La délégation de l’ANPIPS ...
Une délégation composée du Directeur général de l’Agence Nigérienne pour la Promotion des Investissements Privés et des Projets (ANPIPS), du Directeur général de l’Industrie, de la douane au Ministère du Commerce et de l’Industrie et des représentants de la Direction Générale des Impôts a effectué, le samedi 11 avril 2026, une mission à Dioundou. Dans cette localité située à 240 Km de Niamey dans la région de Dosso, la délégation de l’ANPIPS a visité le site du complexe agroindustriel de la société Araké industrie Niger.
Il s’agit pour l’ANPIPS d’apprécier l’état d’avancement de ce projet industriel d’envergure nationale et l’arrivée effective du premier lot de matériel de ce complexe agroindustriel créé par l’honorable Bachir Mahamadou Harouna Hambali.
Conduite par le directeur général de l’ANPIPS, M. Chaibou Djiba, la délégation a parcouru l’ensemble du site afin d’apprécier le niveau d’exécution des travaux et l’acheminement des équipements. Les visiteurs ont notamment pu découvrir un conteneur récemment réceptionné, contenant une partie des équipements de l’usine sucrière de Dioundiou. D’autres composants du complexe étaient également visibles sur le site, notamment des machines destinées à la fabrication d’emballages plastiques de différentes capacités (2 litres, 1 litre, 500 ml, 250 ml et 66 cl). La délégation a également observé les installations prévues pour la production de jus de canne à sucre ainsi que les équipements de stérilisation par procédé ultraviolet destinés au traitement du jus et de l’eau minérale. Les rouleaux autocollants destinés au conditionnement des produits sont déjà disponibles. Les travaux de construction des infrastructures sont presque achevés.

Le complexe agro-industriel Araké s’étend sur une superficie de 239 hectares soit environ 2 390 000 m². Les bâtiments industriels dont certains couvrent une superficie de 1 984 m² sont entièrement construits. Selon les responsables du projet, M. Yayé Garba, seuls les travaux de finition intérieure et l’installation des équipements restent à finaliser. Le site comprend également un laboratoire destiné au contrôle de la qualité des produits, accompagné de cinq bureaux annexes. Une cité de 21 appartements a été aménagée pour accueillir les ingénieurs et cadres appelés à travailler sur place. Par ailleurs, les infrastructures sont sécurisées par un mur de clôture de 6 kilomètres
Des ressources hydrauliques et industrielles disponibles
Afin de répondre aux besoins en eau du complexe, 14 forages électriques et 2 forages artésiens ont été réalisés et sont déjà fonctionnels. Le projet prévoit également la mise en place d’une usine de fabrication d’engrais organique avec une capacité de production estimée à 1 800 kg par heure. Cet engrais sera destiné à soutenir la production agricole notamment celle de la canne à sucre. Le complexe Araké dispose de ses propres champs de canne à sucre, tout en s’appuyant sur un réseau de producteurs locaux. Le projet intègre le service des producteurs locaux.

En effet, « environ 10 000 producteurs bénéficieront d’un accompagnement à travers des préfinancements, la mise à disposition d’engrais organique et une garantie d’achat de leurs récoltes », explique le responsable du projet. Selon lui, cette organisation vise à sécuriser les revenus des producteurs et à faciliter l’écoulement de la production agricole au niveau local.
Le coût global du projet dépasse 4 milliards de francs CFA. À terme, il devrait permettre la création de 286 emplois directs en plus des emplois indirects générés dans les filières agricoles et industrielles. La transformation locale de la canne à sucre devrait également contribuer à réduire les pertes post-récolte et à améliorer la valeur ajoutée des productions.
Un accent sur la formation des ressources humaines
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet, une dizaine de Nigériens ont été envoyés en formation en Inde afin de renforcer les capacités nationales dans la gestion des unités industrielles. Parmi eux figure M. Djaby Oumarou, ingénieur agronome qui participe actuellement à un programme expérimental de culture de variétés de canne à sucre importées sous la supervision de l’INRAN. Le présent projet est relancé après des contraintes administratives. Démarré en 2018, le projet a connu des retards liés notamment à l’absence d’accès au code des investissements.
La situation a évolué en janvier 2024, avec l’adoption d’un décret accordant à la société Araké Industries Niger le bénéfice du régime conventionnel du code des investissements pour une durée de sept ans. Cette mesure a permis d’accélérer l’acquisition et l’acheminement des équipements industriels.

Après la visite du site, la délégation de l’ANPIPS s’est rendue au palais du chef de canton de Dioundiou, l’Honorable Bachir Mahamadou Harouna Hambali pour une visite de courtoisie. Il faut noter que cette étape s’inscrit dans une démarche de concertation avec les autorités locales en vue d’assurer une meilleure intégration du projet dans son environnement socio-économique.
Enfin, la visite de l’ANPIPS a permis de constater des avancées significatives dans la mise en œuvre du complexe agroalimentaire Araké. Avec l’arrivée progressive des équipements et l’achèvement des infrastructures, le projet entre dans une phase décisive en vue de son opérationnalisation.
Seini Seydou Zakaria, envoyé spécial
