Lors du point de presse
En marge de la cérémonie officielle de la rentrée judiciaire de l’année 2026-2027 des Cours et Tribunaux du Niger, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a animé un point de presse, le jeudi 22 octobre 2026, pour faire le bilan de sa mission à l’intérieur du pays. Une mission effectuée du 6 février au 10 juillet 2026 et dont l’objectif principal est de susciter chez les professionnels de la justice, une prise de conscience des défis auxquels l’institution est confrontée et les enjeux qui doivent déterminer leurs actions, dans un contexte particulier marqué par une insécurité grandissante et une forte attente des citoyens afin d’assurer une meilleure offre du service public de la justice.
Le ministre chargé de la Justice a indiqué qu’au-delà des visites de locaux et des échanges, la mission effectuée s’est voulue procédurale, interactive et pédagogique visant à mettre fin aux pratiques dénoncées et aux réclamations adressées à la justice. L’objectif est également de servir d’un déclic fondamental pour un retour à l’orthodoxie afin d’insuffler les nouvelles dynamiques susceptibles de promouvoir la bonne administration de la justice et l’avènement d’une justice rassurante et équitable que les citoyens attendent.
M. Alio Daouda a aussi rappelé qu’il avait axé ses interventions, entre autres, sur les règles d’éthique et de déontologie qui gouvernent les métiers ainsi que les obligations qui incombent aux acteurs pour une bonne administration de la justice dans un contexte de refondation et la nécessité d’un changement total de comportement compatible avec les exigences de la refondation prônées par les plus hautes autorités du pays et en phase avec les obligations des magistrats. Les principales difficultés de fonctionnement auxquelles sont confrontés, les services et les solutions à envisager à court, moyen et long termes, font également partie des objectifs de la mission dans les régions.
Les points ainsi abordés découlent de la nécessité de recentrer la justice sur ses missions et d’impulser les changements indispensables à la restauration de la confiance envers les justiciables, partant du postulat que cette confiance a été érodée notamment par les faiblesses dans les systèmes de formation et d’encadrement du personnel, du suivi et du contrôle du travail juridictionnel, les comportements des acteurs judiciaires qui ignorent parfois les règles qui les gouvernent et celles qui organisent leurs missions.
Intervenant à cette occasion, le President de la Cour d’État, M. Abdou Dan Galadima, a indiqué que ces échanges sont un moment de réflexion, de vérité et de partage. Dans le tumulte du quotidien et face à l’urgence des dossiers, les acteurs qu’ils sont ont besoin de recul pour interroger leurs pratiques, se remettre en cause, prendre en compte les limitations de la société et harmoniser leur vision du droit.
Aussi, a-t-il souligné, ce rassemblement offre aux professionnels de la justice, l’occasion idéale de se reconnecter aux fondements même de leur engagement. « Face aux défis contemporains, nous devrons porter plus haut les valeurs cardinales qui guident chacun de nos arbitrages, à savoir l’indépendance. Elle est le bouclier de notre impartialité. Elle nous impose de juger en toute liberté, affranchis de toute pression extérieure, qu’elle soit politique, médiatique ou sociale. Elle n’est pas un privilège octroyé au magistrat, mais une garantie fondamentale pour le justiciable, l’impartialité et l’intégrité », a déclaré M. Abdou Dan Galadima.
Enfin, il a relevé, le pouvoir de juger est l’un des plus lourds qui soit. Il exige une conscience aiguë des conséquences des décisions de magistrats sur la vie des individus et sur l’équilibre social.
Aïchatou H. Wakasso (ONEP)
