Le Niger veut planifier son énergie sur des bases scientifiques. C’est tout le sens de l’atelier de formation sur l’outil « MESSAGE » de l’Agence Internationale de l’énergie atomique, ouvert hier, 26 octobre 2026 au siège de la Haute autorité nigérienne à l’énergie atomique. Inscrit dans le projet NER 2007, cet atelier qui se tient du 26 au 6 Novembre 2026, doit actualiser l’étude de 2014 qui fait du nucléaire une option crédible pour la souveraineté énergétique à l’horizon 2030. L’ouverture des travaux a été placée sous l’égide du secrétaire général adjoint du Ministère de l’Énergie, M. Yagi Hakimi Salifou, en présence du secrétaire général par intérim de la HANEA, Dr Arouna Saley Hamidou, et de l’expert international de l’AIEA, Dr Chochri Zammali.
Dans son allocution d’ouverture, M. Yagi Hakimi Salifou a salué l’excellence de la coopération entre le Niger et l’AIEA. Il a rappelé que c’est grâce à cet appui que le Ministère de l’Énergie a réalisé en 2014 l’étude d’évaluation de la demande et de l’offre énergétique pour la période 2010-2035 à l’aide des modèles MESSAGE et MAED (Modèle d’Analyse de la Demande Energétique). Une étude qui a conclu que l’électricité d’origine nucléaire constitue une option crédible pour le Niger à l’horizon 2030 et qui a motivé l’engagement du pays dans un programme électronucléaire.
Le secrétaire général Adjoint du Ministère de l’Énergie a souligné que le secteur a depuis connu des avancées majeures, tant sur le plan politique et juridique que technique, avec l’adoption d’une Politique Nationale Énergétique prenant en compte l’ensemble des sources d’énergie, y compris l’uranium, pour garantir la sécurité d’approvisionnement et la souveraineté en énergie électrique. L’évaluation de la phase 2 du programme électronucléaire, conformément à l’approche par étapes de l’AIEA, est d’ailleurs prévue pour l’année prochaine.
M. Yagi Hakimi Salifou est revenu sur l’objectif de l’atelier qui, a-t-il indiqué, est de permettre aux participants de se familiariser avec l’interface de MESSAGE, les différentes technologies, le Système Énergétique de Référence (SER) et les données requises avant des séances pratiques basées sur les données nationales. Il les a exhortés à l’assiduité pour contribuer efficacement à la mise à jour de l’étude nationale.
Pour sa part, le SG/PI de la HANEA, Dr Arouna Saley Hamidou, a insisté que cet atelier est le fruit du projet de coopération technique NER 2007 « Développement de l’Infrastructure Électronucléaire du Niger », dont le Plan de Travail Intégré 2026-2028 prévoit deux formations sur les outils MAED et MESSAGE. Il a assuré les participants du soutien de la HANEA, point focal de la coopération avec l’AIEA.
En amont, l’expert de l’AIEA, Dr Chochri Zammali, a expliqué que face à une demande croissante d’électricité, à l’impératif de sécurité d’approvisionnement, de maîtrise des coûts et de réduction des émissions, une stratégie rigoureuse basée sur des scénarios comparés s’impose. C’est précisément le rôle de MESSAGE, qui permet de modéliser le système énergétique et d’évaluer objectivement plusieurs scénarios sans privilégier une technologie à priori. Il a enfin souligné que cette planification est une exigence de la phase 1 de l’approche Milestones de l’AIEA, préalable à toute décision sur l’introduction du nucléaire, y compris les petits réacteurs modulaires, dans le mix énergétique.
Rahila Tagou (ONEP)





