M. Ousmane Bawa, responsable de la prévision météorologique à la Direction Nationale de la Météorologie
La chaleur intense affecte la vie quotidienne des habitants de Niamey. Les activités à l’extérieur doivent être planifiées avec précaution, surtout en milieu de journée. Dans le mois de mai, à Niamey comme à l’intérieur du pays la température est particulièrement élevée avec un soleil ardent. M. Ousmane Bawa, responsable de la prévision Météorologique à la Direction Nationale de la météorologie a souligné que cette vague de canicule que traverse la région du Sahel est la période la plus chaude de l’année.
« Les températures peuvent atteindre des niveaux élevés souvent jusqu’à 45 degrés pendant la journée. La chaleur à Niamey est souvent accompagnée d’un faible taux d’humidité. C’est l’humidité qui nous vient de la côte, de l’océan atlantique, il y a toujours cette remontée de l’aire humide, parce qu’au niveau de notre région du Sahel, les températures sont toujours en hausse, ce mélange entre la chaleur dure entre 41 et 45 degrés Celsius, et cette humidité fait en sorte que l’air est lourd », explique le météorologue Ousmane Bawa.
Le directeur régional de la Météorologie conseille ainsi de rester à l’écoute des informations des services de la météorologie afin de s’informer du temps qu’il fera et par conséquent de prendre les dispositions nécessaires. « En attendant la première pluie. Donc, il faut faire vraiment très attention par rapport aux conditions météorologiques et rester toujours à l’écoute de l’information météorologique », suggère Ousmane Bawa.
Les dispositions à prendre
Selon Dr Abdoul Rahim Amadou, médecin et communicateur en santé, la forte chaleur dans un milieu entraîne des perturbations de thermorégulation, ce système qui permet au corps humain de réajuster et de réadapter sa température tout en la gardant autour de la valeur de référence qui est de 37°C. Cette situation se traduit par la défaillance d’un certain nombre d’organes au niveau du corps, notamment le cerveau, le cœur, les reins, le foie, etc. Ainsi, explique le médecin, les personnes âgées sont les plus vulnérables, parce qu’elles ont déjà des organes un peu fragilisés à cause de l’âge. En dehors des personnes âgées, poursuit le médecin, les autres couches vulnérables sont les jeunes, notamment les enfants, particulièrement les nourrissons et les nouveau-nés qui ont beaucoup de vulnérabilités par rapport à la chaleur.
D’autres catégories de personnes sont également concernées par les conséquences de la forte chaleur. Elles sont, d’après Dr Abdoul Rahim, les personnes qui souffrent des maladies chroniques telles que l’hypertension artérielle, le diabète, l’asthme ou encore les cancers, et la chaleur contribue à cette dégradation. « Les autres catégories de personnes vulnérables, c’est les gens qui mènent des activités physiques intenses, demandant énormément d’énergie, et surtout lorsque l’activité est exercée à l’extérieur ou sous le soleil », indique le médecin.
Le risque le plus évident, c’est la déshydratation, prévient Dr Abdoul Rahim qui ajoute que sous l’intense chaleur, l’organisme, à travers la thermorégulation, va vouloir refroidir le corps à travers la sortie de la sueur pour un peu refroidir la peau. « Et l’eau qui sort, sort aussi avec le sodium, donc le sel, ce qui va nous déshydrater et malheureusement entraîner des pertes en eau et en électrolytes importants qui vont entraîner un dysfonctionnement du corps », a-t-il confié.
Il y a la fatigue aussi, la soif intense et une baisse des performances à la fois physiques et intellectuelles parce que le cerveau n’est plus irrigué comme il le faut et malheureusement on devient moins productif. L’autre élément qu’on peut ajouter en termes d’impact direct sur la santé, c’est la dégradation ou la complication des maladies cardiovasculaires, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, l’insuffisance cardiaque.
Le médecin Abdoul Rahim conseille de limiter les activités à l’extérieur à mi-journée ou même les sorties. Concernant les personnes âgées, il est recommandé de rester en dessous de 30°C « Donc, ils doivent rester en tout cas dans ces environnements-là pour éviter d’avoir ce qu’on a appelé le coup de chaleur. Et les autres éléments qui ne sont pas moins importants, c’est d’augmenter beaucoup ou de consommer beaucoup d’eau. Parce que la chaleur entraîne la déshydratation, donc il faut compenser. Il faut aussi éviter les boissons sucrées, notamment les sodas qui sont extrêmement riches en sucre. Dans ces périodes-là, c’est déconseillé parce que c’est des compensations que ça va entraîner, surtout par rapport à des maladies telles que le diabète », souligne le médecin.
Aichatou Moumouni (Stagiaire)
