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Capitaine Major Hamidou Tankari, administrateur délégué de la Commune urbaine de Madarounfa : « Nous réitérons notre engagement à mettre en œuvre et soutenir toute initiative visant à améliorer les conditions de vie de la population et à promouvoir le développement socioéconomique durable et équitable au sein de notre commune »

· ONEP NIGER
Capitaine Major Hamidou Tankari
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Située à une trentaine de kilomètres de la Ville de Maradi, la Commune urbaine de Madarounfa est surtout connue à travers le lac qui borde cette localité, et qui, du fait de son écosystème particulier et unique, conditionne la vie socioéconomique et culturelle des populations de toute la zone. Est également liée à Madarounfa la légende des 99 tombeaux des saints se trouvant dans et autour de ce lac, un statut patrimonial qui en fait le premier site touristique, culturel et spirituel du département. Dans cet entretien, le Capitaine Major Hamidou Tankari, administrateur délégué de la Commune urbaine de Madarounfa, qui a pris service à ce poste en avril 2024, évoque les spécificités, les potentialités de cette entité, ses priorités, la question de la mobilisation des recettes, les initiatives de la municipalité visant l’amélioration des conditions de vie la population.

Monsieur l’administrateur délégué, quelles sont les spécificités et potentialités de la commune urbaine de Madarounfa  ?

La Commune urbaine de Madarounfa a été créée par la loi 2002-014 du 11 juin 2002. Ses limites sont définies par la loi 2003-035 du 27 Août 2003 et son installation a été consacrée par le décret 2004-259/PRN/MI/D du 14 septembre 2004. La Commune urbaine de Madarounfa se situe à 22,6 km de la frontière de la République fédérale du Nigeria et à environ 35 km du chef-lieu de la région de Maradi.  Elle couvre une superficie d’environ 361 km2. Cette commune est limitée au Nord par les communes rurales de Safo et Djirataoua, à l’Est par la commune rurale de Dan Issa, au Sud par la République Fédérale du Nigeria, à l’Ouest par les communes rurales de Gabi et Safo.

La commune urbaine de Madarounfa est composée de 35 villages administratifs, 23 tribus peulhs, sept (7) hameaux et cinq (5) quartiers.

Selon les résultats de projection de l’Institut National de Statistique, la population de la Commune est estimée en juillet 2025 à 117 054 habitants, repartis comme suit : 57 589 hommes et 59 465 femmes, soit 50,80%. La densité moyenne est estimée à 324 habitants/km². La population est composée de Haoussa, Peulhs et Touaregs.

Pour ce qui est des potentialités, elles sont très importantes. La Commune urbaine de Madarounfa dispose d’atouts écologiques favorables à la production agro sylvo- pastorale et halieutique. Il y a une zone de haute production de miel, l’existence d’un cheptel diversifié, les site touristiques de In Yelwa, les 99 tombeaux des saints, les disponibilités des ressources en eaux souterraines et de surface avec le lac de Madarounfa classé site Ramsar en 2019 et des mares qui favorisent la pisciculture. Il faut également noter l’existence des aménagements hydro agricoles de Jambali, Madarounfa et Angouwal Mata. Concernant toujours les activités agropastorales, la commune dispose de terres agricoles, de couloirs de passage et d’aires de pâturages, avec la disponibilité du fourrage vert durant toute l’année. On note aussi l’existence d’une forêt protégée et de ressources aurifères.

Quelles sont, monsieur l’administrateur délégué, les priorités que vous avez identifiées pour vos actions à votre prise de fonction à la tête de cette commune ?

Les priorités identifiées lors de ma prise de service sont d’abord l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base : eau, santé, éducation et environnement, le renforcement de la sécurité et de la cohésion sociale avec les forces de défense et de sécurité. Aussi, nous avons identifié au titre des priorités, la mobilisation des ressources pour financier les différentes réalisations pour la population de la commune ; le rapprochement de l’administration des citoyens et la volonté de travailler dans la transparence. Les autres priorités consistent à favoriser le dialogue intercommunautaire, à gérer la question du foncier et à sécuriser les parcelles pour éviter les conflits entre les propriétaires.

Les principales sources de mobilisation des recettes sur lesquelles se base la commune urbaine de Madarounfa pour effectuer des réalisations et investissements au profit de la population sont ses ressources propres. Mais le taux de recouvrement reste insuffisant.

Quelles sont les principales sources de mobilisation des recettes sur lesquelles se base la commune urbaine de Madarounfa pour les réalisations au profit de la population ?

Les principales sources de mobilisation des recettes sur lesquelles se base la commune urbaine de Madarounfa pour effectuer des réalisations et investissements au profit de la population sont les ressources propres : ce sont les taxes, les ventes des parcelles ; les ressources minières ; les redevances provenant de tous les marchés, les produits de l’état civil et du domaine. Il y a également les dotations de l’Etat à travers les Fonds de Péréquation et Fonds FAD, les appuis des Partenaires Techniques et Financiers (Projets, Programmes et ONG /AD). Mais le taux de recouvrement reste insuffisant.

Quelles sont les actions entreprises pour améliorer les conditions de vie de la population de votre commune ?

En matière d’assainissement et de propreté, nous avons lancé des campagnes de salubrité, l’évacuation des dépôts d’ordures dans les quartiers et marchés. Notre objectif est d’avoir une ville propre et saine.

Pour ce qui est des infrastructures de base, nous pouvons citer la construction d’une tribune officielle, l’électrification de la ville avec les panneaux solaires, la construction d’un mur de clôture pour le terrain de football, l’entretien des pistes et rues pour faciliter la circulation.

Concernant les services sociaux, notamment les secteurs de la santé, l’éducation, l’hydraulique, nous apportons des appuis aux Centre de Santé Intégrés et aux écoles. Il s’agit des actions dans le cadre de la sensibilisation, la réhabilitation des salles de soins, la réparation des lits, l’achat des matelas, l’extension d’un réseau d’adduction d’eau potable, la réparation des forages en panne, des toitures des classes, l’achat des tableaux à chevalet, la réhabilitation et l’équipement des écoles, la construction des latrines scolaires, d’adduction d’eau multi-village, ou l’extension du réseau d’eau, etc.

 En matière de sécurité et de cohésion sociale, en collaboration avec les forces de défense et de sécurité, les chefs des quartiers, les représentants de la chefferie traditionnelle et les leaders, nous menons des actions de sensibilisation (campagnes, forums) pour la paix et la cohabitation pacifique intracommunautaire et la vigilance. Nous apportons aussi dans ce sens des appuis pour la patrouille urbaine avec du carburant et des tenues et équipements aux comités de surveillance.

Toujours, en vue d’améliorer les conditions de vie de la population, nous œuvrons au renforcement de la gouvernance de proximité en rapprochant l’administration des administrés. L’état civil est rendu plus accessible et nous faisons des sorties sur le terrain pour écouter les doléances des communautés.   Nous décernons des témoignages de satisfaction aux chefs des villages dont les habitants se sont acquittés de leurs impôts.

Nous réitérons notre engagement à mettre en œuvre et soutenir toute initiative visant à améliorer les conditions de vie de la population et à promouvoir le développement socioéconomique durable et équitable au sein de notre commune.

 Interview réalisée par  Souley Moutari (ONEP)