Une décortiqueuse de niébé en plein travail
Aliment prisé en ville comme en campagne, le haricot ou niébé est une légumineuse à haute valeur nutritive, et cultivé un peu partout au Niger. Une fois récolté, ce sont généralement les femmes qui prennent en charge le décorticage. Certes, c’est un exercice difficile, mais beaucoup de femmes s’en sortent bien. C’est l’exemple des femmes de Dogonkiria, dans le département de Dogondoutchi.
Situé à environ 75 km au Nord du chef-lieu du département de Dogondoutchi dans la région de Dosso, la Commune Rurale de Dogonkiria est une localité très connue pour ses activités agricoles, notamment la culture du niébé. Dès les premières pluies, hommes et femmes se précipitent pour se rendre dans les champs afin de travailler la terre. Deux à trois mois plus tard, le haricot est récolté. En cette période, on aperçoit des tas de haricot séché dans les champs ou dans les habitations.
Le décorticage est assuré par les femmes à l’aide d’outils traditionnels rudimentaires; notamment le mortier et le pilon. Mme Abarchi Gaberi, résidente du quartier ‘’Yamma’’ de Dogonkiria, est une femme qui s’adonne à cette activité. Munie d’un pilon, en compagnie d’autres femmes, elle exerce cette activité de manière artisanale. « Malgré la pénibilité de ce travail, on s’en sort bien », dit-elle, ajoutant également qu’elle a commencé à exercer ce métier il y a plus de 10 ans de cela. « C’est un travail pénible qui demande de la patience, du courage et du savoir-faire. Souvent, nous nous regroupons à 5 où à 6 pour exécuter un contrat car une seule personne ne peut pas faire tout le travail », a-t-elle expliqué.
Même si ce travail est pénible pour Mme Gaberi, il lui permet de subvenir à ses besoins. « Je prendrais bientôt congé de ce travail compte tenu de mon âge pour céder la place aux jeunes dames », a-t-elle indiqué.
Chantant au rythme du pilon, dans une mélodie traditionnelle, Mme Naïma, une autre décortiqueuse, explique la procédure. « Pour enlever la coque du haricot, nous mettons une bonne quantité du haricot séché dans un grand mortier. On pile jusqu’à obtenir un mélange hétérogène. Ensuite on procède au vannage afin de séparer les graines de leurs coques. Cette pratique consiste à se placer en direction opposée du vent tout en versant de façon répétitive le produit dans un récipient », a-t-elle mentionné. Selon Mme Naïma, cette pratique les expose à plusieurs risques de maladie dont le rhume et les maladies cutanées. C’est pourquoi, elle lance un appel aux bonnes volontés à mettre à leur disposition des machines modernes appropriées pour le décorticage afin de réduire la pénibilité de la tâche.
Salima H. Mounkaila (ONEP)
