Moustapha Alou
En vérité, il faut être doté d’une bonne dose de mauvaise foi pour trouver une justification un tant soit peu minimaliste qui plaiderait en faveur des auteurs de ce mouvement d’humeur de cette longue et terrifiante nuit du 28 au 29 août 2026.
Incontestablement, les armes retrouvées par devant les soldats qui ont planifié cette obscure action, qui plus a été menée la nuit, sont la preuve patente de leur inavoué mais à tout point de vue criminel objectif.
Quelle était donc cette saute d’humeur qui exigerait l’utilisation massive d’une telle puissance de feu qui, par-dessus-le marché, pourrait réduire en cendres toute la ville de Niamey et qui recommanderait, avant tout, que les instigateurs attaquassent des sites stratégiques de la capitale ?
Au surplus, quel est ce mouvement d’humeur qui nécessiterait que la soldatesque en rupture de ban investît et prît le contrôle de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey non sans assiéger la Base 101 des Forces Armées Nigériennes y attenante ?
A l’évidence et à la lecture du témoignage accablant du Capitaine Roger Gabriel, ce mouvement d’humeur est une vaste conspiration qui avait manifestement pour but de porter atteinte aux intérêts de la nation et briser violemment la dynamique de reconquête de notre souveraineté engagée depuis plus de trois ans.
L’implication de puissances étrangères et d’autres pays de la sous-région qui étaient « prêts à intervenir » ,comme le dira le Capitaine Roger Gabriel, pour appuyer voire parachever l’action des soldats en difficulté avec le règlement militaire et en rupture avec la nation, le contrôle de l’aéroport international de Niamey par ces soldats hors-la loi permettant pour ainsi dire et à coup sûr aux forces spéciales françaises aux aguets quelque part dans la sous région, qui s’affairaient et s’apprêtaient pour intervenir en leur faveur , d’atterrir à Niamey, rehaussent le degré de perfidie de cette aventure pour le moins périlleuse.
D’ailleurs, les moyens logistiques, de communication, les armes individuelles et collectives, utilisés par ces hors-la loi, leur donnant une puissance de feu à faire frémir, prouvent, suffisamment, que ce mouvement d’humeur est singulier tant dans sa préparation, son exécution que dans son but.
Tenez ! 34 Toyota pick-up avec armes de bord, 2 véhicules blindés légers, plusieurs dizaines de motos, 382 AK 47 ,36 RPG7, 30 PKM, 06 12,7; 04 14,5; 04 Dragonov réservés aux tireurs d’élite ,17PA, 1 mortier de 82, des dizaines de chargeurs, des appareils de communication, plusieurs caisses de munitions ont été saisis par les forces de défense et de sécurité.
Voici donc l’arsenal d’une hallucinante puissance de feu dont ont fait usage les auteurs des événements de la nuit du 28 au 29 août 2026.
Ces soldats avaient ainsi donc délibérément abandonné leurs positions en emportant avec eux toute cette armada laissant ainsi les populations en proie à l’insécurité qu’ils sont censés protéger de part leur serment.
Au vu justement de cette puissance de feu, l’affabulation, qu’ils ont transformée en argument massue, selon laquelle ils ne sont pas dotés de moyens conséquents pour accomplir leur mission de défense et de protection du pays et les populations va à vau-l’eau sinon tombe à l’eau et au grand jour.
Manifestement, et c’est dommage, manipulés au tréfonds de leurs âmes et au plus profond de leurs esprits, ces soldats étaient beaucoup plus intéressés et préoccupés par la mission à eux confiée par leurs sponsors prêts à tout pour remettre en cause tous les acquis obtenus dans la résilience par notre pays depuis trois ans.
Moustapha Alou (ONEP)
