Le ministre Alio Daouda s’adressant au personnel judiciaire du TAC 3 de Niamey
«Qui aime bien châtie bien », dit-on. C’est dans cette posture que le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a entamé une visite dite « technique, procédurale et administrative » dans les juridictions du ressort de Niamey. Ainsi le ministre s’est rendu, le jeudi 19 février 2026, au Tribunal d’Arrondissement Communal (TAC) Niamey 3. L’objectif général de cette visite est de garantir une meilleure offre de service public de la justice, conformément à l’esprit de la refondation de la République et aux orientations de S.E. le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Comme lors des étapes précédentes, le ministre est arrivé très tôt le matin dans les locaux du Tribunal d’Arrondissement Communal Niamey 3, où il a visité les différents services et compartiments du tribunal. Le ministre et sa délégation ont ensuite rencontré l’ensemble des acteurs dudit tribunal pour des échanges constructifs sur la situation de l’appareil judiciaire et particulièrement celle du TAC Niamey 3.
En cette matinée, la salle d’audience du Tribunal d’Arrondissement Communal Niamey 3 ressemblait à un amphithéâtre où des enseignants animent une conférence ou des cours magistraux sur les principes de base qui concourent au bon fonctionnement et à l’offre d’un service public de la justice. Entouré de ses proches collaborateurs, le ministre a échangé directement avec les acteurs sur les préoccupations du moment et les mauvaises pratiques qui entravent le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire. « Cette sortie est différente des visites classiques. Cette visite est technique, procédurale et administrative, car elle permet de trouver ensemble des solutions à certaines difficultés. Cette visite vise également à permettre aux chefs de juridiction de reprendre le contrôle des juridictions dans tous les sens, parce que nous avons constaté que le contrôle qui est exercé actuellement est très insuffisant. Je dirais qu’il y a un laisser-aller », déplore le ministre de la Justice.
« Le constat qui se dégage du fonctionnement de l’appareil judiciaire nigérien dans son ensemble nous interpelle et appelle de notre part la prise des mesures nécessaires pour y remédier, dans un esprit de responsabilité et de compréhension mutuelle », a déclaré M. Alio Daouda. Parmi les problèmes récurrents évoqués à cette étape figurent ceux liés aux « comportements » de certains acteurs, caractérisés par un manquement grave à la déontologie judiciaire et des abus en violation flagrante des principes établis dans la profession. Ainsi, le Garde des Sceaux a insisté sur la nécessité de respecter les règles d’éthique et de déontologie qui gouvernent les métiers de la justice, ainsi que les obligations qui leur incombent pour une bonne administration de la justice dans un contexte de refondation. Il a également appelé à un changement total de comportement compatible avec les exigences de la refondation prônée par les plus hautes autorités du pays. « Si aujourd’hui on critique l’appareil judiciaire, il ne faut pas s’offusquer, mais chercher à comprendre », a lancé le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Chargé des Relations avec les Institutions.
Le ministre Alio Daouda est largement revenu, pour lever toute équivoque sur la question de l’indépendance qui pousse certains acteurs de la justice à adopter des comportements inappropriés. « L’indépendance du juge dont on parle, c’est quand vous êtes respectueux de la loi et quand vous décidez dans votre cabinet. Mais administrativement, le juge est un fonctionnaire de l’État qui le recrute, qui le forme, qui paie son salaire, qui assure sa protection, etc. L’indépendance dont on parle est relative. Un juge doit être indépendant vis-à-vis de lui-même, vis-à-vis de sa famille, vis-à-vis de la société et vis-à-vis des justiciables avant d’être indépendant vis-à-vis de l’État », a insisté le ministre avant d’inviter les acteurs de l’appareil judiciaire à se ressaisir et à travailler conformément à la loi.
Abdoul-Aziz Ibrahim (ONEP)
