Farmo M.
III. Les élections
3.1. Elections à l’Assemblée nationale française
Le 21 octobre 1945, il y eut des élections au double collège pour l’Assemblée nationale constituante. Le Niger et le Mali formaient une seule circonscription. Sont élus :
Maurice Kaouza (administrateur français), au premier collège ;
Filly Dabo Sissoko (contre Diori Hamani), au deuxième collège.
Le 10 novembre 1946, élections à l’Assemblée nationale française : Diori Hamani du RDA est élu contre Issoufou Seydou Zarmakoye, Roland Goumis (vétérinaire antillais), et Francis Borey (médecin français).
Le 27 juin 1948, élections pour le second siège du Niger à l’Assemblée nationale française : Mahaman Georges Condat de l’UNIS est élu contre Djibo Bakary du PPN-RDA.
Le 17 juin 1951, renouvellement de l’Assemblée : la liste UNIS (Georges Condat-Zodi Ikhia), l’emporte sur la liste PPN-RDA (Diori Hamani-Harou Kouka).
Le 2 janvier 1956, élection à l’Assemblée nationale. Candidats :
Georges Condat et Issoufou Seydou Zarmakoye (BNA) ;
Diori Hamani et Mahamane Dandobi (PPN-RDA) ;
Djibo Bakary et Mamani Abdoulaye (UDN) ;
Zodi Ikhia et Francis Borey (UNIS).
Sont élus : Georges Condat et Diori Hamani.
3.2. Elections au Conseil général, double collège
Le 15 décembre 1946 (1er tour, 10 élus). Le 5 janvier 1947 (2e tour, 20 élus).
Bureau du Conseil général :
Président : Moumouni Zarmakoye Aouta.
1er vice-président : Marcel Peau
2e vice-président : Boubou Hama.
Secrétaire : Jean Perrineau.
Trésorier : Tiémoko Coulibali.
3.3. Elections au Conseil de la République
Janvier 1947, au 1er collège : Raoul Streiff. Au 2e collège : Mahamadou Djibrilla Maiga.
Novembre 1948, au 1er collège : Gaston Fourrier. Au 2e collège : Omar Ba.
3.4. Elections à l’Assemblée de l’Union française
1er collège : Francis Borrey. 2e collège : Issoufou Seydou Zarmakoye et Boubou Hama.
3.5. Elections au Grand conseil de l’AOF
Omar ba et Tiémoko Coulibali.
3.6. Elections à l’Assemblée territoriale
Le 6 février 1952, le Conseil général est transformé en Assemblée territoriale. Le 30 mars 1952, quinze (15) représentants sont élus au 1er collège, et trente-cinq (35), au 2e collège.
Bureau de l’Assemblée territoriale
Président : Fernand Balay.
1er vice-président : Moumouni Zarmakoye Aouta.
2e vice-président : Maintournam Moustapha.
Questeur : Kountché Amadou.
Adjoint : Rabo Neino.
Secrétaires : Yahaya Touraoua et Salha Ali.
Sont élus au Grand Conseil de l’AOF, le 28 avril 1952 : Diallo Boubacar, Amadou Mayaki, Zodi Ikhia, Issoufou Seydou Zarmakoye et Hermann Achaume.
Sont élus au Conseil de la République le 18 mai 1952 : Gaston Fourrier au 1er collège, et Siddo Yacouba au 2e collège.
3.7. Elections après la Loi-cadre du 23 juin 1956
Aux élections du 31 mars 1957, le MSA-Sawaba obtient 41 sièges à l’Assemblée territoriale, le PPN-RDA en compte 19.
Bureau de l’Assemblée territoriale
Président : Georges Condat.
1er vice-président : Maitournam moustapha.
2e vice-président : Siddo Yacouba.
3e vice-président ; Mouddour Zakara.
Questeur : Sékou Amadou.
Adjoint : Hima Dembélé.
Secrétaires : Mounkeila Issifi et Moussa Maharou.
Le Conseil de gouvernement est formé le 18 mai 1957
Président ! Paul Bordier.
Vice-président (Premier ministre) : Djibo Bakary.
Ministre des Finances : Issa Diop.
Ministre de l’Education : Robert Féminé.
Ministre de la Santé : Pierre Vidal.
Ministre de l’Economie et du Plan : Amadou Aboubacar.
Ministre de l’Agriculture : Assane Mayaki.
Ministre de l’Elevage : Tiémoko Coulibali.
Le 28 septembre 1958, la France soumet la Constitution de la Ve République au référendum. Le leader du Sawaba, Djibo Bakary ; vice-président du Conseil de gouvernement appelle à voter NON, mais le OUI obtient 372.383 voix, soit 78,43% des suffrages, contre 102.395 (21,57%) pour le NON. De nombreux conseillers territoriaux démissionnent, et l’Assemblée est dissoute.
Le 14 décembre 1958 de nouvelles élections se tiennent. L’UCFA (Union pour la Communauté franco-africaine), alliance composée du PPN-RDA, du Front démocratique nigérien (FDN) et de l’ACT (Association des chefs traditionnels), obtient 49 sièges contre 11 pour le Sawaba.
Bureau de l’Assemblée
Président : Boubou Hama
Vice-présidents. Gaston Fourrier, Amadou Issaka, Moumouni Dioffo.
Secrétaires : Aboussalé Tankari, Kadi Oumani, Arimi Mamoudou, Maizoumbou Issaka.
Conseil de gouvernement formé le 17 décembre 1958.
Président du Conseil : Diori Hamani (PPN-RDA).
Vice-président : Issoufou Seydou Zarmakoye (UFN).
Ministre de l’Intérieur : Diamballa Yansambou Maiga (PPN-RDA).
Ministre des Finances : Courmo Barcourgné (PPN-RDA).
Ministres des Travaux publics, des Mines et de l’Hydraulique : Kaziendé Léopold (PPN-RDA).
Ministre de l’Economie et du Plan : Adamou Mayaki (UFN).
Ministre de la Santé : Diallo Boubacar (ACT).
Ministre du Travail : Harou Kouka (PPN-RDA).
Ministre de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports. Zodi Ikhia (FDN).
Ministre de l’Agriculture et des Forêts : Maida Mamoudou (PPN-RDA).
Ministre de la Fonction Publique : Mouddour Zakara (ACT).
Le 18 décembre 1958, le Niger devient Etat membre de la Communauté et prend le titre de République. L’Assemblé territoriale devient Assemblée constituante.
Le 25 février 1959, l’Assemblée constituante devient législative. Elle adopte le drapeau et la devise du Niger le 23 novembre 1959, l’hymne national le 12 juillet 1961.
Le 3 août 1960, l’indépendance du Niger est proclamée, après la signature d’un accord de transfert de compétences entre le Président Diori Hamani et le Premier Ministre français Michel Debré. Le 8 novembre 1960, l’Assemblée nationale adopte la Constitution de la 1ère République.
IV. Perte de l’initiative historique
Au regard de ce qui précède, il est évident qu’à la fin du 19ème siècle nous avions perdu toute initiative historique. De 1894 à 1959, pour reprendre les propos du Président Diori Hamani, le Niger a été « tour à tour, un territoire militaire occupé et administré, un territoire civil, une colonie, un territoire d’outre-mer faisant partie intégrante de la vaste République française, enfin une République autonome dans le grand ensemble de la Communauté ».
Le colon a voulu que notre territoire soit une portion ou une partie de la colonie de la Sénégambie ou du Haut-Sénégal. Il l’a détaché ou rattaché à une entité, l’a démembré ou remembré, quand cela lui paraissait bon. Au gré de ses besoins, et à coups de décrets, il a changé son statut. Il a voulu que les associations, les syndicats et les partis politiques soient, et ils sont nés. Il a voulu que le multipartisme soit, et les partis politiques locaux se sont apparentés aux partis politiques métropolitains, ils se sont accoquinés ou se sont combattus. Au milieu de la soumission, de la violation des droits de l’Homme et de l’arbitraire, il a voulu que la démocratie s’exerce, et le colonisé est entré dans un jeu de dupes. Et, lorsque, par le canal de l’indépendance, le colon blanc a transféré ses compétences à l’indigène noir, ce dernier s’est comporté comme son ancien maître. Il s’est appliqué à imiter, à parodier. Mais il n’a pas fait que cela : il a honoré la mémoire de son maître. Quelle capitale des anciennes colonies française d’Afrique occidentale n’a pas donné le nom de Charles de Gaule, à une rue, à une avenue, à un carrefour, à un boulevard ?
De 1894 à 1959, la France a fait du colonialisme. De 1960 à nos jours, nous avons fait du colonialisme sans colonisateur. (à suivre)
Farmo M.
