Lutte traditionnelle : A quand la 42ème édition du Sabre National de la lutte traditionnelle ?

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La 42ème édition du Sabre national de lutte traditionnel était prévue se tenir à Niamey du 1er au 10 janvier 2021. Ainsi, le lundi 28 septembre 2020, le Ministre de la Jeunesse et des Sports d’alors avait même procédé à l’installation officielle du Comité national chargé de l’Organisation de cette édition. A cette occasion, le Ministre a rappelé le contexte sanitaire caractérisé par la pandémie de la COVID 19 dans lequel la 42ème édition interviendrait. «Le gouvernement s’est engagé à prendre toutes les dispositions nécessaires pour sa bonne tenue dans le respect des gestes barrières», a-t-il déclaré à l’époque. Aujourd’hui, cette date ne tient plus. Malgré tout, le Comité national a continué à préparer l’édition. L’Arène de Niamey a connu des travaux de réfection, les acteurs attendent la nouvelle reprogrammation de la date de cet événement.

Depuis son institution en 1975 à travers l’organisation du 1er Championnat national, la lutte traditionnelle reste toujours la discipline sportive nationale la plus importante au Niger. Elle joue un rôle important sur le plan politique, social, sportif, culturel et économique. Qualifiée dans le jargon, de «Sport roi au Niger», la lutte traditionnelle constitue un héritage sportif et culturel de longue date. «C’est une activité sociale qui fait la fierté des populations de notre pays. Elle contribue, au-delà de son caractère sportif, à renforcer les liens de fraternité, de solidarité, d’unité et le brassage entre les citoyens nigériens», explique Maitre Mari Malam Daouda, un acteur clé de la lutte.

Ainsi, d’édition en édition, le Niger devrait organiser la 42ème édition en ce début de l’année. Une édition annoncée à la clôture de la précédente tenue à Maradi. Entre temps, la crise sanitaire caractérisée par la COVID 19 est arrivée. Une situation qui a amené les autorités à prendre des mesures conservatoires en vue de limiter la propagation de ladite maladie. Des mesures qui concernent aussi l’interdiction des rassemblements. De facto, ces mesures ont impacté l’organisation de plusieurs événements dont la lutte.

A ce stade, aucun communiqué, du Ministère de la Jeunesse et des Sport, encore moins de la fédération Nigérienne de Lutte Traditionnelle n’a été rendu public sur le sort de cette 42ème édition du Sabre National. Les acteurs attendent encore la nouvelle date pour la tenue de cette édition. Toutefois, le Comité national d’organisation a, de son côté poursuivi les activités préparatoires. A titre illustratif, l’Arène de Niamey a connu des travaux de réfection et de réhabilitation. De la tribune officielle, à la cabine de presse, en passant par les gradins, les salles et autres bureaux ainsi que le portail de l’Arène et le mur, les ventilateurs, le plafonnage, l’aire de combat et plusieurs autres endroits, tout est fin prêt pour la tenue de cette édition. Seule la date reste inconnue.

Joint au téléphone, le président de la Fédération Nigérienne de Lutte M. Oufana Moussa a souligné que la fédération envisage de rencontrer le Ministre en vue d’étudier la possibilité de reprogrammer l’édition. «Nous sommes conscients de cette crise sanitaire et des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la propagation de ladite maladie. Nous n’avons aucune intention d’exposer les acteurs de la lutte et la population à cette maladie. Mais ce qui est sûr s’il y’avait l’édition, nous serions obligés de la tenir dans le respect des gestes barrières. Pour le moment c’est le Gouvernement qui décidera de la suite en fonction de la situation», a-t-il dit.

Si l’édition de cette année 2021, n’avait pas lieu, ce serait pour la 7ème fois après 1985 ; 1988 ; 1997 ; 2004 ; 2005 et 2011. Toutefois, il y’à lieu de préciser qu’en 2010, l’édition s’est tenue deux (2) fois, en février et en novembre, à Zinder et à Tillabéri respectivement.

Un ancrage sociopolitique, économique et culturel

Depuis des années la lutte traditionnelle est un évènement sportif, culturel, économique et politique bien ancré au Niger. «Tous ces domaines suffisent totalement pour parler de la lutte. Il s’agit de voir comment le choix de l’adversaire a évolué, quelles sont les techniques utilisées pour terrasser son adversaire, avec combien d’arbitres a-t-on commencé ? Sur le plan économique, les lutteurs et les autres acteurs gagnent de l’argent et des biens. Du côté culturel, le lutteur nigérien est très beau avec sa tenue. Il y’a aussi ce côté la danse et le «Kirari», ou le lancement de défis. Côté politique, il faut reconnaitre que de 1975 à nos jours, 41 éditions, ce n’est pas rien. Chaque année, la lutte est un événement politique de l’année au regard de son caractère national. C’est politique parce que c’est institutionnalisé et ça réunit tous les fils du pays dans un même endroit», a expliqué Maitre Mari Malam Daouda.

Dans un monde en pleine mutation et dans un contexte de domination des cultures occidentales, si on ne prend garde, le pays risque de perdre des aspects culturels liés à la pratique de la lutte traditionnelle et certaines valeurs qui font la beauté de ce sport. «Dans tous ses aspects, la lutte est un facteur de regroupement, d’entente et de solidarité entre le peuple d’Afrique et d’ailleurs en général et au Niger en particulier», a souligné Maitre Mari Malam Daouda. Pendant ce temps, tous les acteurs de la lutte attendent impatiemment de connaitre la date de la tenue de la 42ème édition du Sabre National de lutte traditionnelle.

 Ali Maman(onep)