Photo de famille des participants à l’issue de l’atelier
Ouvert le 31 décembre 2025, l’atelier de pré-évaluation de la campagne agropastorale 2025 a pris fin à Maradi. Le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, Mamane Elhj Ousmane, a présenté les résultats obtenus cette année sur le plan agricole et pastoral, ainsi que les accompagnements que l’Etat entend apporter à ces deux secteurs. La récolte céréalière issue de la production pluviale est estimée à 4 547 213 tonnes pour un besoin de 4 854 451 tonnes, soit un déficit de 307 239 tonnes.
La campagne 2025 a démarré dans des conditions globalement normales. Au 31 juillet 2025, l’installation définitive de la campagne agricole était effective dans 99% des villages agricoles suivis. Toutefois, 149 Villages n’ont pas connu de semis, dont 126 pour cause d’insécurité dans les régions de Tillabéri et Diffa, et 23 villages dans la région d’Agadez en raison de l’insuffisance des écoulements d’eau dans les koris.
Sur le plan pastoral, l’installation de la campagne a été observée à partir de la première décade de juin avec l’apparition du tapis herbacé, bien que des zones à faible production soient enregistrées dans l’ensemble de la zone pastorale.
Dans le cadre des préparatifs de la campagne agropastorale 2025, et afin de soutenir les efforts des producteurs, l’Etat et ses partenaires ont mis à disposition divers appuis dont, 2 382 tonnes de semences toutes espèces confondues, 4 966 tonnes d’engrais, 37 000 litres de pesticides, 2,5 tonnes de semences fourragères, 28 tonnes d’engrais pour les cultures fourragères et 13,5 millions de doses de vaccins. Sur le plan phytosanitaire, la lutte biologique contre la mineuse de l’épi du mil a permis de protéger 2 383 024 ha. Cependant, la campagne 2025 a été marquée par d’importantes inondations ayant occasionné des dégâts considérables sur les infrastructures hydrauliques, les habitations, les jardins, les champs de cultures, le cheptel et des pertes en vies humaines.
Au plan agricole, quatre régions sont excédentaires, à savoir Dosso, Maradi, Tahoua et Zinder. Les autres régions présentent un déficit, traduisant une faible couverture des besoins céréaliers de leurs populations.
Le Ministre de l’agriculture et de l’Elevage, Mamane Elhj Ousmane a précisé que les résultats de cette campagne montrent que, malgré les contraintes climatiques, économiques et logistiques, une dynamique positive a été maintenue dans plusieurs filières, notamment le riz avec un accroissement de la production de plus de 30% comparativement à l’année 2024. Toutefois, il reconnait que des défis persistent au niveau de l’accès aux intrants agricoles au moment opportun, l’accès à l’eau pour l’irrigation, la modernisation des équipements, la résilience face aux changements climatiques et la valorisation des produits sur les marchés.
Au plan pastoral, trois (03) régions enregistrent un bilan fourrager excédentaire, à savoir Agadez, Maradi et Zinder, tandis que les cinq (05) autres sont déficitaires. Le disponible fourrager est estimé à 35 409 326 tonnes de matières sèches, pour un besoin de 38 157 105 tonnes, soit un déficit de 2 747 781 tonnes. Aussi, la vaccination contre la PPCB, la PPR et la pasteurellose cameline a touché 7 355 207 têtes de bovins, 17 295 379 têtes de petits ruminants et 208 287 camelins.
Le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage a rassuré que son Ministère a d’ores et déjà élaboré un plan d’accompagnement en faveur des pasteurs, agropasteurs et agriculteurs, visant à maintenir le cheptel dans un état physique satisfaisant et à renforcer la production des cultures irriguées et de décrues. « C’est pour pallier le déficit céréalier enregistré, nous venons de lancer officiellement la campagne des cultures irriguées avec la mise à disposition aux producteurs de 15 milles tonnes d’engrais minéraux, autres intrants et matériels agricoles pour atteindre une production brute de plus de 8 millions de tonnes », a dit le ministre. Il a ajouté que c’est conscient de cet enjeu que l’ordonnance portant Loi des Finances pour l’année budgétaire 2026 consacre le secteur agropastoral comme un levier majeur de développement économique et social. Pour lui, ce choix traduit une volonté politique forte pour investir dans l’agriculture, l’élevage, et les filières agropastorales afin de stimuler la croissance, renforcer la sécurité alimentaire et créer des emplois durables.
Ce projet d’ordonnance a mis l’accent sur trois (03) points essentiels du secteur agropastoral, notamment le dynamisme du secteur grâce à la mise en œuvre du programme de soutien à la campagne agricole et pastorale et une intensification des cultures irriguées ; la poursuite de la mise en œuvre des grands projets, la généralisation et l’intensification de la production irriguée et le développement des zones économiques spéciales, notamment les zones agro-industrielles de Niamey et de Maradi.
Le ministre a exprimé sa profonde gratitude à l’endroit des autorités administratives et traditionnelles au niveau régional et local, aux producteurs, aux techniciens, aux partenaires techniques et financiers pour leur appui constant et multiformes aux secteurs de l’Agriculture et de l’Elevage.
Tiémogo Amadou, ONEP Maradi
