Le lieutenant Dan Lady expliquant les actions phares ...
Le site de récupération de terres dégradées de Kabiwa est un terrain communautaire situé à quelques encablures du village de Kassama sur la route de Damagaram-Takaya. Il était totalement dénudé avant la récupération. Les communautés ont sollicité que ce site soit récupéré à travers la réalisation physique de demi-lunes et ensemencé dans la perspective de sa mise en valeur.
Sur le terrain, les actions phares menées sont, entre autres, la réalisation des ouvrages en demi-lunes, l’ensemencement avec des herbacées dans l’optique d’accroître la production fourragère, la plantation d’arbres adaptés aux caractéristiques géophysiques du terrain afin de permettre au site de se régénérer.
C’est un site de 98 ha qui se présente aujourd’hui comme un espace à vocation pastorale. Il est réalisé en 2025 par le Projet de gestion intégrée des paysages sous le régime de cash for work avec le soutien financier de la Banque mondiale et la mise en œuvre de l’ONG CADEL (Comité d’Appui au Développement Local). Les travaux à haute intensité à main d’œuvre ont mobilisé 588 personnes dont 284 femmes, toutes rémunérées à hauteur de 2 000 FCFA par demi-lune réalisée.

Le choix des espèces d’arbres a été fait suivant les propositions faites par les communautés dans la mesure où c’est elles qui connaissent les arbres qui conviennent à leur environnement. Il s’agit, entre autres, de l’acacia seyal, l’acacia Sénégal, l’acacia nilotica, boronia et certains arbres qui ont poussé de façon spontanée. Comme la production fourragère est devenue abondante sur le site, un comité de gestion a été mis en place et la mise en défens est assurée par quatre gardiens recrutés par la communauté. Selon le lieutenant Dan-Lady, un plan d’aménagement et de gestion des sites restaurés sera exécuté. A cet effet, il est prévu de diviser le site en deux parties, l’une pour vendre la paille et l’autre pour collecter les semences.
Une autre activité non des moindres est la lutte contre les feux de brousse sur les sites restaurés à travers la réalisation des bandes pare-feu. Toutes ces actions sont réalisées au bénéfice de la communauté. Avec cette intervention, la couverture herbacée s’est nettement améliorée. Mieux, on constate déjà le retour de plusieurs espèces fauniques telles que les écureuils, les lapins, les pintades sauvages, les outardes et d’autres oiseaux sauvages. La réussite de cette récupération de terres dégradées suscite un intérêt et un engouement auprès des communautés qui suggèrent au chef service communal de l’environnement et au superviseur de l’ONG CADEL une intervention similaire sur un autre site de la commune rurale d’Albarkaram.
Hassane Daouda, Envoyé Spécial
