Le ministre en charge de la Justice échangeant avec les responsables du TGI Hors Classe de Niamey
Dans le cadre des visites qu’il a entreprises il y a quelques semaines, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, était hier jeudi 5 mars 2026 dans les locaux du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey. Il a été accueilli par le président dudit tribunal, M. Mamane Manirou, entouré d’autres responsables de cette juridiction.
Aussitôt, la délégation ministérielle a visité certains bureaux, dont celui du procureur de la République, le cabinet du président du tribunal, celui du doyen, le pôle judiciaire spécialisé ainsi que le cabinet du chef des greffiers, afin de constater les conditions de travail des agents.
Après ces visites des locaux, le ministre Alio Daouda a eu des échanges avec ses collaborateurs dans la salle d’audience du tribunal, au cours desquels il a rappelé qu’il en est à la 7ème étape de ses visites dans le ressort de la Cour d’appel de Niamey, concernant particulièrement les juridictions de la région. « Comme indiqué lors de mes précédentes étapes, la visite est principalement motivée par le constat qui se dégage du fonctionnement de notre appareil judiciaire dans son ensemble, nous interpellant et appelant de notre part la prise des mesures nécessaires pour y remédier, dans un esprit de responsabilité et de compréhension mutuelle », a fait savoir le ministre Alio Daouda. Le ministre en charge de la Justice a également expliqué que l’objectif principal de ces rencontres est d’assurer une meilleure offre du service public de la justice, conformément à l’esprit de la refondation de la République et aux hautes orientations du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Il s’agira spécifiquement de s’enquérir du fonctionnement des services judiciaires et pénitentiaires, d’identifier les principales difficultés de fonctionnement auxquelles sont confrontés ces services et d’envisager des solutions y afférentes à court, moyen et long termes. Il s’agira également de rappeler les règles d’éthique et de déontologie qui gouvernent ces métiers ainsi que les obligations qui en découlent pour une bonne administration de la justice dans un contexte de refondation, et d’appeler à un changement total de comportement compatible avec les exigences de la refondation prônée par les plus hautes autorités du pays.
Les échanges entre le ministre Alio Daouda et ses collaborateurs ont également porté sur le fonctionnement des juridictions, notamment le traitement des dossiers, les rapports de travail et de collaboration entre les différents acteurs de la justice, le contrôle hiérarchique, les comptes rendus à différents niveaux, les relations avec les justiciables et plus largement avec les usagers du service public de la justice, la tenue des assemblées générales, la bonne gestion des autorisations de dépenses dans un contexte de gestion rationnelle des ressources, le respect des horaires de service ainsi que la tenue régulière des audiences.
À cela s’ajoutent l’observance des règles d’éthique et de déontologie dans le traitement des dossiers et dans le comportement quotidien des acteurs de la justice, le rôle de la justice dans un contexte de refondation et de mobilisation générale pour la sauvegarde de la patrie, la performance du travail judiciaire et la production de données statistiques, la mobilisation des ressources à travers le recouvrement des frais de justice et particulièrement des amendes pénales, ainsi que la gestion des biens saisis et confisqués.
En somme, le ministre en charge de la Justice a partagé avec ses collaborateurs un certain nombre de préoccupations, de constats et de dysfonctionnements sur la base du vécu, des rapports et des témoignages qu’il reçoit, ainsi que des plaintes et des dénonciations des usagers du service public de la justice qui parviennent à son cabinet.
Pour sa part, le président du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, M. Mamane Manirou, a porté à la connaissance du public quelques résultats chiffrés auxquels le tribunal est parvenu grâce aux efforts conjugués de tous. « Au cours de l’année 2025, un travail considérable a été abattu par les collègues malgré l’insuffisance des moyens humains et matériels. J’en veux pour preuve les résultats atteints au siège civil avec le jugement de 781 affaires, et au correctionnel 258 affaires jugées par la chambre du pôle antiterroriste ayant concerné 497 personnes », a-t-il ajouté.
M. Mamane Manirou a mentionné également que dix sessions de la chambre criminelle, dont une pendant les vacances judiciaires, ont été organisées, ce qui a permis de juger 202 dossiers concernant 309 accusés. Il a ainsi félicité ses collègues pour ces résultats tout en les exhortant à poursuivre leurs efforts avec professionnalisme et responsabilité en cette ère de refondation.
Parlant de mobilisation des ressources, le président du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey a souligné qu’au cours du mois de novembre 2025, une audience spéciale de confiscation de près de 400 motos a permis d’organiser des ventes publiques aux enchères et de générer d’importantes ressources pour l’État.
De son côté, le procureur de la République, M. Ousmane Beido, a indiqué qu’à la date du 4 mars 2026, au titre du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey et de ses deux chambres spécialisées, 3 082 prévenus ont été enregistrés, dont 2 511 cas en cours de traitement et 511 en attente de jugement.
Par rapport aux efforts faits pour satisfaire les justiciables, il a ajouté que, depuis un an, deux boîtes à suggestions ont été mises en place, l’une à l’extérieur du tribunal et l’autre à l’intérieur, afin de permettre aux justiciables de donner leurs avis sur le fonctionnement du tribunal.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
