Commandant Ramatou Abdoulaye
Situé au centre de la région de Zinder, le département de Mirriah s’étend sur une superficie de 3 827 km², avec une population de plus de 784 894 habitants, composée pour l’essentiel de Haoussas, de Kanouris, de Peulhs et de Touaregs. Le département de Mirriah est limité à l’Ouest par le département de Kantché et la ville de Zinder, au Sud par celui de Magaria, à l’Est par le département de Damagaram Takaya et au Nord par le Département de Takeita. Il compte 7 cantons et 2 groupements (Peulh et Touareg). Dans le cadre de la décentralisation, le département est subdivisé en 8 communes dont une commune urbaine (Mirriah). Chef-lieu du département, Mirriah, qui est à environ 18 km à l’est de la ville de Zinder, est aussi connu pour sa poterie, dont la renommée a dépassé les frontières nigériennes. D’autres activités, notamment l’élevage et le commerce, y sont pratiquées. Le canton de Mirriah est l’un des plus anciens de la région. À la tête du département de Mirriah, la préfète, le Commandant Ramatou Abdoulaye, dresse un état des lieux des services sociaux de base, du potentiel agropastoral et des défis sécuritaires. Elle revient également sur les efforts engagés pour réduire l’exode et renforcer la cohésion sociale.
Mon Commandant, le département de Mirriah est l’une des plus vieilles divisions administratives du Niger, un département qui a la particularité d’être très proche de son chef-lieu de région. Comment se présente la situation, ici, en ce qui concerne l’accès aux services sociaux de base ?
Avant tout propos, je dis Al Hamdoulillah Rabbi’l ‘Alamîne. Mes remerciements vont également au Haut Commandant de la Garde Nationale du Niger, aux membres du CNSP, au ministre d’État, ministre de l’Intérieur, au Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, et à Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’État, pour la confiance portée en ma personne en me confiant cette noble tâche.
En ce qui concerne l’accès aux services sociaux de base, comme l’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et d’hygiène de base, aux soins de santé essentiels, à l’éducation, à l’énergie, etc., le département est bien servi. Tous les services étatiques sont représentés dans le département. Mais, compte tenu de sa proximité avec la ville de Zinder, le problème d’eau, connu de tous, se fait sentir aussi à Mirriah, surtout pendant la saison chaude, entre mars et mai.
Mirriah, c’est ce département riche en patrimoine socio-culturel et en termes de potentiel agrosylvopastoral. Qu’en est-il ? Et quelle est, à l’ère de la Refondation, la vision ou la politique de l’État pour la valorisation de ces diverses potentialités ?
Effectivement, c’est un département riche en patrimoine socio-culturel que les populations continuent de transmettre de génération en génération. On peut citer, entre autres, le palais royal Tsotsé Baki, qui date de 1762, une histoire riche et florissante, le palais historique du chef de canton de Mirriah, la tradition de la fantasia lors des fêtes. Mirriah est une zone agricole et pastorale par excellence. Avec la présence des koris, la production maraîchère est prolifique.
Le département dispose de plusieurs potentialités dont des ressources en eau, avec 2 barrages (Toumbala et Kassama), 8 mares semi permanentes dont la mare de falki, représentant plus de
4 000 ha de terres irrigables, des ressources halieutiques peu valorisées, des ressources forestières (rôneraie de Hamdara, palmeraie Dogo, Gouna, forêts classées de Hamdara, Dogo, Gouna et Mirriah), d’importants parcs agroforestiers et un cheptel de 680 000 UBT.
Dans cette ère de Refondation et avec la vision du Chef de l’État pour l’atteinte de la souveraineté alimentaire, beaucoup de mares ont été mises en valeur pour maximiser la production du riz, du maïs et d’autres cultures. À titre d’exemple, la réhabilitation du seuil de Falki par l’ONAHA dans le cadre du Programme Grande Irrigation, et cela grâce à la vision du Chef de l’État qui a bien voulu orienter ce projet vers notre département. On note, ici, à Mirriah, une baisse considérable de l’exode. Avec les sensibilisations et les potentialités présentes, les populations s’adonnent au travail de la terre.
Voudriez-vous nous parler des opportunités qu’offre aujourd’hui l’aménagement de Falki ?
Avant, sur le site de Falki, il n’y avait pas de productions agricoles et maraîchères aussi importantes, compte tenu du tarissement de la mare. Mais, avec la réhabilitation du seuil, aujourd’hui, il y a même la production du riz. Nos producteurs sont engagés et veulent démontrer à tout le Niger qu’ils sont des travailleurs dégourdis, patriotes et prêts à accompagner l’État dans la quête de la souveraineté alimentaire.
Bien qu’épargnée par les menaces des groupes armés terroristes, la région de Zinder est confrontée au défi lié aux trafics illicites de carburant et de stupéfiants. Comment se présente la situation dans le département de Mirriah et quelle est votre approche contre ces fléaux ?
La question du trafic illicite de carburant est pertinente, surtout pour des départements qui ne disposent pas de stations-service. Cependant, pour contrôler ce trafic dans toute la région, des personnes ont été identifiées dans chaque département, à qui une autorisation de vente est accordée par le gouvernorat afin de ravitailler les entités en carburant depuis la ville de Zinder.
J’en appelle, dans ce sens, aux entreprises à penser à la mise en place de stations-service dans toute la région de Zinder afin de pallier ce trafic de carburant. Par rapport aux stupéfiants, les barrières et les patrouilles départementales effectuent des fouilles minutieuses afin d’arrêter les éventuels dealers ou consommateurs dans la ville comme dans les autres communes.
Les populations semblent vivre dans la paix et la cohésion sociale dans le département. Quels sont alors les enjeux liés à la consolidation de la paix et de la cohésion sociale à Mirriah ?
Les populations de Mirriah sont résilientes. Avec les leaders religieux qui prônent la paix et la cohésion sociale, des séances de lecture du Saint Coran et d’invocations sont organisées chaque semaine dans tout le département afin que Dieu protège le département, le Niger et l’AES en général.
Il y a quelques tensions, surtout en début d’hivernage et en période de descente des éleveurs, mais grâce aux sensibilisations et aux différentes dispositions prises par les autorités administratives, les chefs traditionnels et, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, des caravanes de sensibilisation sont organisées afin de prévenir les conflits.
Propos recueillis par Ismaël Chékaré (ONEP), Envoyé Spécial
