Dr. Moustapha Ahoumadou
La ville de Niamey s’apparente de plus en plus aux grandes agglomérations. En effet, le phénomène de disparitions et agressions est devient monnaie courante au point où circuler dans certains coins devenir un casse-tête périlleux. Le vol est devenu aujourd’hui un métier rentable et certains ne se soucient point du lieu pour poser cet acte repréhensible, l’important pour eux étant uniquement de gagner de l’argent par tous les moyens.
Une partie de la jeunesse qu’appellent les autorités à se prendre en main pour bâtir un Niger meilleur, tombe chaque jour un peu plus dans la perdition. Plus besoin de se cacher pour voler, ces derniers font la poche à leurs cibles même pendant les moments sacrés que sont les funérailles. Pendant que les proches du défunt sont inconsolables et se réunissent pour rendre un dernier hommage à un être cher, certaines personnes animées de mauvaise foi, profitent de l’émotion et de la foule pour s’emparer des biens personnels.
À Niamey, plusieurs familles endeuillées dénoncent des vols commis pendant les cérémonies funéraires. Les enterrements attirent souvent une foule importante, créant un environnement propice aux malfaiteurs. Téléphones portables, motos et argent liquide figurent parmi les objets les plus ciblés. « On s’entendait super bien avec mon défunt frère. C’était mon confident, on se racontait tout. Dans ce moment de douleur, je n’ai pas su quand, ni comment ils ont enlevé mon téléphone de ma poche. Je me suis aperçu de la disparition de mon téléphone au retour de l’enterrement », a narré M. Soumana, victime de vol. Pour lui, cette perte était une douleur supplémentaire, car il s’est senti trahi dans un moment où l’on devrait être entouré de solidarité.
Un autre jeune vivant à Niamey a vécu une mésaventure avec sa moto qui a été volée devant la morgue. « J’étais assis sur ma moto à la morgue, le temps d’aller faire mes ablutions et accomplir la prière mortuaire, je ne retrouvais plus ma moto. Elle a disparu et personne n’a vu qui l’a prise. J’ai cherché mais en vain », a-t-il raconté, gardant un souvenir inoubliable de cet incident.
En islam, le vol est une injustice grave, considéré comme un péché majeur. Il est mentionné à plusieurs reprises dans le Coran et les hadiths que le Prophète Mohammed (PSL) condamne fermement cette pratique. Selon les explications du Président de l’association islamique Faouziyya, Oustaz Moustapha Ahoumoudou, le vol en islam est strictement « haram » et le commettre à un endroit qui n’est pas bien indiqué est condamné. Dans la religion musulmane, lever la voix aux cimetières est un acte blasphématoire. « Il y a des versets dans le Coran qui mentionnent clairement que quiconque vole, on lui coupe toute la main, pas uniquement les doigts mais toute la main », a expliqué le prédicateur.
La multiplication des vols lors des enterrements à Niamey révèle une réalité douloureuse de la ville et reste un défi pour les autorités municipales.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
