La commercialisation de certains légumes est l’apanage des femmes
Deux semaines après le début du jeûne de Ramadan, on constate la disponibilité des légumes sur les différents marchés de Niamey, au Petit marché comme au marché Dolé, connu pour la vente de légumes. Les étals sont remplis de produits frais. Pourtant, derrière cette abondance apparente, une réalité inquiète les ménagères et les commerçants : les prix de certains légumes sont excessifs, particulièrement le piment frais, la tomate, l’oignon et le concombre. Selon les revendeurs, cette cherté est liée à la rareté liée aux difficultés d’approvisionnement.
Pendant ce mois, période de grande consommation de légumes, les vendeurs se frottent les mains. Sur les marchés de Niamey, certains produits connaissent une hausse de prix. L’on constate une ambiance extraordinaire entre les revendeurs et les clients venus faire le plein de leurs paniers. Ces légumes sont des éléments incontournables dans la cuisine nigérienne. Au marché Dolé, l’un des plus connus pour la vente de légumes dans la capitale, l’activité bat son plein. Dès l’entrée, le client est accueilli par une variété de couleurs telles que le rouge brillant des tomates, le vert vif des piments et des concombres et l’orange des carottes. Sous les hangars ou sous de grands parasols, des commerçants, hommes et femmes, sont assis derrière des étals soigneusement garnis de condiments frais.

Rencontré le mardi 3 mars 2026 au marché de Dolé, Aboubacar Dan Maradi, un commerçant connu pour la vente d’oignons en gros comme en détail, explique que c’est un produit phare de la consommation locale en provenance de plusieurs régions du pays. « Actuellement, nous recevons surtout l’oignon de Tahoua et la provenance des oignons influence surtout leur prix, et dans certains cas, leur qualité », précise-t-il. Chez ce commerçant, le sac de 50 kilogrammes d’oignons se vend actuellement à 12 000 FCFA. « Avant même le mois de Ramadan, il était vendu à 12 500 FCFA. Si nous l’obtenons à un prix abordable, nous ajoutons en moyenne 1 000 FCFA par sac pour couvrir nos charges », ajoute-t-il.
Le commerçant souligne toutefois que l’activité n’est pas sans difficulté. L’importation d’oignons depuis le Nigeria, dit-il, engendre des coûts importants liés au transport et aux tracasseries routières. « Quand nous commandons du Nigeria, nous pouvions dépenser plus de 500 000 FCFA sur la route, sans reçu. Nous sommes alors obligés d’inclure ces frais dans le prix de vente », confie-t-il.
Une question d’irrégularité de l’approvisionnement
Aboubacar Dan Maradi explique qu’aujourd’hui, les vendeurs privilégient la production nationale quand elle est disponible. « Tant que l’oignon du Niger est accessible, nous ne prenons pas celui du Nigeria, qui revient plus cher. Ce n’est qu’en cas de rupture que nous nous tournons vers l’extérieur. Si la production nationale couvre les besoins de la population, le prix restera abordable », estime-t-il.
Un autre commerçant du marché Dolé, Mahamadou Zarimi, confirme cette tendance haussière sur certains produits. Il vend notamment des tomates, des oignons, des poivrons, du piment frais et des carottes. « Nous nous ravitaillons ici même, auprès des grossistes du marché de Dolé », explique-t-il. D’après lui, le sac d’oignons se négocie à 12 000 FCFA, tandis que celui du poivron coûte environ 8 000 FCFA. Le prix de la tomate, en revanche, varie selon la qualité. « Le carton est à 8 000 FCFA actuellement. Quant au piment frais, il a beaucoup augmenté : au début, le sac se vendait à 12 000 FCFA, mais aujourd’hui, il se négocie à 18 000 FCFA », détaille-t-il. Pour lui, la principale cause de cette augmentation reste la rareté des produits sur le marché.
M. Ouzairou, également revendeur de légumes au marché Dolé, partage le même constat. Selon lui, l’irrégularité des approvisionnements joue un rôle déterminant. « Si les produits n’entrent pas tous les jours, cela entraîne automatiquement une hausse des prix », affirme-t-il. Il cite l’exemple de la tomate : « le 3 mars, le carton est à 8 000 FCFA, alors qu’au début, il se vendait à 5 000 FCFA. » Le sac d’oignons, qui coûtait 8 000 FCFA au départ, celui d’Agadez, mais aujourd’hui celui de Tahoua se négocie désormais à 12 000 FCFA. Quant au poivron, le sac de 100 kilogrammes est à 8 000 FCFA, avec des variations selon la qualité.
La situation n’est guère différente pour l’ail. Boubacar, vendeur de ce produit indique que les prix ont également augmenté. « Je me ravitaille ici au marché Dolé. Le sac d’ail, en provenance du Nigeria, m’a coûté 56 000 FCFA. La vente se fait ensuite au détail : la tasse se négocie entre 3 500 et 4 000 FCFA. Pour s’adapter au pouvoir d’achat des clients, je propose parfois de petits tas à 50 ou 100 FCFA », a-t-il déclaré. Cependant, malgré la hausse des prix, il constate un ralentissement des ventes. « Les clients se font rares. Nous avons des difficultés d’écoulement, surtout ces derniers jours avant le Ramadan », déplore-t-il.

Abdoul, un autre commerçant rencontré au marché Dolé, évoque également l’évolution des prix du chou, du concombre et de l’aubergine. Selon lui, le grand sac de chou peut atteindre 25 000 FCFA, tandis que le petit sac de 50 kilogrammes, produit au Niger, se vend à 7 500 FCFA. Le concombre connaît une hausse spectaculaire. « Au début, il se négociait à 5 000 FCFA, mais aujourd’hui, il est à 18 000 FCFA le sac », affirme-t-il. En revanche, l’aubergine affiche une légère baisse, se vendant entre 9 000 et 10 000 FCFA.
Du côté de la pomme de terre, M. Illias indique que la marchandise provient principalement de Balleyara. « Nous achetons le kilogramme entre 300 et 350 FCFA pour le revendre entre 400 et 450 FCFA », précise-t-il.
Au petit marché de Niamey, M. Roufaye fait le même constat concernant le piment frais. « Le sac se négocie à 18 000 FCFA. Nos clientes ont parfois du mal à comprendre cette hausse. Le carton de tomate est également à 8 000 FCFA, avec des variations selon la qualité. La carotte produite au Niger se vend autour de 5 000 FCFA le sac », a-t-il annoncé.
Les consommateurs, entre adaptation et inquiétude
Pour les consommateurs, cette situation suscite des inquiétudes, même si certains la minimisent. Rabia, une jeune dame rencontrée au marché Dolé, estime que, malgré la hausse de certains produits, les ménagères peuvent toujours s’adapter. «Le marché Dolé est un repère pour les légumes. Pendant le Ramadan, les prix de certains produits augmentent, mais on peut se ravitailler selon nos moyens », explique-t-elle.
Mme Adama, une autre dame d’une cinquantaine d’années, rencontrée devant un commerçant de légumes en train de discuter les prix, explique qu’elle est venue se ravitailler au marché Dolé comme à son habitude. « Nous avons observé une augmentation des prix de presque tous les produits que nous achetons et cela touche beaucoup notre budget », se plaint-elle.
Rabi I.Guero (ONEP)
