vendredi 6 novembre 2026

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Vente, transformation et consommation du soja à Niamey : Une activité qui génère des revenus  et de nouvelles habitudes alimentaires

· ONEP NE
Graines de soja
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Le soja ou waken awara, en langue haoussa est une petite graine ronde de couleur jaune, avec un goût délicieux, très riche selon les spécialistes en protéines, glucides, et vitamines. Transformé souvent en plusieurs aliments, la consommation du soja sous forme de  awara, ‘’dan kamass ou chips’’, fromage de soja, ou lait est de plus en plus répandue à Niamey.

Assis devant sa boutique, Atto Ibrahim est vendeur du soja depuis quinze ans. Il explique que le produit lui provient du Nigeria et du Bénin. « Nous avons actuellement celui du Nigeria, celui du Bénin est en rupture depuis un certain temps. Le prix est de 38 000 FCFA pour le sac du soja importé du Nigeria, et 45 000 FCFA celui qui provient du Bénin. En ce qui concerne la vente au détail, le prix de la tasse est de 1100 FCFA, 550 FCFA, la moitié de la tasse », a-t-il précisé.

Mais ce commerçant évoque une hausse considérable du prix de produit,  et les clients préfèrent partir au marché de Katako pour en acheter.

Transformation de soja en awara, chips ou dan kamass.

Mère âgée de 37 ans, Halima Ibrahim est vendeuse de awara depuis cinq ans. Grâce à cette activité, elle a réussi à améliorer ses conditions de vie. « Cette activité génératrice des revenus me permet de satisfaire dignement mes besoins et ceux de ma famille. Je vends chaque matin à partir de 8h ;  j’ai appris ce métier avec une tante. J’ai commencé avec un petit budget », a-t-elle confié.

Halima explique également qu’elle s’approvisionne au marché de Katako. « Je paye le sac de soja et une fois la préparation de awara terminée, je vends ça en petits morceaux à partir de 25 FCFA ; je suis assistée par mes enfants, et après chaque vente j’économise une part des recettes afin de développer mon activité », affirme-t-elle avec fierté.

Rencontrée au marché de Tondibiya, Hadjara Amadou âgée d’une cinquante d’année, est vendeuse de chips de soja ou dan kamass depuis plus de 10 ans. Elle fabrique le produit selon un processus qu’elle maîtrise bien.  Hadjara a également confié qu’elle assure le frais de scolarité de ses enfants grâce à cette activité. « Nous vendons la tasse à 1000 FCFA, et le sac de 35 tasses à 30000 FCFA, c’est un business vraiment rentable dans la mesure ou on arrive à écouler en grande quantité le produit que j’amène au marché de Tondibiya. Souvent, nous vendons tout dans le quartier, et nous recevons aussi des commandes », a-t-elle affirmé, appelant les jeunes à avoir le courage et la patience de mener une activité qui peut rapporter.

Mme Zalifa, une consommatrice du chips et awara, trouve que ces produits sont très bons et lui servent d’amuse-gueule presque tous les soirs.

 Le  nutritionniste Abdel Razack Bello explique que le soja est une oléagineuse et un légume sec. « La composition du soja montre qu’il est un aliment énergétique contenant des glucides. Consommer du soja, peut permettre d’avoir de l’énergie. Deuxième vertu associée au soja, cette oléagineuse contient des lipides », a-t-il précisé.

Le spécialiste a ajouté que le soja peut être une source pour amener des acides gras essentiels, l’oméga-6 qui sont  importants pour le fonctionnement de certains organes, notamment le cœur, et le cerveau. En plus des glucides et des lipides, le soja a dans sa composition à peu près 22 à 25% de protéines. Il est une excellente alternative pour avoir des protéines, surtout lorsqu’on regarde le contexte du Niger avec la cherté des produits d’origine animale comme la viande, a-t-il dit.

Le nutritionniste indique que le soja contient également des sels minéraux. « C’est aussi un aliment riche en fer, important pour de nombreuses fonctions, notamment pour la fabrication des globules rouges. Le soja contient également des vitamines, parmi lesquelles on peut citer les vitamines du groupe B ; au-delà de ça, il contient également des fibres alimentaires », a-t-il dit.

Selon le nutritionniste, ces fibres alimentaires permettent au soja de jouer un rôle dans l’amélioration de la digestion et dans la prévention notamment de certaines maladies, parce que les fibres alimentaires peuvent permettre d’éliminer notamment les produits, les substances toxiques qui peuvent être à la base des cancers. Donc le soja a de nombreuses vertus, mais il peut y avoir un certain nombre de conséquences associées à la consommation du soja. L’une des conséquences est liée à la présence de substances qu’on appelle des phytoestrogènes.

D’après ce spécialiste, la quantité de soja qu’on consomme va également être en lien avec cette quantité de phytoestrogènes qu’on va avoir. « Globalement, ces phytoestrogènes peuvent entraîner une perturbation hormonale. Ça peut entraîner une perturbation hormonale parce que les phytoestrogènes agissent par mimétisme et se fixent notamment au niveau des sites réservés normalement aux estrogènes qui sont les hormones sexuelles naturelles de l’état humain », a-t-il déclaré.

Il faudrait alors savoir modérer la consommation du soja malgré ses grandes vertus, surtout pour les enfants.

 Rabi I. Guero (ONEP)