Colonel Maizama Abdoulaye
Ce jour 5 juin 2026, le Niger célèbre avec la communauté internationale la Journée mondiale de l’environnement. Placée sous le thème « Écouter les signaux d’alerte, accélérer la réponse pour le climat », avec pour slogan « Now for Climate » (« Maintenant pour le climat »), cette édition interpelle sur la nécessité d’actions urgentes et coordonnées. Dans un message livré à cette occasion, le ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Maizama Abdoulaye, a alerté sur la situation climatique mondiale.
Le ministre a relevé que, selon les rapports du Programme des Nations Unies pour l’environnement, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent baisser de 43 % d’ici 2030 afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Il a par la suite attiré l’attention sur la réalité du terrain. « Les signaux que la planète nous envoie sont sans équivoque : vagues de chaleur extrême, incendies incontrôlables, fonte des glaciers et montée des eaux. À ce rythme, le seuil de 1,5 °C risque d’être dépassé », a-t-il précisé.
Pays sahélien faiblement émetteur de gaz à effet de serre mais fortement exposé aux effets du changement climatique, le Niger en subit déjà les conséquences. Le Colonel Maizama Abdoulaye a dressé un état des lieux des secteurs impactés, notamment la santé, l’agriculture, l’élevage, la foresterie, les ressources en eau et les infrastructures. Ces impacts, a-t-il indiqué, se traduisent concrètement par la prolifération des maladies climato-sensibles, la dégradation des terres et des écosystèmes, l’irrégularité des précipitations, les sécheresses prolongées ainsi que les inondations récurrentes. Le ministre en charge de l’Environnement a également souligné que ces effets compromettent la sécurité alimentaire et fragilisent les moyens de subsistance des populations.
Face à ces défis sécuritaires, climatiques et socio-économiques, le ministre a réaffirmé la détermination du Niger à assurer un développement économique et social fondé sur la souveraineté nationale, la sécurité des populations et la valorisation durable de ses ressources naturelles. Il a également soutenu que, sous l’impulsion des autorités, le pays inscrit l’action climatique comme un levier stratégique de résilience nationale et de bien-être des citoyens. Cette volonté, a-t-il indiqué, se traduit par les Contributions déterminées au niveau national (CDN), élaborées depuis 2015, dont la nouvelle génération vient d’être finalisée. Celle-ci marque l’engagement du Niger à réduire ses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Concrètement, a indiqué le ministre en charge de l’Environnement, des actions ont déjà été menées dans les secteurs de l’Agriculture, de la Foresterie et des autres utilisations des terres (AFAT), ainsi que dans celui de l’Énergie.
« Pour la période à venir, le gouvernement prévoit d’intégrer le secteur des déchets comme levier stratégique pour réduire les émissions de GES et créer des emplois verts pour les jeunes et les femmes », a-t-il annoncé. En matière d’adaptation, le ministre a préconisé l’intensification du reboisement, le développement des énergies propres, notamment solaire et éolienne, ainsi que la promotion de villes et de villages écologiques. Enfin, le Colonel Maizama Abdoulaye a lancé un appel à tous : citoyens, entreprises, collectivités territoriales et organisations non gouvernementales. Il les a invités à s’approprier les enjeux environnementaux et à agir de manière responsable afin d’atteindre les objectifs mondiaux de lutte contre le changement climatique.
Rahila Tagou (ONEP)
