y a eu aussi plusieurs apports dans le domaine de l’éducation, à savoir la réalisation de plusieurs classes en semi dur, six classes sont déjà construites en matériaux définitifs dans les villages de Baouré et Kamitsawa, trois (3) classes en cours de finition à Kahouta, sans oublier la confection de plus de 400 tables bancs au profit de nos écoles.
Beaucoup a été fait également dans le domaine de la santé et de l’hydraulique. En outre, comme notre population est à grande majorité composée de cultivateurs, plus de 140 motopompes ont été distribuées sur des sites comme Jankaya, Falki, 40 tonnes de semences (pommes de terre) ont été également distribuées.
Réalisé par Ismaël Chékaré Envoyé Spécial
