Comme chaque année depuis 15 ans déjà. Ils, ce sont les maraîchers de la région d’Agadez. Comme d’habitude, ils ont apporté avec eux, une importante cargaison de produits frais, issus des terres arables de l’Aïr. Agrumes variés, épices, condiments, plants et plantes médicinales, etc. Une quantité importante qu’ils déversent sur les marchés de la capitale, influant directement sur le niveau des prix, au bénéfice des consommateurs.
Par leur constance, leur détermination et surtout par les fruits concrets de leur labeur, ces valeureux producteurs contribuent à changer les perceptions, à déconstruire les préjugés et à susciter des vocations. En effet, à travers la diversité, la fraîcheur et la qualité des produits maraîchers et agricoles qu’ils proposent aux consommateurs, ils battent en brèche l’idée que beaucoup d’entre nous se font de la région d’Agadez et du désert. Ils prouvent que le désert nigérien n’est pas que vaste étendue de sable et cailloux inhospitalière, rigueur climatique, chaleur, vent et poussière. Le désert nigérien regorge aussi d’énormes potentialités agricoles qui, avec de l’accompagnement et de la volonté, peuvent être exploitées pour nourrir le Niger tout entier.
L’autre symbole de la présence des maraîchers d’Agadez, c’est surtout la leçon de l’attachement au travail productif de la terre, à la dignité. Ces braves maraîchers, pour leur grande majorité, fonctionnent sur leurs propres moyens, sur leur organisation interne et leur solidarité ancestrale. Ils ne comptent pas sur les projets et autres ONGs. Ils comptent d’abord sur leurs propres forces.
Dans quelques jours, leurs autres collègues, que sont les riziculteurs, viendront certainement nous ‘’servir’’ du bon riz, cultivé sur les rives du Fleuve Niger, de la Komadougou Yobé, des Korama de Zinder, des dallols du Boboye, des magias de Tahoua, des goulbis de Maradi, des mares, des bas-fonds et même dans les champs un peu partout à travers le pays.
Ces producteurs nous donnent une leçon de persévérance. Ils sont des modèles de réussite à suivre. Ils supportent incontestablement la refondation. Ils reflètent et incarnent le changement de mentalité et de paradigme : celui de compter sur nos propres idées, nos propres forces et nos propres efforts.
Ils prouvent surtout qu’avec la détermination et le travail, nous sommes à mesure d’arriver à bout des défis qui se posent à notre pays, en particulier celui de la sécurité alimentaire. En somme, c’est par le travail que se construira notre pays, notre nation. Ce n’est ni par les grands discours encore moins les balivernes débitées sur les réseaux sociaux. Les producteurs maraîchers d’Agadez et les riziculteurs nigériens nous en administrent la preuve. Le moins que nous puissions leur faire en guise de reconnaissance et d’encouragement, c’est d’acheter et de consommer leurs produits. Du reste, nous le ferions beaucoup plus pour nous-mêmes, parce que les produits que nous proposent ces braves paysans sont des produits sains.
Siradji Sanda (ONEP)
