La table de séance à l’ouverture du forum
En marge des festivités de la 17è édition du festival de l’Aïr, une importante rencontre des jeunes sur la paix et la cohésion sociale a été organisée, dimanche 07 décembre 2025 à Iférouane, par la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) sous le thème : « la jeunesse, acteur clé de la paix et de la cohésion entre les communautés ». Il s’agit à travers cet espace de partage et d’analyse sur les questions de stabilisation, avec un focus sur le rôle de la jeunesse, d’aboutir à une meilleure compréhension des perspectives, enjeux et défis, et l’identification des recommandations pertinentes à soumettre aux différents gouvernements de l’AES. C’est le gouverneur de la région d’Agadez, le Général de Division Ibra Boulama Issa, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de ce forum.

Il était attendu de cette rencontre animée par des experts, appuyés par l’ancien Premier ministre Brigi Rafini et les autres dignitaires de la région entre autres, l’analyse intégrée de la problématique de la sécurité et du développement dans la zone, l’établissement d’un bilan du processus de consolidation et de gestion de la paix ainsi que des perspectives. L’identification et l’analyse du rôle et de la responsabilité des jeunes dans la consolidation de la paix dans une approche concertée et coordonnée.
Dans son allocution, le gouverneur Ibra Boulama Issa a indiqué que la sécurité dans l’espace sahélo-saharien devient une préoccupation aussi bien pour les États que pour les populations, tant pastorales que sédentaires. En effet, ces États sont en proie, depuis quelques décennies, à des urgences sociales, économiques et sécuritaires, conjuguées aux effets des changements climatiques et à l’instabilité géopolitique internationale. Cette situation se manifeste, a-t-il dit, à travers des actes de violence et de criminalité diverses, la circulation des armes illicites, les trafics en tout genre, les tensions intercommunautaires et la stigmatisation des communautés sur des bases ethniques et culturelles. Tous ces facteurs d’insécurité, couplés à la porosité des frontières et au caractère transfrontalier de nombreuses dynamiques, participent au risque de déstabilisation des États du Sahel. Ce faisant, a fait savoir le gouverneur, certaines régions du pays sont soumises depuis quelques années aux conséquences désastreuses de ces dynamiques et menaces imposées pour non seulement déstabiliser le Niger, mais également contrer sa vision de conquérir sa souveraineté dans l’intérêt suprême de la nation.
Aussi, il a souligné l’importance de ce thème qui n’est pas un simple slogan, mais un appel à la responsabilité, à l’engagement et à la vision ; un appel à reconnaître que la paix durable ne peut se construire sans la jeunesse, que la cohésion sociale ne peut se vivre sans sa participation active, avant de saluer l’engagement et le sens de responsabilité de la jeunesse nigérienne en général, et celle d’Agadez en particulier, qui a toujours été au centre de toutes les initiatives visant la stabilité de la région, car la jeunesse d’aujourd’hui n’est pas seulement l’avenir, elle est le présent. Cette force vive qui porte l’espoir, l’énergie et la capacité de transformer les défis en opportunités, reste le levier le plus puissant pour maintenir la stabilité. Elle sait innover, s’adapter et créer des points là où il y a des fractures. En effet, les communautés de la région et de toutes les autres composantes du pays partagent un destin commun qui repose sur l’harmonie, la coopération et l’acceptation des différences. La jeunesse se retrouve au cœur de cette construction. Le Général de Division Ibra Boulama Issa a, en outre, invité tous les jeunes du Niger à devenir les artisans actifs de la paix en promouvant l’esprit patriotique et le dialogue entre les communautés, en refusant les discours de haine et de division, en valorisant leur culture et en respectant celles de leurs voisins, en mettant leur énergie au service du développement local.

Pour sa part, le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, le Général de Brigade Amadou Diddili, a souligné que les questions de sécurité, de paix et de cohésion sociale constituent l’un des axes majeurs du Programme pour la Refondation de la République (PRR). Dans cette dynamique, la HACP se doit d’accompagner et soutenir la réalisation des changements positifs attendus du sous-secteur paix et consolidation sociale. Cet accompagnement, explique-t-il, se fera en lien avec sa mission fondamentale de cultiver l’esprit de paix et de dialogue permanent entre les différentes communautés du pays et d’entretenir la confiance mutuelle, la tolérance et le respect dans une commune volonté de vivre ensemble. De même, la HACP se mobilisera pour entreprendre, en conformité avec les orientations nationales en matière de développement, toute initiative ou action orientée prioritairement vers la recherche des voies et moyens permettant la consolidation de la paix, le renforcement de l’unité nationale, le développement économique et social, l’entraide et la solidarité.
Pour ce faire, la HACP a défini, selon son premier responsable, une approche endogène et articulée autour des actions majeures suivantes du PRR ; développer des approches efficaces de prévention et d’atténuation de la radicalisation et de l’extrémisme violent ; renforcer les capacités et l’engagement de la jeunesse à l’exercice du leadership en matière de prévention et de gestion des conflits et aux efforts de sécurité ; intensifier les initiatives pour renforcer la coexistence pacifique et la résilience des citoyens face au risque de conflits inter et intracommunautaires ; développer des initiatives civilo-militaires pour une implication efficace des populations sur les questions sécuritaires ; institutionnaliser le dialogue intergénérationnel. A ce titre, plusieurs programmes sont en cours de finalisation, particulièrement dans les régions du nord et qui concernent le soutien à la réinsertion professionnelle des jeunes sur le retour à la terre.
Aïchatou H. Wakasso, Envoyée spéciale
