Moustapha Alou
La malheureuse saute d’humeur qui s’est emparée de quelques soldats, en difficulté avec le règlement militaire, le samedi 29 août 2026 aux environs de 00H20, a eu la particularité de mettre en relief, en quelques heures, la félonie des uns et la perfidie des autres dont les cerveaux sont sans nul doute rongés, par la haine, l’esprit toujours tourmenté par la nostalgie d’un passé sans gloire, les âmes corrompues par la nostalgie de la dolce Vita d’une époque qui ne reviendra pas.
Les uns, les soldats félons, se sont singulièrement distingués, cette longue nuit-là, en braquant les armes contre leurs frères d’armes, en se lançant dans une entreprise lamentable et lâche qui a consisté à séquestrer certains de leurs camarades dans la caserne de la base 101 de Niamey et en effectuant à vue et de sang-froid des tirs sur certains sites sensibles de la ville de Niamey.
La prompte réaction des Forces de défense et de sécurité a permis de circonscrire cette caprice violente de ces soldats en mal d’inspiration qui viennent de se mettre au ban de la nation en prenant place sur le même banc que la France et ses harkis contemporains qui violentent la République, attaquent les fondements de la dynamique irréversible de la reconquête de la souveraineté nationale et de l’indépendance véritable, pointent les armes et tirent sur les filles et fils de la nation, endeuillent le pays, pour des intérêts mercantilistes, égoïstes et souvent inavoués.
Ce mouvement d’humeur, totalement malhabile, complètement inopportun, en ce tournant décisif de l’histoire de notre pays marqué par une adversité sans cesse croissante de l’impérialisme, le néocolonialisme et leurs suppôts, et par trop puéril, peu importe d’ailleurs l’âge et la maturité des félons, est une trahison, un coup de couteau dans le dos de la nation altière, fière et résiliente qui se démène depuis trois ans pour tracer sa propre trajectoire, sa propre voie de développement, individuellement et dans le cadre de la Confédération des Etats du Sahel (AES).
La Confédération qui, du reste, considère qu’elle a fait « l’objet de trahison par un groupe de soldats impliqués dans une entreprise de déstabilisation à travers des attaques ayant ciblé la base aérienne 101 et certains sites sensibles dans la ville de Niamey au cours de la nuit du 28 au 29 août 2026 ».
Cet accident de parcours dans la construction d’un Niger nouveau a aussi permis à certains personnages, d’ici et d’ailleurs, qui pensaient que la bourrasque dont ils rêvassent chaque nuit et rêvent chaque jour s’est déclarée, que leur Grand Soir est arrivé, que « le jour de gloire est arrivé » comme le dit l’hymne national de la France qu’ils chérissent tant au point de se mettre à ses services et d’être ses porte-voix officieux mais officiels en réalité, de se mettre en relief à travers la diffusion de fausses nouvelles, d’informations prêtes-à-porter, de rumeurs de cabarets d’outre-mer, tendant à jeter l’émoi dans la nation, saper le moral des troupes, semer la division au sein des armées, jeter le discrédit sur l’institution militaire et de ce fait déstabiliser l’ordre de bataille de nos vaillantes et plus que jamais déterminées Forces de défense et de sécurité.
« Défenseurs de la démocratie », semble-t-il, le jour, obscurs communicants de l’impérialisme chaque jour, supporters patentés des félons la nuit, fakirs de mauvais aloi chaque nuit, ils ne cachent plus leur mélancolie face à la poudre de perlimpinpin qu’à été le mouvement d’humeur des soldats perdus de la nation.
Cette action militaire hasardeuse doit enfin sonner comme une alerte nationale pour une mobilisation de tous les instants, une vigilance accrue de jour comme de nuit, un sursaut national et doit sonner le glas de toutes les actions sous-bois et à ciel ouvert contre la dynamique en cours dans notre pays.
En effet, les évènements sus relatés, que vient de connaître notre pays et la Confédération AES de façon générale, sont de nature à saborder et saboter tout « ce que nous avons réussi à faire ensemble » depuis le 26 juillet 2023, comme le dirait le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Et, aucune drôle de mutinerie, puisque les soldats rebelles ont étendu leur champ d’action sur des points névralgiques et sites stratégiques de la capitale, d’où qu’elle vienne, ne saurait émousser le patriotisme des Forces de défense et de sécurité, ébranler la dynamique de refondation et perturber l’ordre établi dans le Niger nouveau.
Moustapha Alou (ONEP)
