Lors de la commémoration
La communauté Rwandaise au Niger a commémoré, dans la matinée du samedi 9 mai 2026 à Niamey, le 32e anniversaire du génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda en 1994 sous le thème : « Remember-Unite-Renew » (Se souvenir, s’unir, se renouveler). Cette cérémonie a été un moment de recueillement dédié aux victimes et à la mémoire collective du peuple résilient du Rwanda. Elle a enregistré la présence de plusieurs officiels nigériens dont le secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur et plusieurs invités.
Dans son mot introductif, la présidente de la communauté rwandaise au Niger, Dr Gloriose Daouda, a indiqué que cette commémoration constitue un honneur pour eux de rendre hommage à la mémoire des victimes du génocide perpétré contre les Tutsis du Rwanda, il y a de cela 32 ans. « Aujourd’hui, nous pensons au courage extraordinaire de ces femmes et de ces hommes qui, au cœur des ténèbres, ont risqué leur vie pour sauver celle des autres ; sans pour autant oublier les rescapés, dont la résilience, la capacité de pardonner et de rebâtir sont les véritables piliers de notre nation », a-t-elle affirmé.
Par ailleurs, Dr Gloriose Daouda a invité la jeunesse Rwandaise à écouter ces histoires douloureuses afin qu’elle aussi défende la paix. Pour elle, ce moment n’est pas seulement un moment de tristesse, mais également porteur d’espoir. « Notre plus belle victoire est incarnée par notre jeunesse. Les générations nées après 1994 grandissent dans un Rwanda apaisé, où les barrières de la division ont été remplacées par l’égalité des chances et le respect des droits de chacun », a-t-elle indiqué.
Pour sa part, le secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, M. Issakou Souleymane, a rappelé que le Rwanda et le Niger disposent d’énormes potentialités sur les plans commercial, agricole, politique et diplomatique pouvant servir de base à une coopération fructueuse entre les deux pays. Il a expliqué qu’au-delà des conséquences sociales et psychologiques liées au traumatisme intergénérationnel, le génocide au Rwanda a également engendré des conséquences politiques et judiciaires, notamment avec la mise en place des tribunaux « Gacaca », inspirés du droit coutumier, ayant permis au à ce pays de conduire une politique de réconciliation nationale. « Les conséquences économiques ont permis la construction rapide d’une croissance soutenue grâce à la vision 2020 et à la vision 2050 du Rwanda dans les domaines de l’agriculture, les infrastructures et l’investissement », a-t-il fait savoir.
Pour M. Issakou Souleymane, l’exemple rwandais de résilience devrait inspirer tous les peuples africains entraînés dans des spirales de violences inter-ethniques et inter-religieuses soutenues par des puissances extérieures. « Si au Rwanda, les puissances ont utilisé l’arme ethnique pour diviser et meurtrir, au Sahel, elles s’appuient sur l’ignorance de la religion de certains égarés pour vouloir créer le chaos et des scènes de déstabilisation », a-t-il déclaré.
À la même occasion, Mme Denise Uwera, une rescapée, a livré un témoignage poignant dans lequel elle a raconté une partie des souffrances vécues par sa famille et par les Tutsis bien avant le génocide de 1994. Issue d’une famille déjà touchée par les massacres de 1959, 1962 et 1964, elle a raconté comment les siens furent chassés de leurs terres, déportés à Bugesera et condamnés à vivre dans la peur, la discrimination et la misère. Revenue au Rwanda après la victoire du FPR-Inkotanyi, Denise Uwera garde en mémoire les horreurs vécues, tout en saluant la reconstruction du pays, aujourd’hui fondée sur l’unité nationale et l’espoir.
Hafissatou Mounkaila (Stagiaire)
