Au cours de la cérémonie à l’Hôpital Général de Référence de Niamey
Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Le jeudi 16 octobre 2025, à l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Niamey, les autorités ont inauguré la connectivité haut débit des structures de santé du pays, une initiative majeure du Projet Villages Intelligents pour la croissance rurale et l’inclusion numérique, appuyée par la Banque mondiale et mise en œuvre par l’Agence Nationale pour la Société de l’Information (ANSI). Cette interconnexion vise à relier 330 établissements sanitaires, allant des hôpitaux nationaux aux centres de santé intégrés, répartis dans toutes les régions du pays.
Présidant la cérémonie, en présence du ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, M. Adji Ali Salatou, le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publiques, le médecin Colonel-major Garba Hakimi, a salué une avancée déterminante pour la modernisation du système de santé nigérien. Pour lui, cette connectivité permettra une meilleure gouvernance sanitaire, un accès plus rapide aux données, la télémédecine, la télé-formation et la réactivité face aux urgences et épidémies. «Le numérique, a-t-il expliqué, rapproche les soins des populations, notamment dans les zones rurales et reculées», soulignant que la digitalisation est désormais une exigence incontournable pour tout système de santé moderne. Le ministre médecin Colonel-major Hakimi a également précisé que, «grâce à la digitalisation, nous pouvons suivre les indicateurs de performance en temps réel, renforcer la transparence, mieux planifier les ressources et assurer une réponse plus rapide et plus efficace aux besoins de la population». «La santé numérique est un facteur clé pour atteindre la couverture sanitaire et renforcer la performance et la résilience de notre système de santé», a-t-il martelé.
La mise en œuvre de la connectivité haut débit ouvre la voie au renforcement des initiatives et réformes entreprises par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publiques. Il s’agit, entre autres, des dossiers médicaux électroniques, des tableaux de bord sanitaires, de la télésurveillance épidémiologique, de la téléconsultation assistée par intelligence artificielle, ainsi que la formation continue en ligne des professionnels de santé.
Le Coordonnateur du Projet Villages Intelligents, M. Abdou Kané, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la Stratégie Nationale de Développement du Numérique lancée en 2020. À terme, il ambitionne de connecter 2 175 villages au réseau 3G/4G et d’installer 124 centres numériques multiservices à travers le pays. Au-delà des aspects techniques, cette initiative traduit une vision politique forte. « Aujourd’hui, aucune politique publique ne peut raisonnablement se concevoir sans tirer profit des multiples possibilités offertes par le numérique », a insisté M. Kané, ajoutant que l’objectif ultime demeure l’amélioration du bien-être des populations, où qu’elles se trouvent au Niger.
Il s’agit aussi d’après M. Kané de faire en sorte que «l’absence physique et de médecine spécialisée dans certaines régions soit en grande partie compensée par la possibilité de faire des consultations à distance, la possibilité de créer un système d’information globale interconnectée, la possibilité également de pouvoir faire des mises à jour des logiciels, des plateformes et équipements numériques utilisés dans les hôpitaux, et des vidéoconférences avec plusieurs équipes sanitaires et les directions centrales du ministère ». Le Coordonnateur du PVI a enfin salué la collaboration entre l’ANSI, le Ministère de la Santé et l’opérateur Zamani Télécom, chargé du déploiement technique sur une période de cinq mois.
La Banque mondiale réaffirme son engagement
Le représentant de la Banque mondiale, M. Ibrahim Garba, Chargé de Programme Pays, s’est réjoui de cette « avancée majeure » du partenariat entre son institution et le Niger. «L’accès à une connectivité fiable dans les centres de santé est essentiel pour renforcer le système de santé, améliorer la qualité des services et sauver des vies», a-t-il déclaré. Il a rappelé que le projet ne se limite pas à la technologie : « Il améliore l’accès aux soins, renforce les capacités et la résilience du personnel de santé, facilite la télémédecine et optimise la coordination des services de santé, notamment en matière d’échange d’informations ».
- Garba a également mis en avant les investissements humains : plus de 150 000 personnes, majoritairement des femmes, ont été formées à la finance mobile, tandis que 11 startups FinTech ont bénéficié de 491 millions de FCFA de subventions pour développer des services numériques innovants.
La Banque mondiale soutient par ailleurs la mise en œuvre du Schéma Directeur National de la e-Santé (2025-2030), qui vise à bâtir « un système de santé résilient, inclusif et équitable, soutenu par des technologies numériques innovantes, afin de garantir un accès universel aux soins de santé de qualité, pour tous les citoyens, quels que soient leur lieu de résidence ou leur statut socio-économique ». M. Ibrahim Garba, a par ailleurs, réaffirmé l’engagement du Groupe de la Banque mondiale à accompagner durablement le gouvernement du Niger dans sa transformation numérique, afin de tirer pleinement parti du potentiel économique du pays. «Nous restons résolument engagés aux côtés du peuple nigérien pour contribuer à la mise en œuvre des actions du gouvernement, au bénéfice des populations», a-t-il conclu.
Oumar Issoufou (ONEP)
