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Manœuvres de déstabilisation du Niger : Les révélations de l’inspecteur de police Habibou Oumarou Maman

· ONEP NE
Habibou Oumarou Maman
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Les manœuvres sournoises de déstabilisation du Niger conduites par les services de certaines puissances comme la France avec la complicité de certains pays voisins à l’image du Bénin depuis le renversement de leur allié le Président déchu Mohamed Bazoum, ne sont plus qu’un secret de polichinelle. En effet, dans le résumé de l’audition de l’inspecteur de police Habibou Oumarou Maman, diffusé le vendredi 23 octobre 2026 par la Radiotélévision du Niger (RTN), cet officier de police approché par les instigateurs et leurs sponsors livre des informations croustillantes sur les plans funestes des ennemis du Niger fort heureusement déjoués par les services nigériens. Lire, ci-dessous, l’intégralité du témoignage de l’inspecteur de Police Habibou Oumarou Maman.

«Je me nomme Habibou Oumarou Maman. Je suis né le 26 novembre 1990 à Konni, fils de Oumarou Maman et de Aïssa Oumarou. Je suis inspecteur de police en service à la Direction des Ressources Humaines. Je suis titulaire d’une licence en sciences politiques, mariée et sans enfant.

Après la mise en échec d’un projet de déstabilisation qui visait à afficher des tracts de nuit dans les carrefours et à lancer très tôt le matin des manifestations au cours desquelles des tirs devaient faire des blessés, l’exécutant du projet a été arrêté et les autres ont pris la fuite. Le principal commanditaire, le nommé Kader Wilik, ami de Fada qui se trouve actuellement entre le Bénin et le Nigeria, m’avait demandé d’aller récupérer des affiches à Harobanda, près d’un arbre, à proximité du bar Le Manguier. Il m’avait expliqué qu’il avait chargé des jeunes de les afficher et que l’un d’eux avait été interpellé. Il m’avait ensuite demandé soit de les afficher moi-même, soit de lui trouver quelqu’un capable de le faire. J’ai moi-même été arrêté dans le cadre de l’enquête sur ce projet.

Le 26 juillet 2023, je dispensais un cours à l’école de la police. Le commandant du GIPN m’a appelé ; il m’a demandé de me rendre au camp de la Garde Nationale pour participer à une réunion de planification de l’extraction du président Bazoum. J’étais le moins gradé des participants. Ma hiérarchie m’avait désigné pour représenter mon unité, le GIPN. J’étais le seul représentant de cette unité dont les autres éléments étaient maintenus en état d’alerte à leur base. La hiérarchie de la Garde Nationale était également présente. Toute l’équipe montante de la sécurité rapprochée qui devait assurer la relève avait reçu l’instruction de se rendre au camp. Le Colonel Seydina devait quitter Dosso pour prendre le contrôle de l’aéroport. Quelques agents du renseignement de Mohamed Bazoum et des éléments de la Garde Présidentielle devaient fournir des informations sur le dispositif de sécurité.

Ange Chékaraou est un ami. Nous avions l’habitude de boire ensemble, notamment avec d’autres amis. Donc si je continuais à entretenir des contacts avec Ange, c’est parce que j’avais investi dans son entreprise en 2019. J’avais contracté un prêt bancaire pour financer cet investissement. La société a fait faillite et j’ai subi des pertes importantes. Je cherchais donc une occasion de récupérer une somme importante auprès de lui. Lors de notre conversation le 18 février 2025, il était question de remettre ses armes à un juge pour qu’il les revende. Il s’agissait d’un fusil de chasse et d’un petit pistolet automatique.

Sur les missions d’infiltration qu’Ange a confié :

Le 24 février 2026, Ange m’a demandé d’infiltrer trois services : la direction de la législation du ministère des Transports, le secrétariat du SGG et le secrétariat général de ce ministère. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu que c’était destiné à un avocat. Je n’ai entrepris aucune demande en ce sens.

Le 25 mars 2026, Ange m’a parlé d’un avocat qui souhaitait obtenir des documents relatifs au dossier Bolloré. À l’époque de ma suspension, mon épouse était malade et je ne travaillais pas. J’ai reçu un lien vers une offre d’emploi au SOS et j’ai demandé à Ange s’il connaissait le responsable car j’avais besoin de travailler.

Le 29 octobre 2025, Ange m’a présenté Mme Garnier de nationalité française. Elle est directrice générale de la société ISAO : Intelligence, Sécurité, Analyse et Opération. Je travaille actuellement pour cette société dont l’unique client est, d’après ce que j’ai constaté, le groupe CFAO. Je me trouvais dans un bar situé à proximité de l’Arène de Lutte lorsque j’ai entendu une personne assise à la table voisine dire que l’épouse d’une haute personnalité était hospitalisée dans une clinique de la place.

J’étais en état d’ivresse lorsque je lui ai rapporté cette information, même si je lui ai dit que je pouvais l’enlever ou la tuer. Je ne serais jamais capable de le faire. Je reconnais que le 27 février 2026, Ange m’a demandé de localiser le Colonel Pascal Tigri. L’opération consistait à le localiser puis à organiser son exfiltration. Ange m’a dit que l’opération lui avait été confiée par le directeur des opérations de la DGDSE du Bénin. Selon lui, ce responsable avait promis qu’en cas de réussite, ceux qui seront chargés de l’exfiltration seront accueillis à la Présidence du Bénin avec de nombreux avantages.

Le 9 mars 2026, Ange m’a précisé ce qui était promis à chacun en cas de succès : 50 millions de francs CFA, des passeports diplomatiques béninois et des nominations comme chargés de mission. Je lui ai répondu que ces avantages ne m’intéressent pas, mais que je pouvais lui fournir des personnes capables de réaliser l’opération. En réalité, les Béninois ont remis cinq (5) millions à Ange comme frais de recherche. Il ne nous en a envoyé que deux (2) millions et a détenu les trois (3) millions restants. J’ai récupéré ces 2 millions le 9 mars 2026 au grand marché de Niamey par l’intermédiaire d’un certain Zakou qui me les a remis de la part de Moumouni Cotonou. Plusieurs personnes travaillaient à la Présidence et un ancien agent des services de renseignement de l’ancien conseiller de sécurité de Bazoum, M. Sidikou Salifou, sont mes sources relativement à cette affaire.

David est le pseudonyme que ce serait attribué le directeur des opérations de la DGDSE du Bénin. Je l’ai rencontré dans un bar à Malanville, à environ 50 mètres à droite de la route goudronnée. Étaient présents David et Ilou, un officier de police béninois que j’avais rencontré au cours d’une formation en 2021. J’étais accompagné par un policier qui ignorait tout de cette affaire. David m’a dit avoir envoyé à Ange cinq (5) millions comme frais de recherche pour localiser le Colonel Pascal Tigri et ses hommes au Niger. Au cours de nos échanges, j’ai compris que mon interlocuteur n’était probablement pas le directeur des opérations lui-même, mais une personne envoyée par lui pour nous rencontrer.

Après la rencontre, il m’a remis 200 000 francs CFA pour mon transport dont j’ai donné 100 000 à mon accompagnant. Le 5 juillet 2025, je suis allé à Sokoto rendre visite à mon cousin. J’y ai rencontré le sénateur Aliyou que j’ai connaissais depuis l’époque où Sidikou exerçait ses fonctions. Je lui ai demandé son aide dans l’éventualité d’un coup d’Etat et il m’a répondu qu’il ne souhaitait pas s’impliquer.

Khalel Kenza s’appelle en réalité Safia Amoumoun. C’est l’épouse d’un ami et nous avions fréquenté la même université. C’est elle qui voulait obtenir mon numéro pour recueillir des informations sur ces événements. Le 29 août 2026, elle m’a transmis le numéro de Dany Takoubakoy. Celui-ci voulait aussi savoir qui était à l’origine de ces événements. Il m’a dit que la communauté internationale souhaitait apporter son soutien, mais qu’il fallait d’abord entrer en contact avec la personne à l’origine des événements. À la base 101, j’ai demandé à un policier qui était à la manœuvre ? Il m’a répondu qu’il ne savait rien, mais que la situation était sous contrôle.

Mahmoud Salah m’a écrit une fois pour me proposer de rejoindre son mouvement. Je lui ai répondu que j’étais disponible. Quant au renforcement de ce mouvement, il s’agit de personnes qui me font confiance. Je leur communique seulement des informations sans fondement. J’ai rejoint le groupe de la communauté ADS uniquement pour suivre les informations qui y sont publiées. Son administratrice, Mayra Djibrine est une amie. ».

Propos enregistrés de Ange Chékaraou, tel que diffusés dans le témoignage

« OK, Ok, Habibou. Je compte sur toi. On doit réussir la mission. Si vous réussissez cette mission, vous êtes sauvés. Les gars-là sont prêts à mettre la main dans leur poche. Ils ont promis 20 millions à chacun d’entre eux. Mais ils ont dit qu’ils allaient avoir 50 millions. Si vous voulez vous pouvez rester au Bénin ; vous pouvez aussi aller à l’étranger. En tout cas, vous serez sous protection diplomatique du Bénin à 100%. Il faut que tu dises ça aux gens. ».

Script : ONEP