Marché de céréales au Niger
Après un début d’année caractérisé par des niveaux de prix élevés, les marchés se stabilisent dès le deuxième trimestre et enregistrent une nette baisse au second semestre. En décembre 2025 en comparaison annuelle, les prix ont fortement baissé. Ainsi, le mil -23 %, le maïs -31 %, le sorgho -25 %, le riz importé -25 %, le niébé -15 %, reflétant une amélioration générale des marchés. Le coût moyen du panier alimentaire (MEB) diminue significativement, passant de 43 346 FCFA en janvier, à 39 040 FCFA en août, puis 32 868 FCFA en décembre 2025, améliorant ainsi le pouvoir d’achat.
Malgré une baisse nationale, la vie reste plus coûteuse à Agadez, Tillabéri et Diffa en raison de l’insécurité, de l’éloignement des zones de production et des coûts logistiques élevés. Le ratio bouc/mil a augmenté de 0,67 en janvier, à 1,10 en décembre ; les échanges niébé/mil et oignon/mil deviennent également plus favorables pour les producteurs de cultures de rente, renforçant la capacité d’achat des ménages agropastoraux.
Selon le Rapport annuel conjoint du Système d’Information sur les Marchés Agricoles (SIMA) et le Programme Alimentaire mondial (PAM) Mondial (PAM), l’interdiction d’exportation de certaines denrées (mil, sorgho, maïs, niébé et riz), la reconstitution des stocks stratégiques et les mesures de sécurisation des flux commerciaux ont contribué à équilibrer les marchés en termes de demande et d’offre et stabiliser les prix.
Pour situer le contexte, ce document souligne l’importance de la performance exceptionnelle de la campagne agricole 2024, qui a largement contribué à façonner l’évolution des marchés en 2025. La production céréalière nationale a atteint 5,9 millions de tonnes, soit 16% au-dessus de la moyenne quinquennale. Cette bonne campagne a permis d’améliorer l’offre domestique en 2025, créant un contexte initial plus favorable et exerçant une pression modératrice dès le premier trimestre 2025.
Cette source souligne que les marchés alimentaires ont ainsi évolué en 2025 dans un contexte marqué par la poursuite des mesures gouvernementales de régulation destinées à stabiliser l’approvisionnement national et à contenir la volatilité des prix. L’interdiction d’exportation des principales denrées (mil, sorgho, maïs, niébé et riz) instaurée en 2024.
Ce rapport SIMA-PAM remarque que l’analyse rétrospective de l’année 2025 met en évidence une évolution globalement favorable de la situation des marchés alimentaires au Niger, marquée par une normalisation progressive après les fortes tensions observées en 2024. Après un début d’année sous pression caractérisé par des prix élevés, un coût du panier alimentaire supérieur au seuil de référence et des termes de l’échange défavorables, les marchés ont graduellement retrouvé un fonctionnement plus fluide à partir du second semestre.
Cette amélioration repose en grande partie, d’après cette source, sur le rôle central joué par les politiques publiques, notamment les mesures de régulation des exportations céréalières, la reconstitution des stocks stratégiques et les opérations de sécurisation de l’approvisionnement des marchés. Ces interventions, combinées à une amélioration de la disponibilité des denrées, ont permis de modérer la volatilité des prix, y compris durant la période de soudure, et de soutenir l’accessibilité économique des ménages.
L’année 2025 a également mis en évidence la résilience globale des marchés, capables de s’adapter aux contraintes sécuritaires et logistiques grâce à la diversification des circuits d’approvisionnement et à l’ajustement des comportements des acteurs commerciaux. Toutefois, cette résilience demeure hétérogène, avec des disparités régionales persistantes, en particulier dans les régions d’Agadez, et Tillabéri, où l’insécurité, l’éloignement des zones de production et les coûts de transport continuent de peser sur les niveaux de prix et le coût du panier alimentaire.
Dans l’ensemble, 2025 peut être qualifiée d’année de transition et de rééquilibrage, au cours de laquelle les marchés sont progressivement passés d’une situation de stress généralisé à des conditions plus proches des normes saisonnières, tout en restant sensibles aux chocs.
Perspectives et enjeux pour l’année 2026
À l’orée de 2026, plusieurs risques et opportunités sont à considérer pour l’évolution future des marchés alimentaires.
Le rapport SIMA-PAM note entre risques potentiels dont la persistance de l’insécurité dans certaines zones, susceptible de perturber les flux commerciaux, d’augmenter les coûts logistiques et de réduire l’accès physique aux marchés, puis, les chocs climatiques liés à une pluviométrie erratique ou à des événements extrêmes, pouvant affecter la production agricole et la reconstitution des stocks, ensuite les pressions sur les échanges transfrontaliers, en fonction de l’évolution du contexte régional et des politiques commerciales des pays voisins, susceptibles d’influencer la disponibilité intérieure des denrées.
En termes d’opportunités à court et moyen termes, ce rapport prévoit une bonne base de stocks héritée de la campagne agricole 2025-2026, offrant un socle favorable pour le maintien d’un approvisionnement suffisant des marchés, puis la poursuite de niveaux de prix modérés, si les conditions de sécurité et de fluidité des échanges sont maintenues, ensuite la possibilité d’un ajustement plus fin des transferts monétaires, tenant compte de la baisse du coût du panier alimentaire et des disparités régionales, afin d’améliorer l’efficacité et la couverture des interventions d’assistance.
Quant à la perspective opérationnelle, le rapport SIMA et PAM indique que le maintien d’un suivi étroit des marchés demeure essentiel pour anticiper d’éventuels retournements de tendance, et adapter les réponses. L’enjeu pour 2026, sera de consolider les acquis de 2025, tout en renforçant les mécanismes de prévention et de réponse dans les zones à risque. Une approche différenciée, articulant politiques publiques, interventions fondées sur les marchés et systèmes d’alerte précoce, permettra de soutenir durablement la sécurité alimentaire et la résilience des ménages.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
