De forme ovale, avec des graines blanches à l’intérieur, le fruit du baobab a la coque dure. ‘’Kouka’’ en hausa ou ‘’Ko’’ en zarma, ce produit a un goût à la fois sucré et agréablement acidulé. Transformé le plus souvent en jus, friandise sucrée ou sèche, il est l’un des aliments les plus disponibles sur le marché et les plus prisés, surtout par les vendeuses de jus naturels.
Assis sous un parasol, au marché de Katako, M. Yahaya est un vendeur de pain de singe qui exerce ce métier depuis environ trois ans. Il a expliqué que sa marchandise provient de Malanville (Bénin) et du Nigéria. « Nous avons différents types de sacs dont le grand est à 120 000 FCFA et le petit à 110 000 FCFA. En ce qui concerne la vente en détail, nous vendons la tasse au prix unitaire de 3 500 FCFA, la demi tasse à 1 750 FCFA et le quart de tasse est à 850 FCFA », a-t-il précisé.
Au marché de Wadata, M. Aboubacar Nomao, vendeur de produits locaux et d’exhausteurs de goût, explique qu’il existe deux variétés de pain de singe. « Celui qui provient de Malanville est de très bonne qualité, ce qui explique leurs différences de prix », dit-il. En effet, la tasse de baobab du Bénin se vendait à 2 500 ou 2 250 FCFA alors que le prix de celle du Nigéria se situait entre 2 000 et 2 200 FCFA. « Aujourd’hui, elles se vendent à 2 700 FCFA, la tasse et le prix des demi tasses varient de 900 à 800 FCFA », a-t-il ajouté. Concernant le prix par sac, il a indiqué que le grand est vendu à 80 000 FCFA alors qu’il coûtait entre 70 000 et 75 000 FCFA il y a quelques semaines.
Pour ces commerçants, cette activité constitue leur principale source de revenus leur permettant de subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles, mais il a souligné les difficultés rencontrées par la plupart des revendeurs. « Nous avons des difficultés, surtout au niveau de la douane qui nous exige le paiement de taxes. Souvent, c’est une petite marchandise mais la taxe est tellement élevée qu’on est obligé d’abandonner la marchandise, et la clientèle se fait rare », a-t-il déploré.
Selon les explications de Mme Kadidja Issaka, une vendeuse de jus naturels, elle s’approvisionne au niveau du marché de Katako où elle achète la tasse de pain de singe en poudre à 3 500 FCFA. Elle fait du jus naturel de baobab dans de petits sachets communément appelé ‘’Apollo’’ qu’elle revend ou en bidon à un prix qui varie entre 50 FCFA et 250 CFA.
Pour Mme Fati Seyni qui est également une vendeuse de jus naturel, la vente de cette variété de jus s’avère difficile car, dit-elle, le prix de la matière première est en constante hausse. « J’ai arrêté d’en vendre parce que je ne m’en sors pas et la clientèle trouve le prix cher. Les clients préfèrent acheter ailleurs ou prendre un autre jus », a-t-elle indiqué.
En dépit de cette situation, le fruit du baobab reste malgré tout un fruit très consommé et il continue d’égailler les papilles de ses consommateurs. Son goût, sa disponibilité et sa particularité font de lui le choix par excellence pour se rafraîchir ou grignoter. De plus, le pain de singe ou fruit de baobab est un aliment aux multiples bienfaits. Originaire d’Afrique, il est riche en nutriments. Il contient jusqu’à six fois plus de vitamine C qu’une orange, deux fois plus de calcium que le lait et une quantité massive d’antioxydants. Il combat la fatigue avec sa forte teneur en vitamine C, fer et magnésium apportant un boost d’énergie immédiat. Aussi, le pain de singe est utilisé traditionnellement pour apaiser les troubles gastriques et l’inflammation du tube digestif. Il métabolise et prend soin de la peau, et ses nutriments aident à réguler la glycémie, un atout précieux pour les personnes diabétiques.
Djamilatou I. Sandagou
(ASCN)





