Réunion Ministérielle par visioconférence du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la situation dans la région du Golfe persique : Le Niger souhaite une présence plus marquée des Nations Unies à travers la désignation d’un Envoyé spécial, selon le ministre Kalla Ankouraou

Société
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Le ministre Kalla Ankouraou a pris part, hier après midi par visioconférence, à la réunion des Ministres des Affaires Etrangères des pays membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies convoquée à la demande de la Fédération de Russie sur le «Le maintien de la paix et de la sécurité internationale en lien avec la situation dans la région du Golfe persique». La réunion s’est déroulée en présence du Secrétaire Général des Nations Unies.

Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens de l’Extérieur M. Kalla Ankouraou a joint la voie du Niger à celles des autres Nations du monde, pour présenter ses condoléances les plus émues, au peuple et au gouvernement du Koweït, suite à la disparition de Son Altesse, le Roi du Koweït, Sabah AI-Ahmad AI Jabir AI-Sabah.

Il a également salué cette initiative de la Fédération de la Russie pour l’organisation de ce débat dont le thème porte sur le maintien de la paix et de la sécurité internationale, en lien avec la situation dans la région du Golfe persique. «C’est une excellente opportunité qui est donnée au Conseil de Sécurité de débattre d’un sujet dont l’importance pour la sécurité mondiale n’échappe à personne (…). La paix et la stabilité dans le Golfe persique sont d’une nécessité absolue pour le Moyen-Orient et, au-delà pour le monde», a-t-il déclaré.

Le Moyen Orient et la région du Golfe persique en particulier, a-t-il ajouté, riches de leurs diversités et de leurs immenses ressources naturelles, disposent de tous les atouts pour assurer la prospérité et la paix pour leurs 200 millions d’habitants. «Mais hélas, la région a été et demeure le théâtre de guerres et de tensions entre les pays que tout destinait à vivre en paix et en symbiose. Comme dans la plupart des conflits, l’instabilité et les tensions persistantes dans cette région ont pour cause première les interférences des acteurs internationaux», a notifié le Ministre des Affaires Etrangères. M. Kalla Ankouraou a appelé les acteurs internationaux qui, chacun dans la protection de ses intérêts, à travers des alliances et des Accords avec les pays de la région, contribuent à des rivalités féroces entre pays, sur fond d’une course aux armements, de plus en plus inquiétante. Il a précisé que, la création d’un système de sécurité régionale, véritablement inclusif, servant de base pour assurer un avenir décent à tous les peuples de cette région du monde est aussi inextricablement lié à la résolution du conflit israélo palestinien.

Le ministre Kalla Ankouraou a, au nom de la République du Niger, a exprimé sa conviction que «ni Israël, ni les Palestiniens ne peuvent, à terme et de manière durable, réaliser leurs aspirations légitimes de sécurité pour l’un et de la création d’un État indépendant et viable pour l’autre, sans une solution négociée sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies et du Droit international, notamment la création de deux (2) Etats vivant côte à côte». Il a fait la même remarque par rapport à ce qui se passe dans le conflit en Syrie et au Yémen, deux conflits qui ont des conséquences directes sur l’ensemble de la région. «Ma délégation reste persuadée qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ces crises. La seule manière viable de les résoudre doit être la recherche résolue d’une solution politique durable, inspirée et prise en charge par les Syriens et les Yéménites eux-mêmes, avec le soutien des Nations Unies sur la base de ses résolutions pertinentes», a-t-il dit.

Concernant l’Accord sur le Nucléaire Iranien de 2015, entériné par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans sa Résolution 2231, le Chef de la diplomatie nigérienne a souligné que, le Niger à l’instar de l’écrasante majorité des membres du Conseil reste convaincu que cette Résolution reste le cadre juridique et international adéquat pour le règlement des différends sur la question. «Nous encourageons de ce fait toutes les parties à rester attachées à sa mise en œuvre intégrale et à agir dans un esprit de responsabilité et conformément aux normes de multilatéralisme», a ajouté le Ministre Kalla.

Il a réaffirmé que nonobstant certains épisodes violents dans la région, qui parfois incitent au pessimisme, le Niger demeure convaincu que la réalisation d’un Moyen Orient prospère, en paix, et où prédominent les relations de bon voisinage et d’amitié, sur la base du respect mutuel et du principe de non-ingérence, est possible. C’est pour cela, il est nécessaire, dit-il, que le Golfe persique se dote d’un mécanisme inclusif de coopération et de règlement des différends avec une forte implication de la Ligue des États arabes, de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) et de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

«A cet égard, le Conseil pourrait soutenir une telle initiative régionale, car elle constituerait un signal fort de reconnaissance du rôle essentiel que jouent les organisations régionales dans le règlement pacifique des conflits. Le Niger, en sa qualité de membre non permanant du Conseil de Sécurité des Nations Unies et devant assurer dans un mois la Présidence de la Conférence des Ministres de l’OCI pour un an, prendra sa place dans toutes initiatives tentant à garantir la paix, la sécurité et une fructueuse coopération au profit des peuples de la région. Par ailleurs, l’ONU peut mieux manifester sa présence et mieux s’impliquer dans la recherche des solutions aux crises dans le golfe persique en y désignant un Représentant ou un Envoyé Spécial», suggère-t-il.

 

Ali Maman(onep)