Maquette de l’usine de décorticage de riz paddy de Diffa
La région de Diffa s’apprête à franchir une étape décisive dans son développement agricole et industriel avec l’installation imminente d’une usine moderne de décorticage du riz, adossée à une unité innovante de cogénération d’électricité à partir de la balle de riz. Ce projet structurant marque une avancée majeure dans la transformation du secteur agro-industriel nigérien et s’inscrit pleinement dans la vision du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, qui place la valorisation des ressources endogènes et la souveraineté alimentaire au rang des priorités nationales.
Cette initiative relève du vaste programme présidentiel de Grande Irrigation (2024-2027) dont l’objectif fondamental est d’assurer durablement la sécurité et la solidarité alimentaires du Niger. La région de Diffa en constitue la phase pilote, appelée à servir de modèle pour une transformation en profondeur du secteur agricole national. Au-delà de l’accroissement des rendements, les autorités ont insisté sur la nécessité d’accompagner la production par des unités industrielles de transformation, condition essentielle à la création de valeur ajoutée sur le territoire national.
Selon Labbo Illiassou, directeur général par intérim de la Société le Riz du Niger (RINI), la vocation rizicole de la zone de Diffa rendait indispensable l’implantation d’une unité de décorticage moderne. C’est dans cette perspective que, sur instruction de SE. Général Abdourahamane Tiani, le financement de l’usine a été accordé par anticipation sur le budget national, témoignant du caractère prioritaire du projet. Celui-ci s’inscrit dans un programme global prévoyant l’installation de cinq (5) unités industrielles à travers le pays, financées conjointement par la Banque Ouest Africain de Développement (BOAD) et l’État du Niger, sous l’impulsion du Chef de l’État et avec l’appui du Premier ministre, SE. Mahamane Ali Lamine Zeine.
L’usine de Diffa permettra non seulement d’améliorer significativement la qualité du riz local, mais également de réduire les pertes post-récolte et d’offrir de meilleures perspectives économiques aux producteurs. Elle sera dotée d’une unité de cogénération destinée à valoriser la balle de riz, un sous-produit représentant environ 22 % du paddy décortiqué, longtemps considérée comme un déchet sans valeur.
Désormais, cette balle de riz sera transformée en énergie afin d’alimenter l’usine elle-même, contribuant ainsi à une réduction substantielle des coûts énergétiques. Le processus de cogénération génère également des cendres, dont la valorisation fait l’objet d’études approfondies déjà financées. Les résultats obtenus ont mis en évidence le potentiel de ces cendres pour la production d’un engrais organique, jugé plus performant que certains fertilisants chimiques. Un atelier de validation s’est tenu au début du mois de décembre dernier, et les autorités sont actuellement en quête d’un partenaire financier pour lancer la phase de production industrielle de cet engrais innovant.

Selon le directeur général par intérim de RINI, le coût global du projet est estimé à environ 6,5 milliards de francs CFA. « Ce montant couvre la construction de l’usine de décorticage d’une capacité annuelle de 50 000 tonnes, l’unité de cogénération, les équipements, les bâtiments, ainsi que les études techniques et les missions de contrôle. Au-delà de ses retombées économiques et environnementales, le projet aura un impact social notable, notamment en matière d’emploi », a expliqué Labbo Illiassou. Il devait ensuite ajouter que l’usine fonctionnera en continu avec deux à trois équipes se relayant 24 heures sur 24. Chaque équipe comptera au minimum une cinquantaine d’agents, soit entre 100 et 150 manœuvres, auxquels s’ajoutera le personnel administratif, technique et de direction. « Au total, près de 200 emplois permanents seront créés, sans compter les nombreux emplois indirects générés tout au long de la chaîne de valeur rizicole », a-t-il précisé.
À travers ce projet emblématique, la région de Diffa s’affirme comme un pôle stratégique de l’agro-industrie nationale. Elle illustre de manière concrète la volonté des autorités nigériennes de transformer les potentialités agricoles du pays en leviers durables de développement économique, social et environnemental, au service de la souveraineté alimentaire et du bien-être des populations.
Seini Seydou Zakaria (ONEP)
