Mme Andy Tonkoino distribuant le programme des confrontations aux officiels
À chaque édition du Kokowa, l’attention du public se focalise essentiellement sur la lutte traditionnelle et ses héros. Pourtant, derrière cette grande organisation se trouvent plusieurs services méconnus, mais indispensables au bon déroulement de la compétition. Parmi eux, figure le service photocopie, souvent négligé, mais qui constitue un maillon essentiel de la chaîne organisationnelle de la lutte traditionnelle. À la tête de ce service se trouve M. Yahaya Madougou, assisté par Mme Andy Tonkoino. Tous deux ont expliqué l’importance et la complexité de ce travail de l’ombre.
Retraité du Ministère de la Jeunesse et des Sports, M. Yahaya Madougou reproduit, depuis plus de 35 ans, le programme des confrontations entre les régions lors des différentes éditions du Sabre national. Avec son assistante, ils s’occupent de toutes les opérations de photocopie et de distribution liées à la lutte traditionnelle. « Pour chaque combat, je réalise entre 100 et 160 copies. Chaque jour, il y a quatre confrontations, ce qui représente environ 640 copies quotidiennes. Sur une durée de dix jours, cela fait près de 6 400 copies », a-t-il expliqué.

Selon lui, le travail se déroule généralement dans de bonnes conditions. La seule difficulté concerne les retards dans la mise à disposition des photocopieuses et du papier. Il a appelé les autorités à accorder davantage de considération à ce service, dont le travail profite à de nombreuses personnes.
De son côté, Mme Andy Tonkoino, journaliste à la Voix du Sahel (RTN), section Gourmantché, et cheffe de bureau langue, a également détaillé son rôle. Forte de ses six participations au Sabre National, elle se charge de distribuer le programme officiel des confrontations interrégionales. « Les techniciens remplissent d’abord une fiche comportant les noms des lutteurs sélectionnés pour chaque combat. Une fois la fiche complétée, je la récupère et je la transmets à mon supérieur, M. Yahaya Madougou, pour la photocopie », a-t-elle expliqué.
Après la reproduction, Mme Andy Tonkoino les distribue. « Je commence par le ministre de la Jeunesse, les gouverneurs des régions, les préfets, les journalistes du public et du privé, ainsi que toutes les personnes directement concernées par la liste », a-t-elle ajouté.
Elle reconnaît cependant que les difficultés ne manquent pas, notamment dans la gestion d’un grand nombre de personnes et de personnalités. « Il y a des gens à qui on donne le programme et qui reviennent ensuite dire qu’ils ne l’ont pas reçu, juste pour créer des problèmes. Je ne leur accorde aucune importance. Il y a aussi des personnes qui ne savent ni lire ni écrire, mais qui insistent pour prendre la fiche. Même si elles insistent, je ne la leur donne pas, car elle ne leur serait d’aucune utilité », a-t-elle affirmé. Elle a tenu à exprimer sa gratitude aux autorités pour la considération accordée à leur travail, pour la bonne organisation et surtout pour la confiance placée en eux. « Ce n’est pas à n’importe qui qu’on confie une telle responsabilité », a-t-elle souligné.
Enfin, elle a attiré l’attention du public sur le fait que le programme des confrontations n’est pas destiné à tout le monde et qu’il est distribué en quantité limitée. Elle a particulièrement invité les personnes ne sachant pas lire à ne pas réclamer un document qui ne leur serait d’aucune utilité. « Ce travail exige énormément de patience, de calme et de sérénité. J’aime ce travail et j’aime mon pays. C’est pour cette raison que je m’y applique avec sérieux et dévouement », a-t-elle conclu.
Assad Hamadou (ONEP)
