Le lundi 27 juillet 2026, l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et de la Poste (ARCEP) a lancé en grande pompe une campagne dite de ‘’vérification de la couverture des réseaux mobiles et de la carte de services voix et data’’.
En attendant les avis experts du Régulateur national, les usagers font quotidiennement face à la dure réalité. Tous ceux qui utilisent les services des opérateurs de réseaux mobiles savent que la qualité est mauvaise depuis plusieurs mois.
Communications (appels) téléphoniques entrecoupées, correspondants indisponibles ou en communication -alors qu’il ne l’est pas réellement- des sons bizarres, des correspondants qui ne s’entendent pas, une connexion internet flottante, tel est le lot de désagréments auxquels sont confrontés les usagers des services mobiles.
Déjà, du 27 juillet au 28 août 2026, l’autorité de régulation a mené une opération similaire au niveau de la ville de Niamey. Mais, la situation n’a nullement évolué. Si les services des réseaux mobiles sont de mauvaise qualité au niveau de la capitale, que dire alors des autres régions du pays et surtout des zones rurales éloignées ?
Dans un tel contexte, comment parler du développement du numérique, de l’application de l’Intelligence Artificielle, de la digitalisation de l’administration et des services publics ? Pourquoi digitaliser un service public lorsqu’on sait que la mauvaise qualité de la connexion internet rendrait la fourniture de ce service plus lente, sinon inopérante ? Quid de l’inclusion numérique et de la réduction de la fracture numérique entre les zones rurales et les centres urbains ?
D’ores et déjà, certains usagers comme les clients des banques ressentent ou vivent l’impact de cette mauvaise qualité des services mobiles. La lenteur ou l’indisponibilité de la connexion internent alourdit les opérations pour les employés des banques et rend le temps d’attente plus long pour les clients.
Ce n’est pas une vue de l’esprit : les services du mobile sont de très mauvaise qualité, y compris dans certaines zones de la capitale. Cet état de fait a un impact négatif sur l’environnement des affaires.
Les campagnes publicitaires tapageuses et la multiplication des offres de bonus ne changeront en rien la réalité, sinon qu’elles servent juste à masquer les insuffisances des opérateurs. Et, malgré la mauvaise qualité des services mobiles, les coûts, eux, ne baissent pas. Les usagers sont facturés pour des temps de communication médiocre. C’est pourquoi, il est urgent pour les autorités de régulation et de tutelle d’examiner la situation avec rigueur et d’imposer le respect du cahier des charges des opérateurs du mobile.
Siradji Sanda (ONEP)
