Lutte contre la pollution : L’opération ‘’Mil contre Piles’’ de l’Ong Terre d’Afrique Niger

Société
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“Mil contre piles usagées’’, c’est l’astuce qu’a trouvé l’Ong Terre d’Afrique Niger pour lutter contre la pollution de l’environnement par les piles. Comme on le sait, les piles, les batteries et autres accumulateurs sont fortement utilisés par les populations pour des besoins divers en énergie comme s’éclairer, faire fonctionner un poste radio et bien d’autres appareils. Si l’utilité des piles est connue de tous, leurs impacts sur l’environnement le sont moins. Pourtant les piles contiennent des métaux lourds qui ont un effet néfaste sur l’environnement, la nature et sur la santé humaine et animale.

Cette méconnaissance fait que les populations jettent pour la plupart ces piles usagées dans les décharges, à l’air libre. Lorsqu’elles se désagrègent, les piles libèrent ainsi les métaux lourds qu’elles contiennent. Il s’agit principalement du mercure, du nickel, du lithium, etc. Des substances dangereuses pouvant provoquer des cancers, des troubles du système reproducteur, ou dans le moindre mal, des allergies et autres effets neurotoxiques chez l’homme ou chez l’animal. Libérées dans la nature, ces substances peuvent contaminer les eaux, les terres et les aliments qu’on y cultive et se retrouver ainsi dans la chaine alimentaire. Selon l’Institut Bruxelles Environnement, le mercure d’une pile bouton usagée peut contaminer 400 litres d’eau ou un mètre cube de terre pendant 50 ans.

Ainsi, les piles constituent un véritable fléau environnemental. Selon l’Ong Terre d’Afrique, quelques 226.000 tonnes de piles et batteries ont été mises en vente en 2017, rien que dans l’Union européenne. Mais ce qui est encore préoccupant, c’est que la production d’une pile demande plus d’énergie que la pile fournit. En effet, pour fabriquer une pile alcaline jetable, il faut environ 50 fois plus d’énergie que ce qu’elle peut fournir au cours de sa vie, explique la même source. Ainsi pour la fabrication de piles jetables capables de fournir 1 kWh d’énergie contribue autant au changement climatique que 457 kilomètres en voiture. Seul bémol, les piles rechargeables sont moins polluantes que celles jetables. En effet, pour fournir la même quantité d’énergie, les piles jetables ont 30 fois plus d’impact sur la pollution de l’air, 12 fois plus d’impact sur la pollution de l’eau et jusqu’à 23 fois plus de ressources non-renouvelables nécessaires que les piles rechargeables.

Comme dans beaucoup de pays, l’usage des piles est de plus en plus accentué avec notamment la diversification des appareils (téléphones portables, postes radios, lampes, powerbank ou accumulateurs, etc.). C’est pour contribuer à lutter contre cette pollution aux piles que l’Ong Terre d’Afrique Niger, organise l’opération ‘’Mil contre Piles’’. Cette première opération a concerné le quartier Harobanda où l’Ong s’est rendue dans le quartier et dans plusieurs écoles pour sensibiliser les populations sur le danger que représentent les piles pour l’environnement. De façon symbolique, les enfants recevront 1 kg de mil pour chaque kg de piles collectées. D’après le professeur Jacques Becuwe, président de Terre d’Afrique Niger, l’opération devrait se poursuivre, avec l’aide des collectivités et du gouvernement nigérien de façon à pouvoir s’étendre dans tout le pays. Selon Abdoul Karim Hamani Adamou, il s’agit, à travers cette opération, d’amener les populations à prendre conscience des dangers que représentent les piles pour les écosystèmes et à développer progressivement un reflexe de collecte et pourquoi pas de recyclage de ces objets.

Par Siradji Sanda(onep)