Editorial : La pédagogie de l’exemplarité !

Edito
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Avant de vous livrer la teneur de la pensée du jour, à l’occasion des cent premiers jours du Président de la République, Mohamed Bazoum, permettez-moi, chers fidèles lecteurs, de vous raconter un fait divers qui m’était arrivé personnellement. Un jour, alors que j’étais dans mon bureau, à travers les haut-parleurs placés sur le minaret de la mosquée du vendredi de la Place du Petit-Marché, me parvenaient les échos d’un prêche très instructif. Le sujet du prêche avait trait au comportement exemplaire des grands prédicateurs musulmans des premières heures de l’Islam. En effet, d’après ce prêcheur, lorsque ces éminents prédicateurs se rendaient dans une localité donnée pour prêcher la bonne parole d’Allah Le Très Haut et celle de son Prophète (PSL), eussent-ils y passé un jour, deux jours, voire une semaine, avant même de s’adresser aux habitants de la localité, rien que par leur comportement exemplaire durant ce bref séjour vis-à-vis de leurs hôtes, ils marquaient déjà les esprits par la sagesse profonde qui accompagnait chacun de leurs actes. Par leur attitude hautement positive, ils réussissaient à toucher la conviction intime de leur auditoire déjà tombé sous le charme de l’approche comportementale de la veille.

Les techniques contemporaines de communication et marketing doivent, sans doute, beaucoup à cette approche pédagogique, lorsqu’elles font de l’origine du message une des clés de la réussite du message dans la perspective de conquérir le maximum de public.

Dans la vie ordinaire, la vie de tous les jours, cela s’appelle prêcher par le bon exemple, c’est-à-dire incarner soi-même ce à quoi on exhorte les autres. Un message devient plus réceptif auprès d’un public lorsque le porteur de ce message en représente l’illustration parfaite. Combien de guerriers, émoussés sur le champ des batailles, ont-ils continué à se battre jusqu’à la mort, par ce que tout simplement, leur empereur était à leurs côtés, dans les tranchées, endurant les mêmes souffrances et risquant sa peau comme eux ?

C’est en montrant la voie à suivre, mieux, en incarnant soi-même véritablement ce que l’on croit être le Bien, que le chef, le bon chef, le vrai chef parvient toujours à gagner le respect des ‘’ brebis que le Créateur a bien voulu placer sous sa garde’’, pour emprunter cette belle formule biblique qui ne déplairait sans doute pas à nos compatriotes de la foi chrétienne afin de respecter ce principe républicain de la laïcité contenu dans notre Loi fondamentale. De son côté, le grand maître spirituel chinois de l’Antiquité, Confucius, enseignait justement à ses disciples cette profonde sagesse : « Si tu rencontres un homme de valeur, cherche à lui ressembler. Si tu rencontres un homme médiocre, corrige tes défauts en lui » !

En fondant sa présidence sur le principe de l’exemplarité, le Président de la République, Mohamed Bazoum, aura su déjà imprimer à sa future action politique un élan populaire très porteur d’un impact positif en termes d’image, de sérieux et surtout de crédibilité dont un Chef d’Etat a certainement besoin pour réussir sa mission à la tête de l’Etat.

 En prêtant serment, le 02 avril 2021, dans la grande salle de Conférence Mahatma Gandhi de Niamey, devant Dieu Le Tout-Puissant et devant les hommes, M. Mohamed Bazoum, investi Président de la République, a pris l’engagement solennel de ‘’remplir fidèlement la mission confiée à lui partout et en toutes circonstances’’. Il savait certainement ce qui l’attendait dans cette haute mais périlleuse mission. Il ne cherchait guère le pouvoir pour le pouvoir, mais bien le pouvoir pour se mettre au service du Niger et réaliser ainsi ses idéaux politiques de justice sociale, de démocratie, de progrès social et économique, bref de toutes ces nobles valeurs pour lesquelles l’on s’engage souvent en politique. Surtout lorsqu’on a été déjà disciple de Platon, Aristote, Kant, Spinoza, Hegel qui auraient été, probablement, ses principales muses d’inspiration dans la vie. On peut dire que c’est plutôt le pouvoir qui a cherché le Président Bazoum et qui l’a trouvé, chose paradoxale dont seule la Providence a le secret ! C’est vrai, comme tout homme, la conquête du pouvoir n’a jamais été totalement absente chez lui, mais il n’en a jamais fait une fin en soi au point d’être tenté de renier tous les principes auxquels il aura cru, juste dans la perspective de la conquête du graal suprême. C’est Dieu qui donne le pouvoir à l’une de ses créatures qu’il juge apte à son exercice au sein de la société. C’est donc pétri de cette grande humilité que le Président Bazoum agit avec douceur, sagesse et surtout avec incarnation du bon exemple depuis sa prise de fonctions.

Le Président Bazoum se veut d’abord un homme pragmatique qui n’a guère peur d’aborder toutes les questions, même celles qui fâchent, l’essentiel étant pour lui de trouver les réponses appropriées au profit des citoyens. Pour cela, il n’entend guère déclencher une révolution au Niger, mais simplement exiger de revenir aux fondamentaux qui font marcher une nation en bannissant certaines pratiques peu orthodoxes préjudiciables aux nobles efforts de sortir de la pauvreté

et du sous-développement.

En cent jours de présidence, les Nigériens, dans leur immense majorité, découvrent qu’ils ne se sont guère trompés dans leur choix du 21 février 2021, et que Dieu a certainement exaucé les vœux des paisibles citoyens nigériens qui demandaient, dans leurs prières, de donner au Niger un bon Président, un président soucieux de la préservation des deniers publics, un président au chevet des Nigériens en détresse, bref un président humble et accessible, un président pour tous les Nigériens ! Le sentiment général qui se dégage de ces 100 premiers jour du Président Bazoum, c’est un sentiment total de satisfaction au terme duquel les Nigériens se sentent fiers d’avoir un dirigeant de proximité qui partage tout avec eux sans aucune condescendance.

Sur le plan des réformes, il est encore très tôt de vouloir dresser un quelconque bilan, mais en revanche, sur le plan des intentions générales et de la volonté politique résolument affichée, on peut sans doute affirmer que les 100 jours augurent de bon lendemain pour ce quinquennat. Là où se trouverait la grande inconnue, c’est certainement le mariage entre la volonté présidentielle de bien gouverner et l’engagement responsable des citoyens, indépendamment des appartenances politiques ou partisanes, à accompagner les nobles intentions du premier magistrat du pays sur la voie de la réussite. Dans les pays qui émergent, c’est la réussite de cette brillante alchimie qui en est sans doute la clé. Gageons donc que ce Niger des cinq années à venir aura trouvé cette pierre philosophale au grand bonheur de tous !

Joyeux anniversaire Monsieur le Président et surtout bon courage pour la suite de votre mandat !

Par Zakari Alzouma Coulibaly(onep)