Le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, lors de l’entretien
Monsieur le Président, sous votre magistère, la Société Nigérienne des Produits Pétroliers (SONIDEP) est devenue actrice à l’amont pétrolier. A quand le premier baril made by Niger ? Les Nigériens attendent.
Oui, le premier baril nigérien, c’est les ressources financières. Aujourd’hui, ce que je viens de dire, si des opérateurs économiques nigériens se mettent ensemble pour accompagner la SONIDEP. Il y a des réserves avérées. Bilma, c’est plusieurs centaines de millions de barils, ne serait-ce qu’à l’estimation la plus basse. Il y a les blocs numéro 5, 6 et 7, tous ont des réserves importantes. Imaginez que des Nigériens, comme je l’ai dit, s’organisent et s’entendent avec la SONIDEP, bien sûr, en reconnaissant les intérêts de chaque actionnaire, si les gens arrivent à s’organiser, le premier baril va sortir en 2026. Mais, c’est le financement qui pose problème.
Sinon, ce ne sont pas les réserves qui manquent, ce n’est pas l’acte qui est inexistant. Nous avons fait ce choix-là parce que nous avons compris qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Nous avons expérimenté toutes les options et nous avons vu les limites. Ça, c’est le moins qu’on puisse dire de chaque option, de l’uranium jusqu’au pétrole dont on parle. Nous avons vu les limites objectives. Donc le premier baril est lié à la capacité de mobilisation par la SONIDEP des acteurs économiques qui vont financer les travaux, puisqu’on ne parle plus de prospection, c’est déjà prouvé, il y a des réserves importantes. Donc, ce qui reste, c’est les travaux de production, d’exploitation.
S’agissant de l’uranium, on a vu des images de camions, puis des informations selon lesquelles de l’uranate aurait été vendu par le Niger à la Russie. Qu’en est-il exactement, Monsieur le Président ?
Je ne sais pas, moi je n’ai pas vu les images. L’uranium appartient au Niger. Je n’ai pas de commentaires particuliers à faire. Ceux qui s’agitent, continuent à s’agiter. Mais nous avons choisi notre voie. Je vous ferai un peu l’historique de l’uranium au Niger. L’uranium au Niger a été découvert déjà en 1959, lors des grands travaux de prospection dont j’ai parlé, au cours desquels on a découvert du cuivre pur à Tiguidan-Tessoun. C’est pendant cette période qu’on a découvert accidentellement l’uranium vers Azélik, Madawela, un peu plus tard, Somaïr, Cominak.
Le 24 avril 1961, déjà, ils (les français) ont signé un décret là-bas, chez eux, pour dire que la République du Niger, et les autres Républiques que je n’aimerais pas citer pour des raisons personnelles, acceptent et facilitent aux forces armées françaises le stockage des matières premières et des produits stratégiques. Dans l’intérêt de la défense, ils peuvent être amenés à limiter ou à interdire l’exportation. L’intérêt de la défense, pas de ces pays-là, pas du Niger, mais dans l’intérêt de la défense française, le Niger va être amené à limiter l’exportation de ses ressources et de ses produits stratégiques ou l’interdire carrément.
En 1967, il faut voir les échanges entre Diori Hamani et Jacques Foccart. Le 13 novembre 1967, Diori Hamani le suppliait de ne pas accepter que les responsables du Commissariat à l’énergie atomique mettent en œuvre les conditions de pillage. Bon, il n’a pas utilisé le mot ‘’pillage’’ parce qu’il ne pouvait pas le dire, c’est moi qui dis les conditions de pillage de notre uranium. Deux jours plus tard, Jacques Foccart a répondu au Président de la République Diori Hamani, le 15 novembre 1967. Monsieur le Président, bon, même ça, est-ce que ce n’est pas entre griffes, ‘’Monsieur le Président, estimez-vous heureux que le Commissariat à l’énergie atomique exploite votre uranium ! Soyez reconnaissants envers les responsables du Commissariat à l’énergie atomique, soyez reconnaissants envers les autorités françaises et remerciez le ciel pour cette grâce qu’il vous a donnée’’. Ça ce sont des écrits qui sont là, qui sont vérifiables, il y a des mémoires. Diori Hamani a compris que ça ne va pas, il ne s’est pas découragé. Il a écrit le 20 novembre 1968 à De Gaulle pour lui faire part de ce que le Commissariat à l’énergie atomique veut faire, parce que, dans le Contrat, qu’est-ce qu’ils disent ? Que le Niger ne va pas prélever de taxes. Il y avait une taxe qu’on appelait « taxe spécifique sur les carburants ». Le Niger ne va pas prendre ça. Le Niger va exonérer la CEA, donc la SOMAIR. Le Niger va accepter de perdre 50% de taxes sur le bénéfice commercial et industriel. Le Niger va donner à titre honoraire 100 000 actions à la CEA pour compenser les dépenses. Mieux, le Niger va exonérer à hauteur de 13% toutes les autres sociétés filiales qui travaillent avec la SOMAIR. Et à l’époque, ça faisait une perte sèche de 1 milliard de francs CFA au Niger dont 500 millions pour les 100 000 actions.
A l’époque, Dori Hamani ne s’est pas découragé, donc il a écrit à De Gaulle. Malheureusement, De Gaulle, qui a abondé dans le même sens que lui, apparemment, n’a pas pu faire bouger les lignes. Parce que le lobby est plus fort que De Gaulle. Il faut se dire la vérité. L’un de l’autre, ça n’a servi à rien. Et quelques temps après, en 1968, il y a eu le référendum anticipé où De Gaulle a été remercié. Et Georges Pompidou a pris le relais. Diori ne s’est pas fatigué, il a écrit encore à Pompidou. Pompidou lui a dit qu’il allait corriger ces anomalies-là, pour être un peu diplomatique. Mais ça n’a rien changé. La CEA a fini par prendre les 100 000 actions, sans payer un franc.
Mieux, il y a une compagnie allemande, Urangesellschaft, à peu près, et puis une compagnie italienne, ENI, qui avaient été, à l’époque, très correctes avec Diori Hamani. Parce qu’elles ont accepté de payer chacune 52.388 actions. Elles ont accepté de mettre à la disposition de Diori Hamane, chacune, un milliard de francs CFA, remboursable avec un taux d’intérêt de 2,5% sur une période de 15 ans, avec 5 ans de sursis moratoire. Tout ça, les Français voyaient. Et elles se sont engagées à acheter chaque année 124 tonnes de la production, part qui revient au Niger. Les Français n’avaient, pour eux, qu’un esclave, une colonie. Quel égard elle mérite ? Ils ont persisté, ils ont maintenu. Et c’est dans ça qu’on était jusqu’à notre arrivée. Je vous ai dit, des Nigériens sont sortis, et pas des moindres, pour dire que notre uranium a moins de valeur que l’argile. L’argile, au moins, elle sert à faire des constructions dans nos campagnes. Mais l’uranium ne sert à rien. Autant laisser même les Français nous débarrasser de ce dangereux poison. Donc, pour vous dire la mentalité. Diori n’a pas eu gain de cause.
Entre temps, il y a la COMINAK. Là également, il y a une compagnie japonaise qu’on appelait Overseas Uranium Resources Development Co. Ltd. (OURD), qui a signé avec le Niger un accord responsable où le Niger pouvait avoir des retombées.
Les Français ont pris, là également, 45,5% des actions. Le Niger s’était retrouvé à 32%. Le 1er juin 1970, quand on signait l’accord entre OURD, la COMINAK, donc branche française, et l’État du Niger, vous connaissez les termes de cet accord-là : « Entendu que le Commissariat à l’énergie atomique a des droits dans la région d’Arlit ». Donc, c’est comme ça que nous avons toujours maintenu notre pays dans la misère, dans la domination et dans la spoliation de ses ressources. Le 26 juillet 2023, quand nous étions arrivés, nous avions trouvé 156,231 tonnes d’uranium. Sur les 156, la part qui revient aux français qui font le tapage est de 63,4%. Et ces mêmes français-là, c’est eux aujourd’hui qui réclament la paternité de plusieurs milliers. Qu’est-ce qu’ils ont fait dès qu’on est arrivés ? L’hostilité, est-ce qu’elle était cachée ? Les français ont retiré tout leur personnel. Ils ont retiré la sécurité. Ils ont déconnecté toutes les installations qui permettaient de contrôler, puisque c’est à partir de chez eux, ils ont tout déconnecté. Comme ils nous prenaient pour des oies sauvages, qu’on n’est pas en mesure de nous assumer. Ils ont tout déconnecté. Ils ont plusieurs fois envoyé des messages partout pour alerter les opérateurs dans ce domaine-là, que le Niger est dirigé par des ‘’voyous’’ qui sont en train de piller l’uranium de la SOMAIR, donc l’uranium français. Or, ils savaient que ce qui leur revient faisait moins de 100 tonnes. Quand on va sur la base du calcul de 156,231 tonnes et les 63,4% qui leur reviennent.
N’empêche, ils ont arrêté tout investissement. Nous avions dit qu’il faut qu’on rencontre le syndicat des employés de ce domaine-là, après avoir rencontré les différents responsables, notamment les DG et autres. Cette ressource va finir par être nationale. Il faut consentir des sacrifices pour montrer que l’effondrement que la France compte provoquer n’aura pas lieu. Ils nous ont dit qu’ils ont produit, même au temps de la ‘’colonisation’’, ce n’est pas maintenant qu’ils ont recouvré leur indépendance qu’ils vont s’arrêter. Ils vont consentir des sacrifices, quitte à l’État de les accompagner, parce que ce sont des pères de famille qui ont des charges. Et nous avons convenu d’un mode pour, effectivement, abonder dans ce sens.
L’État a investi plus 18 milliards et la SOPAMINE 6 milliards et quelques, donc plus de 24 milliards FCFA. Et on a continué la production, bon an, mal an, avec des moments de production très basse pour des raisons logistiques, et des moments de production acceptable. Et c’est là où nous avons produit ces quantités-là, aujourd’hui, que les français qui pensent que nous sommes toujours dans les mêmes dispositions d’esprit qu’en 1961, continuent à réclamer ce qui revient de droit au peuple nigérien qui a investi de l’argent pour produire. Et c’est ça, tout ce tapage qu’ils font. Ils ont écrit, une première fois, en septembre 2023, si vous vous rappelez, quand Molly Phee était venue ici, c’était pour nous accuser d’avoir vendu 300 tonnes à l’Iran. Ce sont les Français qui ont écrit aux Américains pour leur dire qu’on a vendu 300 tonnes à l’Iran. Et ces mêmes français qui n’ont pas honte vont revenir en mai 2024 pour dire qu’ils ont perdu le contrôle de la SOMAIR et pour déclarer l’arrêt total, le 31 octobre, de leur participation dans la production et conclure qu’ils sont dans le rouge, en janvier ou février 2025, si vous vous rappelez, parce que ‘’depuis que la junte est venue, un seul gramme de l’uranium n’a pas été vendu’’. Ils disent qu’on a vendu en septembre 2023, quelques 300 tonnes. Ensuite, dernièrement, ils sont partis dire aux américains que nous avions vendu les mille et quelques tonnes aux chinois. Chaque fois qu’ils savent qu’il y a un pays qui est en tension commerciale avec les Etats-Unis, c’est à ce pays-là qu’on vend. Ils ont dit l’Iran, Molly Phee était venue, on lui a dit ce qu’on pense, parce qu’on n’a pas, comme disent les gens, la langue dans la poche. Il n’y a qu’Allah qu’on craint. Elle est partie, on a vu ce que ça a provoqué. Encore, ils sont partis pour dire aux américains que nous avons vendu les mille et quelques tonnes aux chinois. Or, vous connaissez, le bras de fer
entre ces deux pays dans le domaine commercial. Mais, ce qui n’a pas empêché les négociations de continuer entre la Chine et les Etats-Unis. Ce qui n’est pas le cas avec la France parce que la France est convaincue que nous sommes des moins que rien et que notre uranium lui revient à zéro franc. C’est ça la différence.
Donc, nous savons ce que nous faisons et nous n’avons pas besoin de nous justifier, surtout par rapport à quelque chose qui nous revient de droit. Quelque chose pour laquelle on avait investi quand même des sommes importantes. Dans la position où on est, 24 milliards, ce n’est pas des cacahuètes. Mais tout ce qu’ils font, c’est pour chercher à savoir ce qui se passe, à qui on a vendu, comment ça va partir.
Ils nous ont même menacé, pour dire si ça sort, ils vont utiliser leurs mercenaires pour attaquer le convoi. Ou si ça quitte Arlit, ils vont utiliser des mercenaires pour intercepter le convoi. Et même en haute mer, si ça embarque dans un navire, ils vont intercepter le navire. Ça, c’est les Français. C’est eux que ça regarde. Nous, on n’a que faire de ces observations. Nous avons fait un choix qui a certainement des défis à relever. Mais nous sommes confiants parce que le peuple est avec nous. Et le peuple sait que tout ce que nous faisons et tout ce que nous ferons, c’est dans l’intérêt des populations nigériennes. Les cris, les aboiements, les hennissements et autres beuglements ne peuvent pas nous changer, nous faire changer de trajectoire. Le plus important, c’est d’être sincères dans ce que nous faisons vis-à-vis de nos compatriotes. Le reste, leur état d’âme importe peu.
Voilà ce que je peux dire par rapport à l’uranium. Il est nigérien. Le Niger a investi. La France a ses 63,4% de 156,231 tonnes. Si ils (les français) veulent, demain même, on peut les leur envoyer, nous payons nous-mêmes le transport pour leur envoyer ça, parce qu’ils étaient là au moment où ça a été produit. Mais tout ce qui a été produit par la suite est nigérien et restera nigérien, incha’Allah.
Monsieur le Président, tous les Nigériens s’accordent pour reconnaître que l’une des plus grandes réussites de votre régime, c’est dans le domaine de l’agriculture avec la Grande Irrigation. Pouvons-nous avoir quelques indications et surtout quelles sont les perspectives qui s’offrent à notre pays ?
Je commencerai par la dernière interrogation. Les perspectives qui s’offrent à notre pays sont belles. En moins de deux ans d’expérimentation, la Grande Irrigation a fait ses preuves. Quand nous étions arrivés, à quoi avions-nous fait face ? À un embargo sauvage où même les produits médicaux étaient bloqués à la frontière de Malanville-Gaya. L’électricité a été également coupée, vous vous rappelez. Et sur injonction de qui ? Sur injonction d’Emmanuel Macron. Et, c’est là qu’ils ont exécuté au quart de tour. Nous avons tiré les conclusions. Aucune dépendance ne peut faire le bonheur d’un peuple. Un peuple qui choisit de vivre dans la dépendance vivra misérable et malheureux toute sa vie. Nous avions dit, ayons au moins l’intelligence d’assurer notre alimentation. Il ne faut pas qu’on attende que le riz nous vienne de l’extérieur. Il ne faut pas qu’on attende que le maïs nous vienne de l’extérieur. Le mil et le niébé, je n’en parlerai pas.
Qu’est-ce qu’il faut faire ? Nous avons tous les atouts au Niger. Nous avons l’eau. Nous avons la terre, 1 267 000 kilomètres carrés où même dans le Ténéré, vous semez quelque chose, ça va pousser. Il suffit d’apporter de l’eau. Nous avons le soleil. Dieu nous a bénis de ces trois choses : l’eau, la terre, le soleil. Et pour tout agronome, il sait que ces trois éléments réunis, même si c’est avec un doigt que vous travaillez, vous pouvez produire suffisamment pour vous nourrir. Pourquoi nous, le Niger, depuis tout ce temps, on souffre ? On n’arrivait pas à assurer notre autosuffisance alimentaire. Nous avions échangé avec le Génie rural, avec l’ONAHA, avec le Ministère de l’Agriculture, avec le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie. Il y a eu plusieurs présentations de projets pour qu’on voie ce qu’on peut faire et qu’au bout de cinq ans, on soit autosuffisants. Mais, il y a un investissement qu’il faut faire. Or, c’était tout, sauf ce qu’on disposait.
L’investissement, c’est ce dont on manquait. Mais on ne manquait pas d’initiatives, on ne manquait pas d’énergie et on ne manquait pas aussi de débrouillardises. Nous avons dit, bon, nous allons développer un Programme de Grande Irrigation qui va consister à réhabiliter à peu près, je crois, une dizaine de milliers d’hectares existants. Donc, on va les réhabiliter. On va aménager une vingtaine de milliers d’hectares nouveaux. Au total, au bout de cinq ans, l’objectif était de mettre à la disposition des Nigériens à peu près 40 000 hectares. Et c’est ce que nous avons commencé à faire, à réhabiliter l’existant. Nous l’avons fait à Gaya, à Zinder, à Diffa, à Djambali (à Maradi), et, en fin de compte, dans la région de Tillabéri. Nous avons réhabilité des périmètres existants. Nous avons réussi, en moins de deux ans, à réhabiliter un peu plus de 1 000 hectares. Nous avons réussi, vous l’avez vu récemment, dans l’Aïr, l’Irazer, à en construire de nouveaux, puisque ce n’est pas de la réhabilitation. Tigurrit 1, 2 et 3, c’est carrément des sites nouveaux. Donc, en fin de compte, pour les sites nouveaux, nous avons pu réaliser au moins 8 000 hectares, comme ça, ou un peu moins. Ce qui nous a donné cette capacité de produire, en périmètre et hors périmètre, suffisamment de riz pour que, déjà, la première année de mise en application, puisque nous avons commencé le 20 mars 2024. Donc, déjà, la première année, vous l’avez suivi avant-hier, c’est ce qui s’est passé au stade, la mise en vente de plus de 120 000 sacs. Donc, nous avons été agréablement surpris de tourner le dos au déficit alimentaire.
Le riz est disponible, le mil est disponible, le maïs est disponible, et défiant tout prix ou toute concurrence. Ça, c’est la grande irrigation. C’est pragmatique. C’est visible. C’est ce que nous avons réussi à faire dans la Grande Irrigation. Nous avons réhabilité 9 sites. Nous avons identifié 81 nouveaux sites que nous avons commencé à aménager et il y a actuellement 4 000 hectares qui sont en étude en plus des 81 sites qu’on a déjà identifiés et commencé à réaliser et qui sont en finition pour certains. Pour Tiguirit, il reste Tiguirit 3. Pour Diffa, il reste également un autre périmètre qui fait dans les 150 hectares qui sont à finaliser. Et, je crois que, pour Diffa, ça doit être même fini. C’est pour Tiguirit qui est en cours. Donc, voilà ce que nous avons réussi à faire à travers la grande irrigation pour être autosuffisants dans un délai qui nous a surpris. Parce que nous avons un objectif de cinq ans et nous avons fait ça en deux ans. On ne peut que rendre grâce à Allah qui nous a permis d’accomplir cette prouesse et remercier tous ceux qui ont participé à l’aventure de la Grande Irrigation. Que ce soit le Ministère de l’Agriculture, l’ONAHA, le Génie rural, les producteurs, les coopératives, le Ministère des Finances, ou les citoyens par leur contribution au Fonds de solidarité qui a joué un rôle très important pour accompagner, permettre aux Nigériens de se nourrir sans tendre la main.
Et depuis que nous sommes là, vous n’avez jamais vu là où nous avons demandé l’aide alimentaire. Quand on nous propose l’aide alimentaire, nous disons que nous avons dépassé ce cap. Nous avons tourné le dos à l’aide alimentaire. Si vous êtes prêts à aller avec nous dans d’autres domaines, nous sommes preneurs. Mais si c’est l’aide alimentaire, laissez-nous. Nous sommes assez intelligents, nous sommes assez forts. Nous avons suffisamment de terre, d’eau et de soleil pour produire au profit de nos populations. Et c’est ce que nous ferons Incha‘Allah.
Monsieur le Président, pouvons-nous avoir quelques éléments sur l’état de l’économie nigérienne et surtout quelles sont les perspectives sur ce plan ?
N’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure, l’économie nigérienne avance, elle se porte bien, dans un environnement mondial perturbé. Et c’est ça aussi qu’il faut dire aux Nigériens. Que les difficultés, les tensions de trésorerie et autres ne sont pas une caractéristique propre aux Nigériens. S’ils peuvent avoir juste un peu d’esprit de recherche, on peut prendre de 2000 à 2026, le taux de croissance du Niger, ils seront surpris. Beaucoup de pays qui nous rabattent les oreilles étaient en croissance négative pendant près de dix ans. Ce qui n’était pas le cas du Niger et ce qui n’est pas toujours le cas du Niger. On avait une croissance de 10,3%. Et en 2026, malgré la baisse, nous sommes à environ 7%, pour ceux qui aiment la précision, 6,9%. Donc le Niger se porte bien, quand on considère l’environnement. Parce que chaque chose, il faut la placer dans son contexte. Et nous sommes dans un contexte mondial qui n’est favorable à personne.
Nous avons une croissance qui est forte. Nous avons un taux d’inflation qui est maîtrisé. Nous avons les comptes extérieurs qui sont excédentaires et nous avons également les services publics qui sont efficaces. En tout cas, tout ce début de prospérité bénéficie aux Nigériens. Et comment faire pour que ça bénéficie aux Nigériens ? C’est maintenant la réflexion que nous devons pousser. Concrètement, comme je l’ai dit, en termes de croissance, nous sommes à 6,9%. En termes d’inflation, nous sommes à -4,4%. Ceci s’explique par le facteur de la grande irrigation que je viens d’expliquer. Les prix sont contrôlés. Vous avez un sac de 25 kilos à partir de 8 000 f CFA. Vous avez un sac de 25 kilos à 11 500 francs CFA. Parce que ça dépend de la qualité du riz que vous voulez. Il ya le riz 33 qui est le top, le riz 32 et les brisures. Deux types de brisures, 5% et 25%. Donc si vous voulez les brisures 5%, 25%, le sac c’est 8. 00 f CFA. Mais, l’un dans l’autre, nous sommes loin de 20 000 f CFA qu’on nous avait infligés pendant l’embargo. Donc l’inflation est maîtrisée, parce que ce qui provoque l’inflation, c’est la variation des prix des produits de première nécessité. Cette inflation est maîtrisée à -4,4%. Quand vous prenez le budget, nous avons réussi à exécuter le budget à hauteur de 1 886 milliards f CFA.
C’est une prouesse. Nous avons réussi à réduire le déficit budgétaire pour le ramener de 4,1% à 3,2%. Nous avons réussi à maintenir la dette très basse à 43,2% du PIB, alors que le seuil d’alerte est à 70%. Aujourd’hui, je sais qu’il y a des pays qui sont à plus de 100%. Ils ont même craqué le plafond. Nous avons réussi à stabiliser la dette. Dans le domaine des échanges avec le monde qui nous entoure, puisque nous sommes dans une globalité et dans un système, notre masse monétaire connaît une croissance d’environ 20%. Donc, c’est des signaux qui sont positifs. Le secteur secondaire a connu une croissance de 17,5%. Le crédit à l’économie, nous avons connu une croissance de 6,1% pour soutenir les BTP, les commerces, les services.
Les perspectives pour l’année 2026 et l’année 2027 sont également positives. Nous sommes convaincus qu’avec les orientations, avec la discipline que nous avons imposée, malgré les échos qui disent que c’est la belle vie, malgré tout cela, nous sommes convaincus que nous allons connaître de lendemains meilleurs. Je ne dirai pas que tout est merveilleux dans le meilleur des mondes. Nous connaissons des défis, des tensions de liquidités, mais je l’ai dit, ce n’est pas propre au Niger, ce n’est pas propre d’ailleurs même à l’UEMOA, ce n’est pas propre aux seuls pays africains. C’est une caractéristique qui s’observe dans les autres pays même ceux qui sont les donneurs des leçons. Nous sommes conscients qu’il y a des tensions, qu’il y a des déficits en termes de monnaie, mais les perspectives sont en tout cas encourageantes.
C’est une situation qui est encourageante, parce qu’il y a une maîtrise qu’il est là. Il faut se convaincre que si nous collectons un franc, nous le dépensons consciemment. Je ne l’ai pas dit, en termes de collecte des impôts et taxes, nous avons passé de 883 milliards à 1 103 milliards, soit une augmentation de 32,5%. Ce n’est pas rien. L’objectif pour cette année serait de pouvoir mobiliser 1 800 et quelques milliards, c’est possible.
Et nous allons faire en sorte que ce soit possible In sha Allah. Donc il y a des perspectives. Il faut savoir dépenser un franc dans la bonne direction, dans l’investissement qui mérite d’être fait. C’est avec ça que nous allons montrer que la voie que nous avons choisie est la meilleure, et que le peuple soit convaincu davantage qu’aucune lutte, si elle est menée avec sincérité, ne laisse le lutteur perdant. Et nous ne serons pas perdants In sha Allah.
Monsieur le Président, certains estiment que la situation financière difficile que le Niger vit s’explique en partie par nos choix politiques, souvent en rupture avec les partenaires traditionnels du pays. Qu’en est-il exactement ? Le Niger subit-il réellement un embargo de fait, monsieur le Président ?
Un embargo de fait, c’est ce que j’ai dit. Il faut chaque jour et chaque fois qu’on doit faire une assertion, placer chaque chose dans son contexte. Les partenaires dont vous parlez, quelle est leur situation ? Je pose la question à ceux qui avancent ces propos. Quelle est la situation de ces partenaires ? Elle est catastrophique. C’est nous qui rencontrons des difficultés mais, eux, ils sont dans une situation catastrophique. Mais on dirait que vous ne suivez pas les informations. Les informations qui viennent de chez eux. Ce n’est pas ce que nous diffusons. Suivez et vous comprendrez. C’est vrai. Nous faisons face à des obstructions systématiques.
Depuis le 26 juillet 2023, et ça, vous pouvez vous approcher du Premier ministre qui a conduit le bâton de pèlerin du Ministère de l’Economie et des Finances. Dans toutes les rencontres où il fallait défendre les intérêts du Niger, la France s’est systématiquement opposée. Mieux, la France a battu campagne auprès de certains États pour qu’on refuse un kopeck au Niger. La dernière situation, pour vous montrer à quel point la France est mesquine, c’est sur l’approvisionnement en eau de Zinder, allez-y demander au Premier ministre. La France a mis son veto au financement de ce projet. C’était le seul pays qui a voté contre l’option de donner l’eau à des êtres humains. Tout simplement parce qu’ils sont Nigériens et qu’ils relèvent d’un pays qui a décidé de prendre son destin en main à travers des Chefs qu’on a toujours qualifiés de ‘’putschistes’’.
Mais les putschs, nous les voyons ailleurs chaque jour. Quand chaque décision, même la loi des finances, est votée à coup d’article 49.3, on se demande où sont les putschistes. Depuis qu’Emmanuel Macron est là, il n’a pas pris une décision sans passer par le forceps de 49.3. Nous prenons des ordonnances, donc nous sommes collègues. Donc, il ne faut plus nous accuser ou nous qualifier de ‘’putschistes’’. Nous prenons des ordonnances. Mais nous, nous ne sommes plus des putschistes. C’est dans la tête. Et nous, dans la tête, nous nous sommes libérés. Ce que nous avons fait, nous l’avons fait pour notre pays. Et nous ne reculerons pas. Qu’on nous qualifie de putschistes, de Firaoun, c’est leur liberté d’expression. Mais la réalité, elle est connue. Quand chez eux, c’est catastrophique. Chez nous, c’est difficile. Mais quand on a à manger, sans fouiller dans les poubelles, je crois qu’on peut dire Alhamdoulilah. Et nous disons Alhamdoulilah.
Le moins qu’on puisse dire est que nos relations ne sont pas au beau fixe avec certains pays africains comme le Bénin et le Nigeria, pouvez-vous nous faire le point de la situation et nous dire comment envisagez-vous le futur de nos relations avec ces deux pays, d’abord le Bénin ensuite le Nigeria ? Enfin, peut être pour être complet, nos relations avec aussi la Côte d’ivoire.
Ce que j’aimerais relever, c’est que le Niger n’a de problème avec personne. Tant que tu respectes notre choix, tu respectes notre dignité, nous n’avons de problème avec personne. Mais nous aurons toujours des problèmes avec des laquais qui prendront des ordres ailleurs, pour venir, parce que nous appartenons ou nous appartenions à une communauté, nous imposer le diktat.
Le Nigeria, je crois en avoir parlé, au moment où je devais parler, pour attirer l’attention des autorités. Pour dire la France, qui vous fait ce large sourire, vous conduira inéluctablement aux abîmes. Parce que je sais de quoi j’avais parlé. Je sais pourquoi j’avais exposé ce que j’avais exposé. Mais, malheureusement, comme on le dit dans un proverbe Haoussa, une guerre où il n’y a pas de volonté, rien que le karam karam suffit pour que les guerriers disent qu’on ne peut pas manœuvrer. Ce que j’avais dit, c’est pour tirer la sonnette d’alarme, pour que les autorités du Nigeria m’entendent. C’est leur choix, ils ont décidé de ne pas m’entendre.
Rappelez-vous, quand j’avais dit voilà le nouveau destin auquel la France, à travers ses forces armées, compte contrôler nos États, tous sont sortis pour dire que c’est un mensonge grotesque. Mais, même pas deux mois après, Macron est sorti pour le confirmer. Parce que ce que j’avais dit, il y a des rapports, il y a des écrits, ça ne sort pas de mon esprit comme ça. Les gens ont continué, et vous l’avez vu, récemment, ils ont signé des accords de défense. Je les avais alertés pour leur dire que la France veut s’installer avec ce qu’ils ont appelé l’Africom de la France, à l’image de ce que les Américains ont fait. Ils ont mis à la tête un Général Pascal Ianni, mais c’était un projet de repositionnement des Forces de défense françaises.
Ce n’est rien d’autre que ça. Les autorités nigérianes n’ont pas cru. Les Français ont signé un accord pour dire qu’ils vont ouvrir une école de langue. Comment la France va venir ouvrir une école de langue à Abuja ? C’est le français, non ? On a des Français qui parlent mieux le français que ces instructeurs-là qu’ils vont leur amener. Moi, je sais de quoi je parle. J’étais resté là-bas chez eux. J’ai vu les instructeurs qu’on mettait à notre disposition. Donc, je sais de quoi je parle.
Donc, si les Nigérians veulent une école de langue, de langue française, ils sont entourés par des francophones. Ils ne peuvent pas aller au Cameroun, au Tchad, au Niger, au Bénin, un peu plus loin pour chercher des instructeurs ? Non. L’objectif est ailleurs. Mais, nous, nous avons fait notre devoir. Nous avons attiré leur attention. Ils n’ont pas cru. Ils ont fait leur choix. On les laisse avec leur choix. L’histoire jugera. Mais qu’ils sachent que les Français n’ont pas arrêté les manœuvres subversives pour atteindre le Niger à travers le Nigéria.
Ainsi, du 2 au 3 janvier 2026, c’est une équipe d’agents français qui était dans le Zamfara. Ils ont organisé une rencontre dans une forêt qu’on appelle Rugurugu. C’est, il paraît, dans le Local Government de Dan Moussa, dans l’Etat de Zamfara. Ils n’ont qu’à vérifier. C’est leur pays. C’est eux qui connaissent. Donc, du 2 au 3 janvier 2026, cette équipe française a organisé une réunion à laquelle tous les bandits armés et mercenaires qui écument le Sokoto, le Zamfara et le Kébi ont participé en plus de 5 Français. Il y a Maliki de Chirgué. Maliki de Chirgué, c’est un Nigérien. Je le connais très bien d’aventure, pas physiquement parce que je suis son dossier. Maliki de Chirgué est de Gabi. C’est le même qui a fait enlever, en 2024, le Majidadi de Gabi.
Il l’a fait mutiler. Nous suivions ses agissements. Nous avions dit à la famille à travers les responsables des FDS de ne pas payer la rançon parce que Maliki avait donné instruction que quand la famille va payer la rançon qui s’élevait à 2 millions plus une moto et des crédits, lui, il va payer le double aux bandits qui ont enlevé le Majidadi de Gabi. Il va le torturer à mort de ses propres mains. C’est ce que Maliki avait dit. Malheureusement, la famille n’a pas suivi. Elle a payé. Nous pouvons la comprendre. Quand vous avez un membre de votre famille qui est pris en otage où on vous montre les images de torture, vous êtes obligés de payer. Ils lui ont fracturé les bras avant de l’amener à Maliki. Quand ils l’ont amené à Maliki, il leur a payé comme promis le double de ce que la famille a donné. Il lui a fracturé les pieds et il l’a laissé comme ça. Il est mort d’agonie.
C’est celui-là que l’équipe française a rencontré. L’équipe française a rencontré un autre chef, Dieu remercie, il est décédé, on l’a tué. Pour le partage de l’argent que cette équipe leur avait amené, c’est Abdu Lankai. Il a été tué en janvier, si vous avez suivi. Il avait participé à cette rencontre. Ado Aleru, Sani Bled et Black Djadja ont tous participé à cette rencontre. Les Français leur ont dit de reprendre les hostilités contre le Niger. Cette réunion s’est passée du 2 au 5 janvier 2026 à Rugurugu, Dan Moussa, local government là-bas dans les Zamfara, les Nigérians le savent. Je n’ai dit rien qui ne soit pas vérifié. Les acteurs sont là. En dehors d’Abdu Lankai, qui a été tué, pour le partage de l’argent que les Français leur ont donné. Ils ont fini par ne pas s’entendre parce que les autres étaient les représentants de Bello Turji. Au cours du partage, des malhonnêtes ne peuvent jamais faire un partage équitable. Ils ont fait un partage déséquilibré et les éléments de Bello Turji ont monté l’assaut sur la position d’Abdu Lankai. C’est pour dire au Nigeria, ce que j’ai dit avec le Bénin. Et
C’est la leçon que j’ai retenue d’Ali Farka Touré, que son âme repose en paix ; quand il dit que ‘’quand tu mets un scorpion dans ta bouche, il faut savoir où garder ta langue. Quand tu mets un serpent dans tes sous-vêtements, la suite, c’est que chacun la devine’’. Ces pays-là ont mis tout ce que je viens de dire. Tout simplement parce que la volonté, c’est de nuire au Niger. Mais, quand tu as le scorpion dans ta bouche, avant de nuire au Niger, c’est à ta propre tête que tu vas nuire. Parce que quand le scorpion va te piquer sur ta langue, je ne sais pas si tu vas en survivre. Et, c’est ce que j’ai dit au Nigéria, de faire attention, de faire très attention. Nous avons des éléments, je vous ai donné un cas, nous avons beaucoup d’autres éléments, mais nous les gardons pour nous parce que c’est notre choix et ils ont fait leur choix et qu’ils s’en tiennent à leur choix. Nous voyons les autorités militaires, malheureusement, qui disent que les zones les plus dangereuses sont au Niger.
Mais, un peu de bon sens. Entre le Nigeria et le Niger qui a des réfugiés chez l’autre ? Si c’est le Niger qui est dangereux, pourquoi les réfugiés du Nigeria fuient pour venir jusqu’à Niamey? Diffa ne leur suffit pas. Maradi ne leur suffit pas. Tahoua ne leur suffit pas. Zinder ne leur suffit pas. Dosso ne leur suffit pas. Ils sont jusqu’à Niamey.
Quand les Nigérians font leurs relèves, (moi je fais le Nigeria, j’ai fait des opérations à l’intérieur du Nigeria. De Damasak à Malam Fatori, à l’intérieur du Nigeria ou bien de Baga à Malam Fatori, à l’intérieur du Nigeria, ça ne fait pas plus de 150 kilomètres), quand ils ont des relèves à faire à Malam Fatori, du Bornou, ils passent par Mainé-Soroa ensuite redescendent sur Diffa puis continuent sur Kabléwa. Et de Kabléwa, ils bifurquent vers Bosso. Et de Bosso, ils traversent la Komadougou pour aller à Malam Fatori à l’intérieur du Nigeria. Mais, puisque le Niger est le territoire le plus dangereux, pourquoi vous faites plus de 400 kilomètres sur le territoire le plus dangereux alors que vous pouvez vous épargner cette souffrance-là en parcourant juste 100 kilomètres ? Donc, qu’ils crient pour faire un mur, moi je les invite. Il ne sert à rien d’accuser le Niger pour faire plaisir aux Français. Il faut accuser le Niger en ayant des éléments. C’est ce que j’ai fait.
Quand je dis quelque chose, je suis en mesure de dire voilà les éléments. Nous allons faire de l’histoire militaire. C’est très important. C’est le Niger qui a créé le Biafra ? C’est le Niger qui a provoqué le Biafra en 1967-1970 ? Après le Biafra, vous avez Maitatsine. En 1979, c’est des centaines de milliers de morts qui ont été enregistrées. Quand Maitatsine a été vaincu dans les années 1984-1985, c’est Aboubacar Makani et Mohamed Aboubacar, son talibé, qui a pris la relève, a continué à tuer des Nigérians. Aboubacar Makani, c’est un ressortissant de l’Adamawa à la frontière du Cameroun. Il a été pris, jugé, condamné à la peine de mort. Il a été libéré en 2006 au Nigeria. Lui qui avait été condamné à la peine de mort. Quand il avait fui en 1986, il est parti se replier au Nigeria. Mais, des années plus tard, il est revenu et il a été pris en 2005, jugé et condamné à mort. Mais, il n’a pas été exécuté. Ils l’ont libéré je crois en 2006, je ne me rappelle pas exactement. Donc Maitatsine, c’est au Nigeria. Le Niger n’a rien à voir là-dedans.
Après Maitatsine, vous avez le MOSOP, Movement for the Survival of the Ogoni People avec Kenule Beeson Saro-Wiwa, vous avez tous entendu son nom, il a été pendu le 10 novembre 1995 à Port Harcourt. C’est lui qui a créé avec un autre professeur, je crois que c’est Frédéric Layton, le mouvement pour la survie du peuple Ogoni. Il est né à Bori, au Nigéria. Il n’est pas du Niger. Ils ont conduit ce mouvement-là dans les années 1990, jusqu’à ce qu’on le prenne et qu’on le pende le 10 novembre 1995 à Port Harcourt. C’est n’est pas un Nigérien. Il n’est pas du Niger, il est du Nigéria. Tous les autres, le secrétaire général du mouvement Layton, dont j’ai parlé, est du Nigeria. Ce n’est pas un Nigérien. Le Niger n’a rien à voir dans les troubles qui endeuillent le Nigeria.
Après le MOSOP, donc Kenule Beeson Saro-Wiwa où la communauté internationale même s’est mobilisée, nous avons assisté au MEND jusqu’ici, avec Nnamdi Kanu. Est-il Nigérien ? Non. Même si, comme j’ai dit, les Igbos ont passé par le Niger, il y a de cela plus de 3 000 ans, ils ne sont pas des Nigériens. Si c’est le fait qu’on ait passé par le Niger qui fait qu’on dise que c’est le Niger qui est dangereux, là, je le consens parce que je l’ai reconnu. Mais sinon, ce ne sont pas des Nigérien. En tout cas, ils ne sont pas du Niger. Ils sont tous du Nigeria.
Après lui, le MEND, avec Nnamdi Kanu, nous avons Boko Haram, avec Youssouf Mohamed. Mais, avant même Boko Haram, il y a d’autres mouvements dont je n’aime pas parler. Vous les connaissez, des mouvements musulmans où il y avait eu des morts, des tueries. Je ne parle pas de ces mouvements-là. Venons à Youssouf Mohamed, dont le père a été tué, justement, pendant la révolte de Maitassine ou la guerre sainte de Maitassine. Mohamed Youssouf n’est pas nigérien. Il est du Bornou. S’il est d’une ville nigérienne que vous connaissez, dites-le-moi, ou que le Nigeria nous édifie.
Mohamed Youssouf a commencé son mouvement déjà dans les années 2000-2002. Et ça s’est aggravé jusqu’à ce qu’il prenne les armes dans les années 2009. Ce qui va conduire à sa capture et à son élimination je crois que c’est le 29 juillet 2009 à Maiduguri, toujours. Son élimination, a donné naissance toujours à Boko Haram, mais qui continue avec Abubakar Shekau qui, lui aussi, n’est pas du Niger.
Quand ils se sont divisés par un type idéologique pour créer Boko Haram avec Abubakar Shekau jusqu’à son élimination en mai 2021 ou bien l’aile du fils de Mohamed Youssouf, Abou Moussa Al-Barnawi, de son vrai nom, Habib Mohamed Youssouf, mais aucun n’est Nigérien. Après la mort d’Abubakar Shekau, c’est Mohamed Ibrahim ou Abou Oumaymai qui a pris la relève. Mohamed Ibrahim ou Abou Oumaymaï n’est pas Nigérien. Habib Mohamed Youssouf n’est pas Nigérien. Son père Youssouf Mohamed aussi, Mohamed Youssouf n’est pas Nigérien. Maitatsine n’est pas Nigérien, il est du Bornou.
Donc je ne sais pas où est-ce que les militaires nigérians partent trouver ces accusations qui reflètent une certaine ignorance de la connaissance pure et simple de leur propre histoire. Et surtout que ça vient de la bouche des militaires qui doivent avoir la notion de l’histoire militaire. Parce que tout ce que j’ai dit, c’est de l’histoire militaire, parce que ça a trait à des conflits qui concernent un pays où le Niger n’est pas impliqué.
Dans l’histoire de ‘’Lakurawa’’, il n’y a aucun Nigérien. En tout cas parmi les leaders. Il y a des bandits comme Maliki que les gens utilisent au plus offrant, comme je l’ai dit. Mais les principaux chefs sont de l’ISWAP de Habibou Mohamed Yousouf. Ce sont ces éléments qui se sont associés aux éléments de l’EIGS et aux bandits armés qui gravitaient dans la zone de Sokoto, Kastina, Zamfara et Kebi pour former le mouvement de Lakurawa. Nous avons suivi la constitution de ce groupe et nous avons attiré l’attention des autorités nigérianes. Ce n’est pas des Nigériens. Donc, il faut que les responsables nigérians comprennent cela. Nous n’avons aucun intérêt. Nous avons vu comment le nord du Nigeria nous a soutenus quand la CEDEAO voulait nous faire une guerre par procuration.
Nous avons vu comment les marabouts du Nigeria ont prié dans les mosquées à toutes les occasions pour nous accompagner. Donc, nous savons que ces deux peuples, même si on tend à les diviser, ont une histoire commune. Que ce soit le nord, que ce soit le sud, que ce soit l’est ou l’ouest du Nigeria, comme je l’ai dit, ils ont tous transité par le Niger. On ne peut pas passer 100 ans, 200 ans ou 1 000 ans sur un territoire et dire qu’on n’a pas gardé quelque part une certaine sympathie avec ce territoire-là.
Nous n’avons rien contre le Nigeria, mais quand nous verrons quelque chose qui, par le fait de leur laisser-aller, risque de nous nuire, nous n’allons pas nous taire et, c’est ça la différence. C’est pour ça qu’on dit que nous sommes des isolationnistes, des bagarreurs. Nous ne sommes pas des isolationnistes, mais nous ne sommes pas hypocrites, c’est la différence. Nous ne sommes pas des diplomates, nous ne connaissons pas le langage diplomatique. Un chien s’appelle un chien, un chat s’appelle un chat, et le cheval c’est un cheval jusqu’à preuve de contraire. Et c’est ce que nous faisons, pour ceux qui sont du Nigeria.
Pour ceux qui sont du Bénin, c’est la même situation. Nous avons expliqué nos préoccupations. Mais, qu’est-ce que les gens nous répondent ? C’est parce que nous sommes jaloux. Comment pouvons-nous être jaloux d’un pays africain qui réussit ? Si tant est-il que ce pays africain réussit réellement. Comment nous pouvons être jaloux d’un pays africain qui est prospère, si loin soit-il, à plus forte raison à notre porte comme le Bénin ? Nous ne sommes pas envieux parce que nous savons que c’est un péché. Nous ne sommes pas jaloux, parce qu’il n’y a aucun objet de jalousie entre le Bénin et nous, et particulièrement entre Patrice Talon et nous.
Nous avons des vérités que nous avions dites en son temps et que Patrice Talon a ridiculisées en disant que c’est les jaloux et les envieux qui parlent. Parce qu’il a des miradors qui sont bien faits, il a un dispositif de défense qui est bien fait et c’est pourquoi nous sommes jaloux. Aujourd’hui, où est ce dispositif de défense ? Dans tout le nord Bénin, il n’y a pas un soldat béninois. Il a laissé ça entre les mains des terroristes et des mercenaires français et ukrainiens. C’est ça la réalité des choses.
Je vais vous dire certains éléments qui ont conduit à cette situation. La première connue de tout le monde, c’est ce tambour, où Patrice Talon s’est précipité pour retenir des produits pharmaceutiques sur lesquels on avait fini les formalités portuaires. Il les a fait bloquer, avec aussi des vivres périssables, sur le pont. Mieux, il était un acteur actif pour mener la guerre au Niger et rétablir leur cheval désarçonné. Nous avons suivi ça, mais nous savons que ce n’est pas la meilleure option entre deux pays voisins.
Mieux, vous avez suivi en 2024, il avait envoyé son ministre de l’Eau et de l’Énergie pour une rencontre avec le ministre du Pétrole du Niger à l’époque. Ils sont venus, ils ont fait leur rencontre à Mahatma Gandhi. Il a lui-même dit à la télévision que la rencontre s’est très bien passée. Tout d’un coup, il devait rencontrer le Premier ministre. Or, il se trouvait que le Premier ministre Lamine Zeine était en déplacement. Celui qui devait assurer son intérim également, le Général Salifou Mody, était en déplacement. Donc, dans l’ordre protocolaire, c’est le ministre de la Santé qui assurait l’intérim du Premier ministre. Il l’a reçu. Au cours de l’entretien avec le ministre de la Santé, il dit qu’il veut voir le président parce qu’il a un message à transmettre au Président de la part de son frère.
Le ministre de la Santé m’a contacté, je lui ai dit que la diplomatie a défini le cadre protocolaire. Elle a défini tout. Si c’est un envoyé du président Talon, il y a une procédure. Ils doivent écrire pour dire qu’il est porteur d’un message. En fonction de mon agenda, je lui communique à travers le Ministère des Affaires Étrangères une date où je serai prêt à le recevoir. J’ai dit au ministre que je suis présentement occupé parce que nous avions une urgence opérationnelle. Je ne peux pas le recevoir.
Et, même s’il n’y avait aucune urgence opérationnelle, du fait que les gens pensent qu’il y a une audience par auto-stop, il faut que l’on leur montre ce n’est pas le cas. C’est vrai, nous sommes des militaires, mais il n’y a pas d’audience par auto-stop. Il y a des procédures, il y a des règles, il faut les respecter. Il est reparti. Avant qu’il n’arrive à l’aéroport, il a organisé une conférence de presse pour dire qu’il est venu avec une main tendue vers le ’’président putschiste’’ du Niger et que le ‘’président putschiste’’ du Niger a mis un sabre pour couper la main ou le bras fraternel de Patrice Talon. Donc, ça fait un point. Qu’est-ce qui s’est passé encore ? Le Bénin, je ne sais pour quelles raisons, a bloqué 50 véhicules nigériens qui sont arrivés au port au moment où nous étions donc fraîchement arrivés. 50 véhicules destinés aux Forces de Défense et de Sécurité, puis 10 blindés, également qui étaient au port. Le Bénin, avec les Français, ont fait disparaître ces blindés-là.
En 2023, vous vous rappelez, le Mistral qui avait accosté le 7 décembre 2023, est réparti avec ces blindés-là. Il croit que nous ne savons pas. Nous le savons. Nos 50 camions ont été bloqués pendant deux ans sans raison. Pourtant les formalités étaient finies. Nous avions dit, laissez nos moyens rentrer par le Togo, nous allons les récupérer. Ils ont refusé. Il faut qu’on ouvre impérativement la frontière. Nous avions dit, gardez, nous sommes en mesure de combattre sans ces véhicules-là.
C’est en décembre 2025 qu’ils ont libéré les 50 véhicules. Mais, le Bénin, avec lequel on était pourtant en échange permanent à travers le Ministère des Affaires Étrangères du Niger et celui du Bénin, et aussi le Ministère du Pétrole du Niger et le Ministère de l’Eau et de l’Énergie du Bénin, avait décidé, contre toute logique, contre toute raison, d’interpeller, si vous vous rappelez, l’équipe que nous avions envoyée pour surveiller le chargement du deuxième navire de brut. Ils les ont interpellés. Ils ont dit que c’est des terroristes qui sont rentrés au Bénin. Alors qu’il y avait des échanges avec la liste où ils ont donné leur accord pour que cette équipe arrive au Bénin. Ils les ont interpellés. Ils les ont envoyés dans des prisons de droit commun avec des grands criminels. La DGA de WAPCO faisait partie de cette mission. Une dame qu’ils ont incarcérée avec des dames qui étaient impliquées dans le gangstérisme, dans le trafic de drogue, dans les crimes les plus sévères, les plus graves. Cette dame-là a été condamnée par le Bénin. Une autre provocation. Nos compatriotes sont passés à un jugement. Ils ont été condamnés avec sursis, puis libérés. Une autre provocation.
Le Bénin, on ne sait pas par quelle gymnastique, découvre ensuite que des diplomates nigériens sont, tout d’un coup, des malfrats. Et le Bénin décide de les expulser. Le Bénin décide encore d’expulser un autre compatriote, je crois qui travaille dans le secteur de l’ASECNA, le qualifiant de Persona non grata. Il avait 72 heures pour quitter. C’est la même chose qu’ils ont fait avec nos deux diplomates. Tout simplement parce qu’ils sont du domaine de la sécurité. Donc, face à des agissements comme ça, est-ce que nous, qui avions et qui détenions toujours des preuves, je l’ai dit ici, allons nous taire ? Le Bénin, le Ministère de l’Intérieur béninois a commandé, à travers un opérateur économique qui n’est même pas béninois, 100 drones. Les 100 drones-là, quand ils sont venus, ont été distribués aux terroristes. L’armée béninoise ou les Forces de Défense et de Sécurité du Bénin ne les ont pas utilisées. Je l’avais dit. Nous avons des éléments.
Les Français que nous avons expulsés de notre territoire à travers le Tchad se sont retrouvés la même semaine au Bénin. Vous croyez que c’est pour le bien du Niger qu’ils vont tout faire pour se retrouver au Bénin ? Le Bénin, où, quand je l’avais dit, il y avait les forces spéciales, ils sont sortis pour dire que c’est la jalousie. Mais Macron n’était-il pas sorti pour confirmer ? Qu’est-ce qui a été dit ? Est-ce qu’ils sont revenus s’excuser ? L’ambassadeur du Bénin, vous vous rappelez, en février 2025, était à Gaya où il a dit à la population de Gaya et celle de Malanville de collaborer. Nous sommes des frères. Il faut qu’on apprenne à pardonner. A cause du mot ‘’pardon’’ qu’il a dit, Patrice Talon l’a fait traverser par natation pour dire qui lui a dit qu’il y a le pardon entre le Niger et le Bénin et particulièrement entre les autorités du Niger et lui. Ils l’ont rappelé. Si vous vous rappelez, ça s’est passé en février 2025.
Le Bénin, actuellement, héberge des bases de déstabilisation, je le dis et je le répète. Ils vont dire que c’est faux, ils sont habitués à dire que c’est faux, mais ce que nous disons, nous ne sommes jaloux de personne. Ce n’est pas la peine de donner la même version toujours en disant qu’un tel est jaloux de nous. Combattez les arguments par des arguments. Les autorités du Bénin ont dit qu’elles ont des instructeurs français au Bénin et qu’il n’y a pas de force. Macron qui est sorti pour dire qu’il y a des forces spéciales là, a-t-il a menti? Les Béninois ne sont pas sortis pour dire qu’il a menti parce qu’ils n’ont pas le courage de le faire. Mais, je le rappelle, le Bénin nous a accusés d’être instigateurs de leur mascarade du 7 décembre 2025. La tentative de coup d’État, il paraît, qui s’est déroulée avec le Colonel Pascal Tigri. Quel est l’élément de preuve ? Ils disent que, deux jours avant, nous avions retiré des conteneurs, des camions remorques qui servaient de barricades sur le pont entre le Niger et le Bénin. C’est ça que nous avions conservé avec bien sûr des forces pour sécuriser l’obstacle jusqu’à date.
Le propriétaire de ces camions a intenté un procès au Ministère de la Défense, où on lui a donné raison. C’est vrai, on nous accuse d’être des putschistes, mais nous ne méconnaissons pas le droit de nos citoyens. Le Ministère a été condamné et avec astreinte de 1 million de francs CFA chaque jour, si on ne libère pas ses moyens. Face à cela, allons-nous continuer à payer les astreintes de 1 million de francs CFA par jour pour que le Bénin ne pense pas qu’on est lié à un futur coup d’État qui va se passer ?
Nous avions retiré et nous avons fait ce que nous savons faire le plus. Nous avons remplacé ces véhicules par ce qu’on appelle des Hesco, que nous avons remplis avec des matériaux et que nous avons utilisés pour reconstituer ce mur défensif, protecteur pour nos troupes.
Deux jours après, Tigri a fait ce qu’il a fait et ils se sont répandus pour dire ce qu’ils l’ont dit. Jusqu’à aujourd’hui, dès qu’il y a une audience, ils vont dire que c’est le Niger qui a tenté de renverser Patrice Talon, tout simplement pour avoir la sympathie de l’Occident. Mais quand vous mentez, ceux à qui vous mentez, peut-être par politesse, vous écoutent. Mais sachez qu’Allah existe. Et même s’il ne croit pas en Allah, il croit au Vaudou. Le dieu du Vaudou là existe. Nous, nous savons que nous ne connaissons même pas Pascal Tigri, même de nom, avant le 7 décembre. Nous ne le connaissons pas de nom. Dieu nous est témoin.
Et je veux que Patrice Talon sorte pour dire que Dieu lui est témoin, que nous connaissons Pascal Tigri. Donc, ces accusations n’ont aucun fondement. Mais, c’est un narratif qu’on continue à diffuser. Nous, on a vu son avion. Observez bien: l’action se passait à Cotonou. Et il paraît, Pascal Tigri était même de la garde, je crois de la Garde Présidentielle, Républicaine.
En tout cas, il fait partie des forces spéciales. Comment un élément des forces spéciales, qui a appris à combattre dans tout type d’environnement, qui a appris à travers un aguerrissement important, à utiliser de toutes les astuces ou de toutes les techniques pour s’évader, pour s’exfiltrer, va opter de faire plus de 800 kilomètres de Cotonou pour chercher la frontière du Niger? Quel que soit le côté, toutes les villes ou les villages frontaliers, c’est 800 et quelques kilomètres alors qu’il a une frontière poreuse comme un filet de pêche dans une mer à 25 kilomètres, tout au plus. Il fait 25 kilomètres, il est à l’intérieur du Nigeria. C’est une frontière qui n’est pas contrôlée, et Tigri le sait plus que moi, mais j’ai fait cette voie-là. Il pouvait s’exfiltrer par là-bas. Il pouvait aussi s’exfiltrer vers la frontière avec le Togo qui est à moins de 5 kilomètres. J’ai fait cette voie-là également en 2006. Donc, il ne fait pas tout ça. Il choisit de s’exfiltrer par le Niger, puisque c’est le Niger qui doit être indexé.
Mieux, comme le ridicule ne tue pas et il ne se rend même pas compte que c’est du ridicule qu’il raconte, le Bénin dit qu’ils ont suivi les déplacements de Tigri. Je ne sais pas comment il a fait pour arriver jusqu’au Togo. Et qu’à partir du Togo, un opérateur économique burkinabé a envoyé un avion pour l’emmener à Niamey. Et à Niamey même, il est dans la zone ministérielle, à côté du Premier ministre. Vous, vous savez où loge le Premier ministre. Est-ce que le Premier ministre loge dans la zone ministérielle ? Donc, c’est pour vous dire ces aberrations qu’ils sont en train de répéter à tous les visiteurs. Ils organisent même des visites guidées.
Mais que Patrice Talon sache que nous, nous avons pris notre destin en main. Ils disent que notre territoire est un boulevard pour les terroristes. Nous avons 1 267 000 km2, le Bénin, c’est l’équivalent de la plus petite région du Niger, Dosso, en termes de superficie, 114 000 km2. Nous arrivons à sécuriser, malgré tout, malgré les défis, malgré les complicités, notre territoire de 1 267 000 km2. Alors, en quoi nous pouvons être jaloux de l’incapacité du Bénin à contrôler 114 000 km2 ? Tout le nord du Bénin est entre les mains des terroristes. Quelle est notre bassesse pour être jaloux d’un système pareil ? Il ne sert à rien de verser et de verser toujours des mensonges aux citoyens. Le mensonge a beau courir, la vérité finira toujours par le rattraper. Nous n’avons rien contre le Bénin. Je l’ai dit, je connais l’histoire.
Même lui, le prince Kondo dont il se réclame, est plus proche de nous que de Patrice Talon, il n’a qu’à aller se renseigner. C’est Béhanzin, le prince Kondo. Le dernier Béhenzin, celui qui est mort en Algérie. Du fait de qui ? De la même France. Il a été déporté avec sa famille. Je dis une fois et une dernière fois à Patrice Talon : nous savons le degré d’implication, de complicité qu’il a pour nous déstabiliser. Mais ce faisant, il ne fera du mal qu’à son propre peuple. Les Français disent qu’ils ont des instructeurs. Je vais vous dire le matériel de transport que les Français ont au Bénin. Ils ont 13 avions de transport stratégique, de transport tactique, de reconnaissance, de guerre électronique, de poste de commandement pour seulement une vingtaine d’instructeurs! 13 avions! Et je dis mieux à Patrice Talon ce que je sais et ce que je tiens à lui dire. Parmi ces 13 avions, il y a 5 qui sont des Beechcraft. Il y a 2 Beechcraft King Air 350. Il y a un Beechcraft King Air 300. Il y a un Beechcraft 350, pas King Air. Il y a un Beechcraft 1 900 Delta. En plus de ces 5 Beechcraft qui font de la surveillance, de la guerre électronique, de l’écoute, du transport moyen, d’une quarantaine de passagers, qui font office de PC de commandement aérien, ils ont trois (3) A330. Les trois A330 sont des avions de transport stratégique, dont un A330 Mike, Romeo, Tango, Tango, Phoenix. Cet avion fait non seulement du transport stratégique, mais il peut faire également l’évacuation sanitaire. En plus de ces A330 qui sont 3, dont j’ai dit un Mike, Tango, Tango, Phoenix, ils ont 2 C130, dont un C130 Juliette. Ce C130 Juliette fait du largage, il fait du transport tactique, il fait des posés d’assaut. Le deuxième C130 fait du transport tactique, il fait des posés d’assaut. Ils ont des types d’avions de reconnaissance qu’on appelle des avions légers de reconnaissance, ALSR.
Ensuite, ils ont un avion qu’on appelle les CN ou CASA. Ce sont des avions qui font du transport, mais également des missions de transport des troupes. Donc, comment est-ce qu’on peut me convaincre que 13 avions qui soient à Trou (même s’ils ne sont pas parqués en permanence ; ils font des navettes), un aéroport qui est aux coordonnées 10 degrés 18 minutes 07 seconde nord et 1 degré 56 minutes 36 seconde Est. Ces avions ont une autorisation permanente de vol, survol et atterrissage. Mieux, ces avions n’atterrissent jamais avant 1 heure du matin. Tous les vols se font de nuit entre 1 heure et 3 heures du matin. Et face à ces évidences, qu’on me dise que c’est pour aider le Bénin à former ? Nous ne sommes pas naïfs.
Nous savons ce que nous savons. Patrice Talon sait que ce que nous disons est la pure vérité. Le 27 janvier 2026, il a reçu un individu qui était revenu de France il y a à peine une semaine. Il n’a qu’à dire au peuple béninois quel est l’objet de la visite de cet émissaire d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas un français, ni un béninois, mais moi, je sais qui c’est. Le gars a, à peine, une semaine de retour de France, il l’a reçu. Il n’a qu’à dire au peuple béninois de quoi ils ont parlé. Il n’a qu’à dire encore que c’est parce que je suis jaloux des audiences qu’il accorde.
On a appris à connaître Patrice Talon. Il a fait son bilan, vous avez suivi, alors qu’il est à six mois de la fin de son mandat, mais il n’a pas annoncé une chose aux Béninois. Je le mets au défi de révéler le numéro ou les chiffres que je vais donner. 1 AK 1 P, AK 1 HP 2 HP, le ratio 76159, périmètre 551 kilomètres carrés. Date de la première mise en œuvre : 1982. Fin de cette mise en œuvre : 1998. Total : 22 millions. Il n’a qu’à dire aux Béninois, puisqu’il dit à chaque fois que nous sommes jaloux, que c’est par envie que nous dénonçons ses travers. Il n’a qu’à expliquer aux Béninois les chiffres que je viens de communiquer.
Pour la Côte d’Ivoire, je ne m’attarderai pas. Au moment où moi-même j’étais personnellement en Côte d’Ivoire, beaucoup d’Ivoiriens avaient fui le pays. J’étais en Côte d’Ivoire avec la mission de la CEDEAO, la MISSECI. J’étais en Côte d’Ivoire avec la mission des Nations unies le 4 avril 2004. Je suis le premier commandant de bataillon nigérien qui a conduit les troupes nigériennes. Quand j’étais là-bas dans le cadre de la MISSECI de la CEDEAO, le poste de commandement était à Zinbakro, c’est à quelques kilomètres de Yamoussoukro. Quand j’étais passé aux Nations unies, j’avais mon bataillon qui était déployé dans le centre. J’avais le PC à Trikro et j’avais des éléments à Falinkro, j’avais des éléments à Adiapikro, voisin de Bonguera. Ils savent ce que c’est que Bonguera. Ce sont mes éléments, avec une section du Ghana, qui étaient intervenus quand il y avait eu le massacre suite à une embuscade à Korogho. Je me rappelle, ça doit être en juin ou juillet 2004. J’ai effectué des missions sur le territoire ivoirien pour la paix en Côte d’Ivoire parce que nous étions convaincus d’un idéal.
J’ai traversé des cours d’eau dont je suis sûr que 80 % des Ivoiriens n’ont pas traversés. Le Nzi, le Komoy, le Bandama. Nous étions au lac Bossou, non loin de Yamoussoukro. J’ai parcouru de Dawoukouro jusqu’à Man. De Man jusqu’à Ojelu, je suis revenu par Man pour remonter sur Dalali, traverser la frontière avec un pays que je ne citerai pas, mais qu’ils savent, à partir de Dalali, dès que vous sortez, il y a un pont. Je l’ai traversé dans le cadre de la mission.
Au retour, j’avais pris la côtière par Touroplo pour revenir à Daloa. De Daloa, j’ai fait Vavouwa, j’ai fait Sigila. Je suis revenu, j’ai fait Daloa, Issia, Mama, chez le président Gbagbo, pour ressortir vers Toumodi, même pas à Yamoussoukro. J’ai fait Dawokouro jusqu’à la frontière avec le Ghana. J’ai fait de Dawoukouro jusqu’à Abidjan, où certains qui crient aujourd’hui, étaient incapables de mettre pied à Abidjan au moment où on était à Abidjan, au moment où c’étaient les forces françaises qui pillaient la Côte d’Ivoire.
Les soldats français ont pillé la banque centrale de Korhogo, de Bouaké, et toutes les grandes villes où il y avait des dépôts. Ils transportaient par millions, par dizaines de millions, centaines de millions de francs CFA. La seule chance, c’est qu’ils ne pouvaient pas aller en France avec les CFA puisque personne ne va les leur échanger. Ils étaient obligés de dépenser ça sur place, en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas des Nigériens qui ont pillé, c’est des Français, qui sont aujourd’hui leurs amis avec lesquels ils s’accoquinent.
Et, c’est moi qui ai fait ce sacrifice-là, parce qu’il y a un idéal auquel on croyait. Les Nigériens ont sécurisé Ouattara à l’hôtel Golf. Toutes les forces refusaient. Le Niger avait un détachement spécial qui était à la Riviera, qui protégeait toutes les autorités. Nous le faisons de façon impartiale. Si ce n’est pas moi, c’est ceux qui m’ont relevé. Puisque nous avions fait un séjour de huit mois, contrairement à la pratique où c’était un séjour de six mois. C’est des Nigériens qui l’ont sécurisé. Voilà ce que j’ai fait.
Mais, je sais ce que lui, il est en train de faire présentement pour nuire au Niger. Je vais lui rappeler des dates : du 6 au 7 et 8 août 2024 à l’hôtel Golf. Le 8 à une ville qu’on appelle Jacqueville, je crois, qui est non loin d’Abidjan. Du 28 octobre au 27 novembre au 43è Bima, je donne des dates. Qu’il vérifie ce qui s’est passé pendant ces périodes que je suis en train de citer. Juin-juillet 2025 à Korogo, 4è région, mai, juin, jusqu’à la date d’aujourd’hui à l’ancien camp du 3è bataillon de Bouaké ; qu’il vérifie ce qui s’est passé et ce qui se passe. Ensuite à Sokoura, la même période, qui est une ville non loin de Bouaké, qu’il vérifie ce qui se passe, moi je sais ce qui se passe. À Kong, à la frontière avec le Burkina, qu’il vérifie ce qui se passe, moi je sais ce qui se passe, et lui il sait ce qui se passe. Fin décembre 2025, les multiples rencontres qui ont eu lieu avec des dates, j’ai les dates, lui-même il a participé, qu’il réponde en âme et conscience quel était l’objectif de toutes ces rencontres ?
Les 16, 17, 18, 19 juillet à l’Hôtel des Armées, dans le plateau à Abidjan, avec une rencontre spéciale entre trois pays, dont la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin. Le 18 juillet, en dehors des autres qui ont eu lieu le 16, 17 ou bien 19, celle du 18 juillet, qui a réuni des responsables, moi je sais qui c’est, lui Ouattara sait qui c’est. Qu’il sorte pour dire aux Ivoiriens ce qui s’est passé. Nous avons mieux que ça et nous avons plus que ça.
Nous avons le dernier financement, mais nous le gardons pour l’histoire, parce qu’il ne sert à rien que les gens pensent que ce sont les preuves qui vont pousser ces gens-là à abandonner ce qu’ils sont en train de faire. Qui n’a pas vu le Mali, depuis le temps de Choguel Maïga, qui était parti aux Nations unies avec des preuves ; puis le général Abdoulaye Maïga, actuellement Premier ministre, qui a répété trois fois, plusieurs fois, pour qu’on leur permette de présenter les preuves. Dites-moi qui s’est toujours opposé ? n’est-ce pas la France qui a mis son droit de veto ? C’est la France qui a mis son droit de veto. Mais nous savons, et il faut que les Nigériens comprennent, ce que nous disons avec précision : dates, heures, lieux, coordonnées géographiques, acteurs, montants.
Pour les montants, je reviens à Patrice Talon. Décembre 2024, il a donné 90 millions à Takoubakoye. Je sais pourquoi il a donné les 90 millions. Mais il n’a qu’à demander à Takoubakoye si l’usage qu’il a fait des 90 millions est celui que Patrice Talon lui avait demandé. Takoubakoye a remis cette somme au cours d’une rencontre à Abuja, du 8 au 9 décembre 2024, pour l’achat de 700 motos, dont 500 motos au profit du JNIM et 200 motos au profit de l’EIGS, ça s’est passé du 8 au 9 décembre 2024 dans le bureau d’un assistant. Et lui sait que je sais. Des acteurs que je connais et que lui connaît ont pris part à cette réunion.
Je rafraîchis la mémoire à Patrice Talon, l’objectif pour lequel il avait donné les 90 millions, c’était dans un montant plus global de 300 millions destinés au versement aux terroristes qui sont en train de mener des actions dans le W et la Pendjari. Takoubakoye a détourné cet argent parce qu’il l’a versé comme participation pour l’acquisition de 700 motos. Si vous avez remarqué, le 31 décembre 2024, le contrat qui liait Patrice Talon aux terroristes, pour lequel il versait cet argent, est arrivé à terme. Le 8 janvier, au moment même où le chef d’état-major des armées du Bénin était en déplacement au Tchad, il y a eu une attaque qui a fait une dizaine de morts. Ensuite, quelques mois plus tard, le 17 avril, il y a eu une grande attaque où il y a eu 76 morts. C’est parce que les terroristes ont refusé de reconduire la trêve pour laquelle Talon avait versé les premiers 90 millions et où il restait 210 millions pour faire les 300 millions. Parce qu’ils ont constaté que Patrice Talon ne respecte pas ses engagements et qu’ils ne vont pas reconduire la trêve.
En mai, il n’a qu’à nous dire pourquoi il s’est déplacé. Moi, je ne le dirai pas parce que j’ai honte de ce qui se passe. C’est ça la différence avec nous. Nous avons pris notre destin en main. Nous ne comptons plus sur quelqu’un pour nous assumer. On va nous dire « Ah, vous avez des Russes avec vous ». Mais qui a vu ces Russes en opération sur le terrain ? Talon et ses amis ont leurs informateurs sur notre territoire. Ils n’ont qu’à nous le dire. Nous avons récupéré notre liberté d’action. C’est ça la différence avec Patrice Talon qui a perdu sa liberté d’action.
Aujourd’hui, l’armée du Bénin ne peut pas être présente dans le Nord-Bénin. Et de quoi on peut être jaloux ? On ne sera jamais jaloux d’un pays frère. On ne sera jamais jaloux de nos frères. Mais si c’est la jalousie, c’est peut-être Talon qui l’a dans son cœur et il pense que tout le monde est comme lui. Lui qui pensait pouvoir nous asphyxier s’est retrouvé avec une noix de coco dans la gorge. Il n’a qu’à se débrouiller avec. Il n’a qu’à répondre aux questions que j’ai posées.
Pour Alassane Ouattara, j’ai donné des indications. Je crois avoir fait suffisamment. Les preuves, ce n’est pas ce qui manque. Mais, il y a des preuves que nous n’exposons pas. Voilà ce qu’il y a entre ces pays et nous. Il n’y a pas de haine particulière pour ce que nous avons fait pour ces pays-là. Même si aujourd’hui ils sont amnésiques et ils oublient ce que nous avions fait pour eux. Mais, Allah est là et il est le juge, le plus sage des juges. Nous ne voudrons jamais que les Béninois, les Ivoiriens ou les Nigériens soient en difficulté. Ça, jamais. Mais nous n’accepterons jamais la politique qui a pour visée de collaborer par servilité pour nous soumettre. Nous avons fait un choix, la liberté d’action. Ce choix est irréversible. Voilà ce que je peux dire par rapport aux relations que nous entretenons avec ces pays-là.
Monsieur le Président, toujours au sujet des relations diplomatiques. Lors de notre entretien du 31 mai 2025, vous évoquiez la relation conflictuelle avec les sociétés chinoises qui exploitent le pétrole nigérien. Après cet entretien, la Chine a nommé un nouvel ambassadeur au Niger que vous avez d’ailleurs reçu en audience le jeudi 15 janvier dernier. Comment les choses ont-elles évolué ? Est-ce que la crise est derrière nous aujourd’hui avec la Chine ?
Je ne sais pas si c’est une crise. Nous ne pensons pas que c’est une crise. Nous avons des principes et nous sommes convaincus que les autorités chinoises aussi ont les mêmes principes. La lutte contre la corruption, la lutte contre la domination sous toutes ses formes et la lutte contre la tendance à méconnaître les intérêts stratégiques des partenaires. Nous connaissons la lutte acharnée que les autorités chinoises mènent dans le cadre de la lutte contre la corruption. Nous voyons régulièrement des hauts gradés ou des hauts fonctionnaires qui sont sanctionnés. Nous partageons à quelques milliers d’années près la même histoire avec la République populaire de Chine aujourd’hui. La Chine, il faut le savoir, a passé par 24 dynasties, avant d’être d’abord la République de Chine de 1912 à 1949, ensuite la République Populaire de Chine de 1949 à aujourd’hui.
De 2 100 à 1600 avant Jésus-Christ, la première dynastie de Xia. Je prendrai juste trois repères. Ensuite la dynastie de Xian de 1570 à 1045, c’était l’âge de l’écriture ou des caractères chinois qui sont actuellement utilisés. Ensuite nous avons la dynastie Printemps-Automne, c’est la dynastie de Confucius et de Sun Tzu. Confucius, qui a été un grand idéologue et la religion tire son essence de son idéologie. Ensuite Sun Tzu, qui a été un grand chef militaire, où tous les chefs militaires de l’Occident s’inspirent des règles de conduite de Sun Tzu. Donc cette dynastie printemps-automne a duré de 722 à 476. Et enfin la dynastie de Qin, qui était la dernière avant la République de Chine en 1912 et la République Populaire de Chine.
La Chine a connu les affres de la domination comme le Niger. Donc nous savons que nous partageons des valeurs, notamment les valeurs de nous libérer, de ne plus jamais nous laisser nous soumettre. Ils sont parvenus à travers beaucoup d’efforts, beaucoup de souffrances, beaucoup d’investissements et beaucoup de sacrifices. Et c’est ce que nous avons choisi de faire à partir du 26 juillet 2023. Nous savons que les autorités chinoises sont conscientes de notre volonté de développer notre pays. Nous avions trouvé une grille de partage qui est totalement défavorable au Niger pour l’exploitation du pétrole. Nous avions demandé qu’on revoie les choses pour ne pas aller dans les mêmes travers que l’uranium du Niger.
Cela a créé des incompréhensions, mais aucune coexistence ne peut être un long fleuve tranquille. Nous nous évertuons à résoudre ces incompréhensions et nous sommes convaincus que nous parviendrons à une solution. Comme vous l’avez rappelé, j’ai reçu l’ambassadeur et j’ai chargé l’ambassadeur d’une mission. Celle de tout faire pour que nous trouvions une solution définitive à ces tensions qui nous préoccupent. Nous avions, de notre côté, mis en place un comité qui a prêté serment et qui est chargé des négociations dans tous les domaines. Nous sommes ouverts au partenariat, mais à un partenariat gagnant-gagnant. Un partenariat qui ne méconnait pas les intérêts du Niger. Et, je crois qu’avec les bonnes dispositions des un et des autres, nous pourrons rapidement aboutir à des solutions. Bien sûr, non pas favorables seulement au Niger, mais favorables à la fois au Niger et aux partenaires de CNPC ou WAPCO.
Monsieur le Président, relativement à la confédération AES, le Collège des Chefs d’État a tenu son deuxième sommet à Bamako les 22 et 23 décembre dernier. Nous avons suivi avec intérêt le bilan des quelques quinze mois de la confédération. Il en ressort incontestablement des réussites exceptionnelles : l’opérationnalisation de la Force Unifiée, la Banque Confédérale d’Investissement pour le Développement, les organes de presse. Cependant, les peuples s’attendaient à d’autres décisions encore plus fortes, qui vont marquer définitivement la rupture d’avec le système néocolonial français et l’amorce véritable du processus de développement économique de la Confédération. Monsieur le Président, la Confédération AES a-t-elle peur de franchir certaines lignes rouges comme la monnaie, par exemple ?
La Confédération n’a peur de personne, ni de rien. Si nous avons réussi ce que nous avons entrepris jusqu’ici, malgré les défis, c’est parce que nous sommes déterminés. Et, c’est parce que le mot ‘’peur’’ ne fait pas partie de notre langage. Lors de nos rencontres, avez-vous avez entendu une seule fois le mot ‘’peur’’ ? La Confédération n’a peur de personne et n’a peur de rien. La Confédération pose des actes réfléchis.
Après mûre réflexion, la Confédération prendra toute décision qui mérite d’être prise. Je crois que nous avons réussi suffisamment d’actes pour que le mot ‘’peur’’ ne soit plus un vocabulaire à utiliser au sein de la Confédération. Je préfère m’en tenir à ça parce que le fait même de répondre au mot ‘’peur’’ me rabaisse.
Sous la présidence de Bamako, on a appris l’ouverture de négociations avec la CEDEAO. Les citoyens veulent toujours savoir où en sommes-nous avec ces négociations avec la CEDEAO ?
Mais les négociations avec la CEDEAO, je crois que c’est être naïf. Mais, nous, je crois que nous avons prouvé que nous ne sommes plus naïfs. Quel mécanisme la CEDEAO n’a pas utilisé sous l’injonction de son maître à penser, Emmanuel Macron, pour nous garder dans les girons de cette même organisation que nous avons choisi librement de quitter, si vous vous rappelez, le 28 janvier ? Qu’est-ce qu’ils ont dit ? Ils nous donnent un an pour réfléchir. On nous a donné ensuite six mois, jusqu’à juillet 2025, pour réfléchir. Mais, quelles réflexions ? Nous, nous avons choisi notre voie.
Et nous avons posé des actes qui prouvent que la réflexion est déjà faite. Nous ne pouvons pas rester au sein de la CEDEAO, même si nous sommes les membres fondateurs, pour une raison bien précise. Mais, le dilatoire de la CEDEAO n’a pas de fin. Et, c’est dans ce dilatoire-là que nous sommes. La CEDEAO ne voudra jamais de négociations sincères, parce qu’il y a toujours des génies qui lui font croire que, non, l’un d’entre nous va tomber, et les deux autres vont courir pour rejoindre la CEDEAO. Mais, c’est méconnaître le peuple de la Confédération.
Aujourd’hui, la Confédération, ce n’est pas Assimi Goïta, ce n’est pas Ibrahim Traoré, ce n’est pas Tiani. La Confédération, c’est le peuple du Niger, du Mali et du Burkina. Que Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Tiani disparaissent, en même temps, ce départ-là est irréversible. Il n’y aura pas de retour, il faut que les gens comprennent et engagent des négociations sincères, pour que, si nous devons continuer à coopérer avec les deux formats, la Confédération des États du Sahel (ou peut-être la Fédération dans quelques années) et la CEDEAO, qu’on continue à collaborer, à coexister en tant que peuples du même espace ouest-africain, mais dans des organisations différentes, parce que nos intérêts ne sont plus préservés par la CEDEAO. Il faut que les gens le comprennent et qu’ils évitent de faire du dilatoire et ou de croire à ce que d’autres leur rapportent, comme quoi nous allons tomber et qu’après notre chute, le peuple va ramener nos trois pays dans les rangs de la CEDEAO. Ça n’adviendra pas, incha’Allah.
Monsieur le Président, pour clore ce chapitre, au mois de décembre dernier, les États-Unis d’Amérique ont orchestré des frappes aériennes au Nigeria, au motif de lutter contre le terrorisme et de protéger les chrétiens. Et quelques heures après, des journalistes à la solde de l’impérialisme français ont fait cas d’une attaque terroriste contre un couple chrétien du Niger dans la région de Dosso. Ces événements distincts ont inquiété certains concitoyens, certains citoyens de la Confédération AES, qui se demandent si les mêmes frappes américaines ne pourraient pas arriver dans leurs pays respectifs, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces inquiétudes sont-elles fondées, monsieur le Président ?
Pour d’abord répondre à la première partie de votre question, nous ne nous ingérons pas dans les décisions de défense ou de sécurité d’un pays, ou d’un pays avec un partenaire, tant que ces décisions n’ont pas, en arrière-mandat, la volonté de nuire au Niger. Et si c’est le cas, nous le découvrirons et nous l’annoncerons aux Nigériens. Donc, les relations militaires ou de défense du Nigéria avec quelque autre pays sont du ressort des autorités du Nigéria, je n’ai rien à dire.
Si je ne peux aider le Nigéria à protéger ses populations, je ne dirai rien qui puisse nuire à des relations qui peuvent peut-être l’aider à circonscrire cette situation dans laquelle végètent toutes les populations du Nord-Nigéria, tous les États du Nord-Nigéria. Pour ce qui concerne des motifs de l’intervention ou des frappes, nous les avons entendus comme quoi c’est pour protéger les chrétiens. Là également, nous n’interférons pas. Nous savons que nous formons une communauté avec les chrétiens du Niger. Nous ne connaissons pas ces agissements, même si ces puissances occidentales ordonnent souvent à ces mercenaires de massacrer des populations innocentes. Le journaliste qui l’a dit ne mérite pas que je prononce son nom, mais je sais une chose, qu’il était à un certain moment au Mali. Il a quitté le Mali, puisqu’il ne peut plus mentir allègrement. Il est parti s’installer au Sénégal. Et c’est à partir du Sénégal qu’il coud tout ce tissu de mensonges. Nous ne nions pas que le Niger ait connu beaucoup d’épreuves. Beaucoup de Nigériens martyrs ont été enregistrés. Mais, nous ne méconnaissons pas également que cette situation n’est pas propre au Niger.
A titre indicatif, c’est nous qu’on peint comme un pays dangereux, infréquentable, où les terroristes courent dans tous les coins et recoins sur toutes les grandes artères, toutes les voies, tous les axes routiers, dans les villages, dans les campagnes, en rase-campagne. Mais ces pays qui sont considérés comme des références de paix et de tranquillité, où aucun citoyen de ces pays n’est tué, ne sont pas exempts de violences. Je vous donne juste un petit exemple. En 2020, en France, il y a eu 5 000 homicides. Les gens ont prétexté que c’est le Covid qui a rendu les gens fous. Mais nous avons été exposés au Covid au même titre qu’eux. Est-ce qu’il y a eu 5 000 morts par homicide au Niger ? Non. Aux États-Unis, d’où vous venez de tirer votre question, en 2020, il y a eu 21 500 morts par homicide, allez-y cherchez dans le journal le New York Times du 28 septembre 2021. Vous verrez ce que j’ai dit. Et depuis la création de l’organisme chargé de l’observation, du recensement des homicides en 1960, il n’y a jamais eu une année où il y a eu moins de 15 000 morts par homicide.
Donc, chaque pays a ses problèmes. Mais rappelez-vous, je l’ai dit ici, l’Élysée, le Quai d’Orsay avaient juré notre perte. Ils ont mis des structures en place. Le commandement pour l’Afrique, pour la composante militaire et la cellule désinformation, je dirais, la cellule Sahel de l’Élysée. Cette cellule, la deuxième, n’a pour autre objectif, je l’ai dit, que de faire la guerre informationnelle. Ils ont prévu des recrutements en masse à travers deux événements. Le premier événement devait avoir lieu en 2025 au Bénin. C’est un événement culturel. Je ne sais pas s’il a eu lieu ou il n’a pas eu lieu. C’est au cours de cet événement qu’ils devaient recruter des Africains apatrides, cupides, qui ne comprennent pas ce que c’est la lutte de libération pour s’attaquer à leur propre pays.
Ensuite, en 2026, c’est prévu. Je ne sais pas si ça tient la francophonie au Kenya. Ils vont profiter également de cette rencontre pour recruter des apatrides africains. C’était les deux plans. Ensuite, en septembre 2025, vous avez vu l’appel d’offres international, mais particulièrement orientées vers les pays africains pour recruter des influenceurs dont la mission n’est autre que de créer des événements, d’amplifier des événements dans la Confédération, de dénigrer les relations de coopération entre la Confédération et cinq pays, je vous les ai cités lors de la dernière interview. Donc, il faut effectivement avoir de la mémoire pour que tout ce qui se passe ne nous déstabilise pas, ne nous détourne pas de notre objectif. Ce journaliste-là a inventé un tissu de mensonges. Nous ne disons pas qu’il n’y a pas de morts au Niger. Ça serait de la pure démagogie, surtout dans le contexte où nous sommes. Mais ce qu’il a dit en termes de conflit religieux est un mensonge.
Mais ce n’est pas son mensonge, c’est le mensonge de la guerre informationnelle dont Jean-Marie Bockel est chargé en vue de doter le quai d’Orsay de cette force de frappe informationnelle qui va mettre au pas les pays de la Confédération. Quand il répondait à une députée française qui disait: « Mais, comment se fait-il que les États de l’AES vous attaquent et que vous ne répondez pas, surtout les Nigériens» ? Il lui a dit : « Calmos, j’ai un programme de force de frappe informationnelle au profit du Quai d’Orsay et elle sera chargée de cette mission ». Nous savons ce qu’ils sont en train de faire, nous savons ce qu’ils sont capables de faire vis-à-vis même de leurs propres compatriotes.
Pour vous dire, les interventions faites où nous avons exposé des faits ont coûté la vie à date, en tout cas, ce que nous avons continué à recenser, à 12 agents français de la sécurité intérieure et de la sécurité extérieure. 12 agents français entre le 21 janvier, le 23 janvier 2025, le 22 juin, le 1er décembre, le 5 décembre, le 15 décembre. Ensuite, du 5 au 6 de ce mois de février, toujours des agents de la sécurité intérieure ont été exécutés sur le site Levallois-Perret, aux dates que j’avais indiquées, sur le site de Essonne et à Arras. Arras, c’est la dernière exécution intervenue la nuit du 5 au 6 du mois de février 2026, une commandante de la sécurité intérieure a été abattue. Qu’est-ce qu’on communique aux gens ? D’abord, les noms ne sont pas communiqués. Et le mobile, c’est un suicide. Donc, c’est des gens qu’on a suicidés. C’est des agents qu’on a suicidés. Pour ce qui est de la sécurité extérieure, je citerai deux, parce que là, au moins, ils ne pouvaient pas cacher le nom. Les noms sont sortis. C’est Éric DENECE, avec Delta, Eco, Novembre, Eco, Charlie, Eco. Ensuite, un député des républicains, un certain Olivier Marlex. Il faut vérifier que DENECE a été suicidé le 12 juin et Olivier Marlex a été suicidé le 7 juillet.
Ne me dites pas c’est quel Français. Je l’ai dit. Eux, ils savent de quoi je parle. Vous-même, à tête reposée, vous comprenez pourquoi je dis qu’ils ont été suicidés. Donc, c’est pour vous dire où ils sont et à quel point ils sont capables d’infliger des douleurs à leurs propres compatriotes, plutôt que de s’asseoir et négocier avec les États de la Confédération. Ceci est assez instructif pour les Nigériens qui sont encore naïfs pour se dire que la Mobilisation Générale a tout son sens. La bascule d’un état de paix vers un état de guerre se prépare. Et, c’est ce que nous faisons, c’est ce à quoi nous invitons les Nigériens à faire.
Monsieur le Président, on voit les infrastructures routières en chantier, les voiries urbaines, les façades des administrations publiques qui s’embellissent, l’accessibilité des produits alimentaires, même en cette veille du mois béni de Ramadan, malgré une saison de pluie qui n’a pas totalement répondu à nos attentes, les unités industrielles qui poussent surtout dans le secteur privé. Il s’agit de réalisations importantes saluées par les Nigériens et qui permettent de présager de bonnes perspectives. Mais au-delà de ce que l’œil du citoyen peut voir, quelles sont les perspectives à court et moyen termes pour le Niger sur les plans économique, social, notamment en ce qui concerne la création de richesses, l’emploi, la formation et la protection sociale ?
Je crois avoir répondu à cette question, si ce n’est intégralement, en partie. Je vous ai brossé la situation économique de notre pays avec ses perspectives. Tout ce que nous faisons et tout ce que nous aurons à faire sera essentiellement pour le bien-être de nos compatriotes. Je l’ai dit, un franc collecté sera investi pour le bien-être des Nigériens.
Je l’ai dit, les perspectives, en plus de la situation actuelle également, sont encourageantes. Et, ce que j’ai dit, je l’ai dit avec des chiffres qui sont vérifiables. Il faut que les Nigériens se rassurent. Les perspectives sont bonnes, et le Niger, les autorités du Niger vont œuvrer pour le bien-être des Nigériens de façon particulière et des peuples résilients de la Confédération de façon plus large. C’est un choix que nous avons fait et que les Nigériens ne soient pas surpris de toute réalisation que nous serons amenés à faire malgré les difficultés évidentes. C’est une question de choix, c’est une question de rigueur dans la gestion des maigres ressources. Ce n’est pas la vie belle ou le train de vie, comme vous l’avez dit dans une de vos questions. Il n’y a pas de train de vie, il y a un train de survie. Mais le train de survie n’exclut pas également de faire des réalisations au profit des compatriotes. Je crois que nous avons suffisamment donné les preuves à travers des efforts que nous avons consentis, des sacrifices, notamment dans le domaine de la santé et des hydrocarbures avec notamment les réductions, dans le domaine tout simplement du commerce avec le ciment et tous les autres matériaux qui sont maintenant produits sur place au Niger. Si vous voulez construire, vous avez la tonne de ciment au maximum à 60 000 FCFA et vous avez le fer à béton, vous avez le fil de fer recuit, vous avez la tôle, vous avez les tubes carrés, vous avez les IPN.
Je crois que vous avez tout pour construire. Et c’est l’objectif. Créer les conditions d’un environnement favorable au redécollage du Niger pour que nous soyons à notre tour comme certains pays, mais pas tous quand-même, parce que nous voyons d’autres qui sont en train de plonger. Ce n’est pas l’objectif. Donc les perspectives sont bonnes et ce qui sera fait pour le bien-être des Nigériens sera fait. Inch’Allah.
Au terme de cet entretien, quel sera votre message à l’endroit des Nigériens et de tous nos concitoyens de la Confédération AES ?
D’abord, c’est un message de gratitude pour leurs sacrifices, parce que si nous avons tenu, c’est grâce à Allah soubhana wa ta’ala, mais c’est grâce à la résilience des peuples du Sahel, des Nigériens, des Maliens et des Burkinabés. Et je crois qu’il y a eu suffisamment d’événements illustratifs. Nous remercions l’ensemble de nos compatriotes pour les sacrifices consentis.
Nous appelons les autres qui, malgré les énormes efforts consentis, ne mesurent pas la portée du sacrifice que l’Etat consent pour leur permettre d’avoir un minimum. Il faut qu’ils réfléchissent à tête reposée pour comprendre que beaucoup de sacrifices sont consentis et que l’Etat fera tout pour que chaque Nigérien comprenne et soit convaincu que le choix qu’il a soutenu est le bon choix. Nous prions Allah soubhana wa ta’ala pour que nos martyrs qui nous ont devancés reposent dans son paradis firdwaous et qu’il leur accorde sa Rahama.
Nous prions pour qu’Allah soubhana wa Ta’ala accorde un prompt rétablissement à tous les martyrs, à tous nos blessés, civils comme militaires. Nous sommes de cœur avec les familles de nos martyrs et les familles victimes de ce mercenariat à nous imposé. Nous appelons le peuple de la Confédération à rester résilient. Nous ne ferons jamais de la démagogie. Nous avions déjà dit que nous serons sincères et que tout ce que nous ferons sera basé sur la sincérité entre nous et nos compatriotes. Parce que nous sommes conscients qu’il y a une puissance au-dessus de notre tête qui nous observe et qui a le jugement le jour du jugement.
Nous appelons les Nigériens, les Maliens et les Burkinabés à s’armer davantage de courage parce que le combat sera long et difficile. Celui qui est habitué à piller, celui qui est habitué à voler, celui qui est habitué à massacrer pour atteindre ses objectifs ne cessera jamais. C’est dans le sang et c’est toujours dans le sang. C’est à nous de faire en sorte que notre volonté de souveraineté, d’indépendance soit la plus forte des volontés. Qu’Allah préserve notre pays, Allah préserve le Mali, Allah préserve le Burkina, Allah préserve la Confédération. Nous remercions tous les partenaires sincères qui ne méconnaissent pas nos intérêts et qui nous accompagnent dans notre lutte de libération.
Nous sommes conscients des critiques de l’autre camp quand ils disent qu’on quitte la France pour se jeter dans les bras de la Russie, mais qu’on me dise un seul pays que la Russie a colonisé. La Russie était sur la table lors de la conférence de Berlin, mais la Russie n’a pas pris de colonies. Et ceux qui nous reprochent de nous jeter dans les bras de la Russie, qu’ils sachent que nous avons d’autres partenaires. Parce que ceux qu’ils nous refusent d’un côté, ces partenaires nous l’accordent. La Russie, la Turquie, la Chine et tous les autres qui nous soutiennent, nous soutiennent parce que nous avons émis la demande et qu’ils sont convaincus de la légitimité de notre demande. C’est différent de ceux qui bloquent du matériel que nous avons acquis avec nos propres ressources, nos maigres ressources. Des gens qui donnent des ordres clairs pour que même la simple Toyota, qu’on ne nous la vende. Nous avons vécu tout ça et c’est à nous qu’on reproche d’aller vers ceux qui nous accompagnent pour préserver l’intégrité de nos territoires, pour préserver notre dignité, pour affirmer notre souveraineté. Allah est le plus sage des juges.
Allah nous accompagne dans tout ce que nous ferons et qu’il répande sa Rahama sur notre Confédération, ainsi que dans les pays qui nous accompagnent dans cette lutte d’indépendance totale. Merci aux compatriotes. La lutte sera longue. Prenez la Mobilisation Général au sérieux. Quand l’heure de la mise en œuvre sonnera, que les Nigériens soient prompts, chacun en fonction de ses compétences, à appliquer les règles qui lui seront déterminées !
Un dernier mot également. Dans une semaine ou moins d’une semaine, nous allons rentrer dans le mois béni de Ramadan. Les dispositions sont prises et les Nigériens l’ont constaté, pour que tout ce qui peut accompagner nos compatriotes dans l’accomplissement de cette ferveur religieuse soit disponible. Nous souhaitons un Ramadan Kareem à toute la communauté. Merci beaucoup.
Script : ONEP
