mercredi 28 octobre 2026

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Journée africaine de la médecine traditionnelle : Une intégration responsable au service de l’amélioration du système sanitaire

· ONEP NE
Le ministre de la Santé invite les tradipraticiens à collaborer avec les structures sanitaires pour améliorer la qualité des soins
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Le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, le médecin Colonel-major Garba Hakimi, a procédé, le mardi 27 octobre 2026 à Niamey, au lancement de la 24è édition de la Journée Africaine de la médecine traditionnelle. Placée sous le thème « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement en matière de médecine traditionnelle pour la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle dans la Région africaine », cette célébration vise à valoriser ce patrimoine thérapeutique, préserver les connaissances ancestrales, organiser, contrôler et développer ce secteur afin qu’il contribue de manière responsable à l’amélioration de la santé des populations.

À cette occasion, le ministre de la Santé a mis l’accent sur l’importance de la médecine traditionnelle au sein de la société et le respect strict des règles qu’elle doit respecter. « Elle constitue un recours de proximité, profondément enraciné dans nos réalités socioculturelles et repose sur des connaissances et des savoir-faire transmis de génération en génération. C’est un patrimoine que nous devons préserver, documenter et valoriser », a-t-il dit.
Le ministre a souligné la nécessité de veiller à la qualité des produits, à la sécurité des pratiques, à la traçabilité des matières premières, à la maîtrise des préparations et à l’évaluation scientifique des effets thérapeutiques revendiqués. À cet effet, ajoute-t-il, des initiatives sont envisagées pour mieux organiser ce secteur et créer un cadre de collaboration entre les différents acteurs.

Le ministre a lancé un appel à l’ensemble des tradipraticiens pour qu’ils collaborent avec les structures sanitaires afin de renforcer la performance du secteur et améliorer la qualité des soins. « J’invite les praticiens de la médecine traditionnelle à poursuivre leurs activités dans un esprit de responsabilité, à collaborer avec les services compétents et à contribuer à la sécurité des patients, par le signalement des effets indésirables suspectés et l’orientation appropriée des cas complexes », a-t-il soutenu.

Les stands d’exposition-ventes des produits de la médecine traditionnellle

Pour sa part, le représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé, Dr Nikiema Jean-Baptiste, a rappelé que cette célébration commémore une décision historique en faveur de la promotion de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé. Il a également précisé l’importance de cette pratique pour les communautés africaines avant de décliner les quatre priorités mises en avant par l’OMS pour que la médecine traditionnelle contribue pleinement à l’amélioration de la santé. Il s’agit de la recherche et des données probantes, de la documentation des savoirs, de la réglementation et de l’encadrement, et de la collaboration entre les tradipraticiens et les professionnels de la médecine conventionnelle. Par ailleurs, il a réitéré l’appui, la disponibilité et l’accompagnement de l’OMS pour soutenir toute démarche visant à améliorer le système sanitaire. Il a aussi lancé un appel aux partenaires pour investir davantage dans la recherche et le développement en médecine traditionnelle pour garantir la souveraineté sanitaire et faciliter l’accès de tous à des soins de qualité, sûrs et financièrement abordables.

Quant à la vice-présidente du Collectif des Organisations des Tradipraticiens de Santé du Niger (COTRASNI), Dr Laoula Aïssata Bintou, elle a rélevé que l’ambition de cette association porte sur trois priorités dont le renforcement de la recherche scientifique, la garantie de la qualité et la sécurité des médicaments traditionnels, et la structuration des partenariats durables entre tradipraticiens de santé, chercheurs, universités et institutions sanitaires. Elle a également remercié l’ensemble des acteurs pour l’octroi d’un jardin botanique à l’institution qui permettra de cultiver les plantes médicinales, de multiplier et de réintroduire les espèces menacées de disparition, de former les acteurs et de transmettre leur savoir aux générations futures.

La vice-présidente a aussi transmis une doléance écrite pour l’institutionnalisation d’une Journée nationale de la médecine traditionnelle au Niger. Elle a lancé un appel aux différentes parties pour accompagner par des actions concrètes toutes les initiatives en faveur de la valorisation de la médecine traditionnelle. « Notre conviction est claire, car la médecine traditionnelle africaine doit devenir un véritable levier de recherche, d’innovation et de souveraineté sanitaire, au service de l’accès équitable de nos populations à des soins de qualité. Unissons nos compétences, nos ressources et nos volontés, pour que ce patrimoine prenne toute sa place dans la construction d’une couverture sanitaire universelle en Afrique », a-t-elle conclu.

Enfin, une exposition-vente des produits de la médecine traditionnelle se tiendra sur le site du 27  octobre au 5 novembre 2026 et plusieurs panels ont été animés par des spécialistes afin de faciliter la compréhension à tous les niveaux.

Massaouda A. Ibrahim (ONEP)