Moustapha Alou
Au terme d’une enquête, l’Agence Nigérienne de Normalisation, de Métrologie et de Certification (ANMC) a fait savoir que les bonnes pratiques de fabrication du pain ont été malmenées et la gestion de l’hygiène mal menée par certains responsables, et autres propriétaires de boulangeries.
En termes clairs, dans la ville de Niamey, plusieurs boulangeries sur les cent quatorze (114) répertoriées ne vendent pas du pain…bénit alors que les bactéries et moisissures trouvent, elles, un environnement bénit pour leur plein épanouissement !
En effet, selon le rapport de l’ANMC et la vidéo-synthèse d’investigation, certaines boulangeries inspectées ne respectent pas les règles minimales d’hygiène, ce qui du coup, expose les consommateurs à de graves risques sanitaires.
En outre, les « fins limiers » de la métrologie ont découvert des sols mal entretenus et souillés, couverts de farine et d’eau stagnante, l’utilisation de matériels non adaptés difficiles à nettoyer et qui exposent les agents à de graves risques de contracter le tétanos et bien d’autres maladies, des salles accessibles à tous, sans contrôle, favorisant l’entrée de la poussière, de microbes externes.
« Les boulangers travaillent sans gants ni bavettes exposant la pâte à la salive, aux poils de barbe, aux cheveux, et ces pratiques sont susceptibles de propager des infections ORL tels que les rhumes, des troubles digestifs et des gastroentériques causés par des germes », révèle le rapport d’enquête.
L’ANMC a aussi remarqué, « la présence de cafards, mouches et autres nuisibles dans les salles de pétrissage, vecteurs mécaniques de propagation de bactéries pathogènes…des sacs de farine exposés sur des sols sales absorbant l’humidité et les bactéries du sol, substance toxique pour le foi et les reins. Un plafond et des murs en dégradation avancée avec moisissure, toiles d’araignée… ».
Par ailleurs, explique le rapport, l’existence d’une « tuyauterie défectueuse située au-dessus du pétrin qui augmente considérablement le risque de contamination de la pâte par des poly formes féconds ou des gouttelettes d’eau usée ».
En résumé, le rapport de l’ANMC met à nu le processus de la fabrication du pain dans la ville de Niamey où dans certaines boulangeries les déchets, l’insécurité du produit fini, les moisissures et les substances toxiques se défient au quotidien.
Le 4 juillet dernier, lors d’une rencontre avec les responsables des boulangeries, le ministre du Commerce et de l’Industrie a rappelé que c’est dans le souci de protéger les consommateurs (Dieu seul sait qu’ils sont nombreux) du pain que ces investigations ont été menées. Profitant de cette occasion, le ministre du Commerce et de l’Industrie a indiqué qu’à l’issue de « cette enquête un certain nombre d’insuffisances ont été relevées, le constat qui a été fait au niveau de chaque boulangerie de Niamey n’est pas reluisant ».
« Cet acte n’est pas du tout patriotique car nous sommes dans l’ère de la Refondation et cette refondation doit être constatée dans tous les secteurs », dira-t-il.
D’ailleurs, l’Etat prendra toutes les dispositions pour que cette question d’hygiène puisse être résolue dans toutes les boulangeries et dans d’autres unités industrielles, a tenu à préciser le ministre du Commerce et de l’Industrie.
Cependant, malgré cet état général préoccupant, certaines boulangeries se démarquent positivement par la propreté des installations et le respect des bonnes pratiques d’hygiène démontrant ainsi qu’il est possible de produire du pain dans des conditions saines et sûres.
Alou Moustapha (ONEP)
