Le ministre d’Etat Mohamed Toumba (au centre) procédant au lancement des festivités
1926-2026, la Ville de Niamey célèbre son premier centenaire depuis qu’elle fut érigée en capitale. Elle rejoint ainsi le cercle des capitales africaines ayant franchi le cap d’un siècle d’existence, à l’image de Dakar, Lomé ou encore N’Djamena. Ce samedi 17 janvier 2026, le Centre International de conférences Mahatma Gandhi de Niamey a vibré au rythme des chants, des slams, des ballets pour commémorer ce siècle d’histoire, de transformation, d’innovation et de croissance. Ainsi, pour ancrer ce centenaire dans la mémoire collective, cet anniversaire s’étalera sur toute l’année 2026 avec au programme des activités culturelles, sportives, éducatives, des expositions, des colloques scientifiques, des foires et une plantation de cent mille (100 000) arbres, symbole d’un engagement fort envers l’environnement.

La cérémonie a été présidée par le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba, en présence des membres du CNSP et de ceux du gouvernement.
L’événement tant promu par les autorités municipales de la Ville de Niamey à travers les canaux classiques et modernes, pourrait être qualifié de mobilisateur tant pour les populations de la ville, que pour toutes les couches socioprofessionnelles qui ont honoré la cérémonie de leur présence. En effet, placé sous le thème « Niamey, 100 ans d’histoire, de résilience et d’avenir », ce centenaire qui sera célébré à travers une série de manifestations représente, selon le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba, tout un symbole, surtout en ce moment où le pays est en train d’écrire une nouvelle page de son histoire sous le sceau de la refondation et de la souveraineté conquise.

« Tout au long de son parcours historique, Niamey, ville cosmopolite, est devenue le creuset de notre conscience nationale. Symbole de notre unité et reflet de notre cohésion nationale. Ces dernières années, Niamey a connu des événements historiques majeurs de portée nationale et sous-régionale », a indiqué le ministre d’Etat. En effet, le Général de Division Mohamed Toumba a rappelé que c’est dans cette même ville que se sont tenues les assises nationales de la refondation au cours desquelles le peuple nigérien a, dans sa diversité, exprimé clairement sa volonté de rupture avec les schémas imposés. C’est aussi Niamey qui a eu l’honneur et le privilège de voir naître la Confédération des États du Sahel AES. « Il convient de souligner que la célébration de ce centenaire intervient dans un contexte de résistance farouche et assumée du peuple nigérien. Une résistance déterminée, portée par une jeunesse consciente, par des femmes engagées, par des citoyens mobilisés qui ont dit non à la domination, non à l’ingérence étrangère, non aux forces impérialistes, mais oui à la souveraineté totale, oui à la fierté et à la dignité », a-t-il poursuivi.
Le ministre d’État a par ailleurs ajouté que Niamey est aujourd’hui le symbole de cette rupture historique avec l’ordre néocolonial, le lieu où s’exprime, avec force, la volonté collective de bâtir un Niger libre, respecté et maître de ses choix. « Niamey, 100 ans d’histoire, de résilience et d’avenir, et une marque de reconnaissance des sacrifices consentis pour la liberté, mais aussi un engagement pour construire et projeter Niamey comme une capitale de référence dans la sous-région. En outre, cette célébration intervient au lendemain de l’adoption de l’ordonnance portant mobilisation générale pour la défense de la patrie et constitue également une opportunité de sensibilisation citoyenne en vue de contribuer à la consolidation du sentiment patriotique, à la prise de conscience du rôle à jouer par les citoyens en matière de mobilisation générale et à la mise en évidence de leurs devoirs à l’égard de la patrie », a conclu le Général de Division Mohamed Toumba.
Une ville en pleine mutation
Avec près de 2 millions d’habitants répartis sur les deux rives du fleuve Niger, aujourd’hui en 2026, la capitale est, selon le gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, une ville moderne avec des infrastructures structurantes, des services modernisés et un centre politique et diplomatique. « Son riche héritage architectural, touristique, culturel et historique est un atout qui ne peut être ignoré. Les défis majeurs concernent l’urbanisation galopante et anarchique, la spéculation foncière, les risques climatiques et la préservation de son riche patrimoine.
En perspective, un développement durable, une meilleure gouvernance urbaine et inclusive, la valorisation des atouts socioculturels, la transition écologique, l’amélioration des quartiers précaires, l’innovation et la recherche », a-t-il indiqué.

Le Général de Division Assoumane Abdou Harouna a également rappelé aux administrateurs délégués que leur mission sera réussie et sera saluée seulement lorsqu’ils auront traversé les périodes des défis qui les attendent. « Soyez maîtres de vos choix, de vos orientations, de vos calendriers, de vos échanges à court, moyen et long termes. Ayez un plan d’urbanisation saisissant par son gigantisme architectural qui passera inéluctablement par une indispensable modernisation et mobilisation des moyens avec autant d’énergie qu’exige cette modernisation sur tous les plans », leur a-t-il dit. « C’est ce défi que nous vous demandons de relever en posant les jalons solides pendant cette refondation qui est capable de tant de réalisations. Cette ambition n’est pas démesurée. Elle est réalisable parce que conforme à l’intérêt général et à notre fierté nationale. Pour y parvenir, vous devriez être habités par des convictions exigeantes, humaines et défendre vos orientations avec force et courage. Soyez des administrateurs de devoirs et d’engagement permanent, soucieux du bien public », a-t-il conseillé.
Niamey : notre héritage, notre bien commun
Pour l’administrateur délégué de la Ville de Niamey, le Colonel Boubacar Soumana Garanké, le thème « Niamey, 100 ans d’histoire de résilience et d’avenir » prend tout son sens dans le contexte national tourné vers la refondation de notre pays. En effet, a expliqué l’administrateur délégué, les événements du 26 juillet 2023 ont marqué un tournant majeur dans la marche du Niger, car Niamey, au cœur des institutions, a vécu ce moment comme un acte décisif de souveraineté, de redressement et de dignité retrouvée. L’administrateur de la Ville de Niamey a rappelé que le processus de refondation engagé par les plus hautes autorités du pays a ouvert une nouvelle ère de discipline, de responsabilité, d’autorité et de réformes profondes où la souveraineté n’est pas une incantation, ni un slogan, encore moins un principe abstrait, mais une ligne directrice, une culture d’État et un devoir citoyen. « Niamey se trouve au cœur de cette transformation en tant que symbole vitrine et sentinelle républicaines. Ce centenaire nous offre l’occasion unique de revisiter 100 ans d’histoire urbaine, économique, sociale, culturelle et institutionnelle. C’est un moment inoubliable, voire unique dans la vie d’un citoyen, car célébrer deux centenaires relève de l’utopie », a-t-il souligné.
Le Colonel Boubacar Soumana Garanké a, en outre, précisé que Niamey n’appartient pas seulement au présent, elle appartient aux générations futures, elle est notre mémoire, notre héritage, notre bien commun. « Ces activités constituent à la fois un hommage au passé, une célébration du présent et un élan vers un avenir plus radieux, plus inclusif et partagé. Ce centenaire n’est pas celui de l’administrateur, ni d’une seule institution et encore moins d’un individu. C’est votre centenaire, c’est notre centenaire, il est le centenaire de tout un peuple. À cet effet, il me tient à cœur de vous inviter à vous l’approprier, le célébrer, le vivre et le porter, sans manquer de le transmettre en vue d’en faire un moment de fierté nationale, d’unité et d’engagement collectif. Niamey n’est pas seulement là où nous vivons. Niamey, c’est aussi ce que nous sommes », a-t-il fait savoir. Il faut noter qu’à ce jour Niamey a connu 32 maires et AD.
Hamissou Yahaya (ONEP)
