Planification familiale (PF) du Post partum à Guidan Roumdji : Peu de femmes pratiquent cette méthode

Société
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Le Centre de Santé Intégré (CSI) de Guidan Roumdji était bondé de femmes en cette matinée de janvier. Toutes assises les unes à côté des autres sur des bancs à la devanture de la salle de consultation. Les cris des bébés contribuent à donner une autre ambiance dans la cour du CSI qui s’étend à perte de vue. Ce qui frappe le visiteur, c’est d’abord la jeunesse des femmes venues en consultation. 15, 18, 19 ans  toutes mères. La sage-femme, Nana Hadiza affirme qu’elle enregistre par mois 20 à 25 accouchements dans ce CSI de Guidan Roumdji.

 

Mais apparemment, c’est un centre qui enregistre moins de femmes qui pratique la contraception post partum. Ce que confirme la sage-femme qui affirme tout calmement: «nous n’avons pas beaucoup de femmes qui adhèrent à cette pratique». «Par mois, nous ne dépassons pas trois ou quatre femmes qui acceptent cette méthode aussitôt après l’accouchement», ajoute Nana Hadiza qui précise toutefois que certaines reviennent pour choisir une méthode quarante jours après l’accouchement.

Donnant les raisons de cette situation, la sage-femme pointe du doigt plutôt les maris. Selon elles, les hommes constituent encore un obstacle à Guidan Roumdji pour la pratique de la PF par les femmes. «Souvent les femmes viennent en cachette pour leur contraception sans l’avis des maris. Des fois, les maris les menacent même de divorcer», affirme-t-elle. Mais la sage-femme et ses collègues ne se découragent pas. «Nous continuons la sensibilisation sur l’importance de la PF pour la femme et l’enfant. S’agissant des maris, chaque fin de mois, nous organisons des rencontres mais, il n’y a pas beaucoup d’hommes qui y prennent part», déplore-t-elle.

Malgré cette difficulté, Nana Hadiza et ses coéquipiers n’ont pas essayé d’impliquer les chefs religieux. Elles travaillent seulement avec les relais  qui existent dans chaque village mais les résultats ne semblent pas les satisfaire. Pire  affirme la sage-femme, même le peu de femmes qui adhèrent à la contraception  finissent par abandonner. «Puis elles reviennent, abandonnent et reviennent …».  Pour Nana Hadiza, le gros du problème est l’acceptation des maris par rapport à la PF. «Aussi les femmes n’acceptent pas la contraception de longue durée, elles préfèrent la contraception de courte durée», précise –t-elle.

C’est dans ces conditions que la sage-femme travaille avec les quelques femmes qui fréquentent au CSI de Guidan Roumdji avec l’accord du mari pour pratiquer la contraception. Parmi elles, Fatouma qui a 30 ans, mère de quatre enfants dont un bébé de deux mois. Elle a l’habitude de pratiquer la PF, parce qu’elle dit être convaincue des avantages de cette  pratique pour la femme et l’enfant.  Surtout dit-elle que la religion l’autorise. Fatouma a l’accord de son mari et affirme n’avoir jamais  eu de problème dans la pratique de la PF.

Plus jeune qu’elle, Nana Samira a 18 ans et, est mère de trois enfants. Après son accouchement au CSI de Guidan Roumdji, Nana Samira a bénéficié d’une méthode de contraception de longue durée jusqu’à deux ou trois ans. Pour elle, cela a des avantages pour elle et pour ses enfants. C’est pourquoi, Nana Samira demande à toutes les femmes de faire la contraception, pour leur propre santé et celle de leurs enfants.

Ramatou elle, ne connait pas son âge. Elle est mère d’un enfant et affirme n’avoir jamais vu un produit contraceptif à plus forte raison pratiquer une méthode. A l’inverse, Roukhaya 19 ans et mère de deux enfants connaît cette pratique. «J’ai fait la contraception entre le premier et le deuxième enfant. L’importance de cette pratique  est qu’elle permet à la femme de se reposer et aux enfants de bien grandir», dit-elle.

Pour permettre à toutes les femmes de Guidan Roumdji de bénéficier des mêmes avantages relativement à la pratique de la PF, Nana Hadiza et les autres sages-femmes conscientes et préoccupées par les obstacles qui se dressent encore sur le chemin de la PF du post partum dans leur localité, multiplient les sensibilisations avec l’aide des relais qui interviennent dans tous les villages.

 

Fatouma Idé Envoyée Spéciale(onep)