Image prise à la place de l’ancien marché d’Agadez en 1920, illustrant l’architecture crue, adaptée au climat sahelien
Le musée communautaire Tégadezt qui vient d’ouvrir ses portes dans la commune urbaine d’Agadez est la concrétisation d’un rêve porté depuis quelques années par un enfant du terroir, Mohamed Alhassane, archéologue, médiateur culturel et scientifique, président de l’association Imane Atarikh, signifiant en langue Tamasheq « donner vie au patrimoine». La création de cette institution à Agadez est une contribution importante pour la conservation et la valorisation du patrimoine culturel national. Pour en arriver là, il a fallu beaucoup d’engagement et de volonté. Le projet a été accompagné par les autorités nationales dont le ministère en charge de la culture, la région, la commune urbaine, le sultanat d’Agadez et la jeunesse.
La collecte des pièces du musée, notamment les objets archéologiques, paléontologiques, les photos, a été un travail de longue haleine. Ce qui, a rappelé Mohamed Alhassane, a nécessité des recherches à Agadez, dans certains endroits, des bibliothèques à l’étranger, au sujet des explorateurs qui sont passés dans la zone, auprès des particuliers détenteurs des photos, pour avoir notamment certaines images anciennes de la vieille ville d’Agadez.

Même s’il est communautaire, Tégadezt s’inscrit bien dans le concept, le rôle, la mission, du musée ainsi qu’il est défini : « une institution permanente, à but non lucratif et ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité à des fins d’étude, d’éducation et de plaisir». Le musée communautaire Tégadezt est ouvert au public. Il est inclusif, encourage la diversité et la durabilité, affirme Mohamed Alhassane. « C’est un projet communautaire, qui répond aux besoins locaux, les communautés locales participent de manière bénévole à sa gestion, et le musée contribue à l’éveil de conscience de la communauté locale, à prendre en charge elle-même le patrimoine, le valoriser et le conserver», soutient-il.
En plus des objets archéologiques et paléontologiques qui composent la collection du musée Tégadezt, Mohamed Alhassane propose à l’occasion de son inauguration une exposition temporaire visuelle, photographique, pour montrer l’évolution urbaine de la Ville d’Agadez, son historique, son architecture, l’attachement de la communauté à son patrimoine. En effet, l’architecture spéciale de la vieille Ville d’Agadez, sa population, brassage et témoignage exceptionnel sur une tradition culturelle toujours vivante, sont, entre autres, des éléments qui ont présidé à son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2013.
Pour ce qui est des activités du nouveau musée et sa pérennité, le président de l’association Imane Atarikh annonce « des animations régulières et permanentes en vue de contribuer à l’éducation patrimoniale, citoyenne, des forums en lien avec la collection, les thématiques d’actualité prônées par le programme de la refondation pour promouvoir la culture à travers les valeurs sociales».
Souley Moutari (ONEP)
