Déclaration du Président de la République lors du Débat présidentiel du Conseil de Sécurité de l’ONU sous le thème, «Enfants et Conflits Armés» : «Le Niger est résolu à contribuer au renforcement de la protection des enfants dans les conflits armés», déclare S.E Mohamed Bazoum

Discours
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«Madame et Messieurs les chefs d’État et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

Madame la Directrice exécutive de l’UNICEF,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais à travers Votre Excellence, Madame la Présidente, féliciter vivement l’Estonie pour sa présidence du Conseil de Sécurité. Le Niger salue la décision estonienne de faire de la question des enfants dans les conflits armés une priorité de son mandat au Conseil de Sécurité.

Je voudrais renouveler mes félicitations à Monsieur Antonio Guterres pour sa réélection en qualité de Secrétaire Général des Nations Unies et, avec Madame Henrietta Fore et Monsieur Whittaker, saluer leur engagement sur ce sujet si important de la Protection des enfants dans les conflits armés. Je salue également Monsieur Onisimus pour sa présentation éloquente sur ce sujet.

Madame la Présidente,

Le Niger est résolu à contribuer au renforcement de la protection des enfants dans les conflits armés. Les enfants sont victimes des effets combinés de crises humanitaires, des risques sécuritaires liés au climat, et de la précarité économique accentuée par la pandémie de la covid-19.

Aujourd’hui, les crises sécuritaires et humanitaires liés aux conflits alimentent des souffrances à travers le monde, avec plus de 79,5 millions de personnes déplacées de force, où les enfants sont les premières victimes. Il est, de ce fait, crucial que nous nous attelions collectivement à asseoir un monde de paix où tous les enfants pourront s’épanouir.

Or, les conflits et les crises sécuritaires et humanitaires mettent en péril les systèmes de protection des populations les plus vulnérables, notamment les enfants. A titre illustratif, plus de 26 400 violations graves commises contre les enfants ont été enregistrées dans 21 pays.

Dans la région du Sahel en particulier, le nombre d’écoles fermées du fait de la crise sécuritaire et des attaques contre les écoles perpétrées par les groupes terroristes a été multiplié par six depuis 2017, avec près de 5000 écoles fermées, perturbant l’éducation de plus de 700 000 enfants et privant plus de 20 000 enseignants de la possibilité d’exercer leur métier.

Le Niger est aussi préoccupé par les vulnérabilités particulières des filles dans les contextes de conflit. Dans les pays touchés par un conflit, les filles ont deux fois moins de chances d’être scolarisées que celles vivant dans les pays en paix. Or, chaque école qui ferme est une porte d’opportunité qui se ferme.

Devant cette situation alarmante de violations à l’encontre des enfants dans les conflits armés, il est indispensable de développer une réponse appropriée, contextuelle et soutenue.

Le Niger appelle solennellement à des actions concrètes pour la protection des écoles. La Déclaration Présidentielle sur la protection des écoles contre les attaques, adoptée en septembre dernier sous la Présidence du Niger mérite une attention plus accrue de la communauté internationale.

Madame la Présidente,

La protection des enfants dans les conflits armés doit se faire de manière intersectorielle en se fondant sur les mécanismes régionaux et nationaux existants. Des programmes d’appui à la réhabilitation et à la réinsertion, sensibles au genre, y compris le soutien à l’éducation et la formation pour les enfants et les jeunes rescapés des conflits armés sont indispensables.

En effet, le processus de reconstruction des communautés et de la consolidation de la paix commande une attention aux groupes qui risquent l’exclusion et la stigmatisation sociale, et qui sont les cibles faciles pour les groupes terroristes qui les  enrôlent dans leurs rangs.

C’est pourquoi le Niger a mis en place un centre qui travaille étroitement avec les communautés afin d’assurer une réintégration réussie, avec un soutien psychologique, pour ces enfants en détresse qui ne demandent que l’opportunité de mener une nouvelle vie.

Madame la Présidente,

La crise sanitaire actuelle est déjà devenue une crise des droits de l’enfant dans les pays les plus pauvres comme ceux du Sahel. Lorsque les systèmes de santé s’effondrent à une telle échelle, il en va de même des mécanismes de protection et de prévention. La suspension des principales campagnes de vaccination pourrait conduire à l’émergence de maladies évitables ayant des conséquences sur les enfants.

Les impacts à moyen et long terme de la pandémie sur les violations à l’encontre des enfants touchés par les conflits seront dévastateurs si rien n’est fait. Et il ‘est pas exclu d’assister à une augmentation des violations telles que le travail des enfants, le ré-enrôlement, le mariage des enfants et son impact sur l’accès à l’éducation, en particulier pour les jeunes filles qui ont moins de chances de retourner à l’école après une fermeture.

Dans ce contexte, le Niger appelle à la mise en œuvre effective de la résolution 2565 du Conseil de sécurité afin de faciliter un accès équitable et abordable aux vaccins dans les situations de conflit armé, les situations post-conflit et les urgences humanitaires.

Enfin, Madame la Présidente, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, je voudrais encore une fois insister sur l’accès à une éducation de qualité pour tous, y compris les filles, et sur la création des conditions de développement professionnel pour les jeunes, afin de leur permettre de contribuer au développement de leur pays.

Il s’agit d’une responsabilité collective que nous n’avons pas le droit de trahir. Il s’agit d’une condition essentielle pour l’atteinte des objectifs de paix et de sécurité auxquels aspire la communauté internationale.

Je vous remercie de votre attention.