Sous les projecteurs de la place publique du Centre Culturel Oumarou Ganda, les sons de la musique nigérienne ont résonné le 13 fevrier 2026 comme une conversation entre l’ancienne et la jeune génération. A l’initiative de l’Institut National des Arts et de la Culture (INAC) Taya, « le concert de trois âges » a rassemblé artistes musiciens et des citoyens passionnés de la culture pour honorer la mémoire des grandes voix de la musique nigérienne qui ne sont plus de ce monde.
Devant le public fortement mobilisé, les jeunes artistes se sont succédé sur scène pour interpréter une ou deux œuvres symboliques d’un artiste disparu. Chaque interprétation a fait revivre l’héritage musical national. Les spectateurs ont été émerveillés par des chansons qui résonnent avec une vivacité remarquable en cette période de mobilisation générale, où la culture peut jouer un rôle important dans l’unité et surtout la résilience. Plus qu’un simple concert, cet événement s’est imposé comme une opportunité de transmission et de communion, où trois générations d’artistes : les jeunes, les moins jeunes et les vieux se sont organisés pour non seulement rendre hommage à ceux qui les ont précédés mais aussi apprendre chacun de l’autre. Aussi, toutes les chansons présentées ont-elles un lien avec la situation du moment. C’est le cas de la chanson de feu Adams Junior, créée en 1994, qui est dédiée au panafricanisme, la dénonciation de la guerre qui secouait certains pays africains et pour l’unité du continent afin de libérer l’Homme noir. Celle de la cantatrice Habsou Garba ‘’Niger’’, une chanson qui fait les éloges du Niger, ses richesses culturelles, spirituelles et ses ressources naturelles « Ni naji dadi da Allah yayyo ni in Niger, Niger kasa mai albarka, ga mu da zinaria, da uranium, ga charbon tchikakké na kirki, da girray), et Tacha Takieta, le titre fétiche de feu Elhadji Taya inspiré par Idi Nadado, qui retrace l’hospitalité légendaire des nigériens en général et celle des habitants de Takeita en particulier, un carrefour qui relie certaines régions du Niger, ont été interprété par certains jeunes artistes. Les chansons de Dargné de l’orchestre Toubal de Dosso et de Sani Aboussa de Zinder, ont aussi interprétées par des artistes de l’orchestre FAN. Il y a eu également celle de Moussa Poussy (Gawo Izo) qui parle de la chasse, de la déforestation et de l’importance des animaux sauvages et des arbres et aussi une certaine nostalgie, interprétée par Kitary, et bien d’autres chansons de nos illustres disparus. Cette première édition de la « Nuit des Etoiles» a été une réussite, les spectateurs ont aimé et accompagné les artistes avec des acclamations et des cris de joie.
Aïchatou H. Wakasso (ONEP)
