Souleymane Seini Sandi
L’ère de la Refondation engagée au Niger marque une étape décisive de l’histoire nationale. Elle se veut une réponse souveraine aux défis multidimensionnels sécuritaires, économiques, sociaux, institutionnels et identitaires qui menacent la stabilité et l’avenir du pays. Dans ce contexte, la mobilisation générale apparaît non pas comme un simple mot d’ordre, mais comme une nécessité stratégique, un impératif patriotique et un levier de transformation profonde de la Nation.
– Sens et portée de la mobilisation générale
La mobilisation générale renvoie à l’engagement conscient, volontaire et coordonné de toutes les forces vives de la Nation — citoyens, institutions, forces de défense et de sécurité, autorités traditionnelles et religieuses, société civile, diaspora — autour d’un projet national commun.
Elle dépasse la seule dimension militaire pour englober : la mobilisation des consciences, la mobilisation citoyenne, la mobilisation économique et sociale, la mobilisation morale et culturelle.
À l’ère de la Refondation, elle vise à restaurer la souveraineté nationale, renforcer l’unité du peuple nigérien et refonder l’État sur des bases de justice, d’équité, de responsabilité et de patriotisme.
– La mobilisation générale comme réponse aux défis actuels
Face aux menaces sécuritaires persistantes, aux tentatives de déstabilisation interne et externe, à la désinformation et aux pressions multiformes, le Niger ne peut compter uniquement sur l’action de l’État. La mobilisation générale permet :
– de soutenir les Forces de Défense et de Sécurité, en renforçant l’esprit de résilience, de vigilance et de collaboration avec les populations ;
– de lutter contre la désinformation et la manipulation, par une citoyenneté éclairée et responsable ;
de consolider la cohésion sociale, en dépassant les clivages ethniques, régionaux ou politiques ;
– de renforcer l’économie nationale, par la promotion du travail, de la production locale et de la solidarité.
– le rôle central du citoyen dans la Refondation
Dans cette dynamique, le citoyen n’est plus un spectateur, mais un acteur clé de la Refondation. La mobilisation générale implique :
– le respect des lois et des institutions de la République ;
– l’engagement civique et communautaire ;
– la promotion des valeurs de paix, de discipline, de solidarité et d’intégrité ;
-la dénonciation des comportements contraires à l’intérêt général.
Chaque Nigérien, à son niveau, détient une part de responsabilité dans la réussite ou l’échec du processus de Refondation.
– Conditions de réussite de la mobilisation générale
Pour être efficace et durable, la mobilisation générale doit reposer sur : une communication transparente et inclusive des autorités ; une justice équitable et crédible, socle de la confiance citoyenne ; la valorisation des leaders communautaires, coutumiers et religieux comme relais de sensibilisation ; l’exemplarité des dirigeants, condition essentielle de l’adhésion populaire.
La mobilisation générale à l’ère de la Refondation n’est ni une contrainte ni une injonction passagère. Elle est un choix historique, une réponse collective aux défis du présent et un investissement pour l’avenir du Niger. Elle exige discipline, sacrifice, patriotisme et foi en la capacité du peuple nigérien à écrire lui-même son destin.
La Refondation ne se décrète pas : elle se construit, ensemble, par l’engagement de tous.
SOULEYMANE SEINI SANDI, Doctorant en Administration Publique
