M. Mohamadou Issaka Magha, coordonnateur de la conférence
Fidèle à ses objectifs qui consistent non seulement à relever et à analyser toute question d’intérêt national mais aussi et surtout à faire des propositions pour les pouvoirs les publics, les décideurs et même pour les citoyens, le Cercle Indépendant de Réflexion et d’Actions Citoyennes (CIRAC) organise du 04 au 05 juillet 2025 à Niamey, une conférence sur le thème ‘’La souveraineté alimentaire du Niger : Défis, enjeux et perspectives’’. Dans cet entretien, le Coordonnateur de la Conférence et membre du CIRAC, M. Mohamadou Issaka Magha revient sur les objectifs, les acteurs impliqués et les résultats attendus de cette rencontre qui est placée sous le haut patronage du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine.
Monsieur le Coordonnateur, le CIRAC organise, les 04 et 05 juillet prochains, une conférence sur la souveraineté alimentaire au Niger. Pourquoi, le choix de ce thème ?
La souveraineté alimentaire fait référence au droit des peuples de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles suivant les intérêts de sa population et sans que cela ne porte nuisance au droit d’autres pays d’accéder à leur propre souveraineté alimentaire. La souveraineté alimentaire est un choix politique fort pour satisfaire les besoins alimentaires des populations, dans le respect de leur culture, sans grand recours aux importations et avec essentiellement des produits locaux et distribués sans trop d’intermédiaires entre les paysans et les consommateurs et dans le respect de la culture des consommateurs.
Quelles sont les principales thématiques qui seront abordées au cours de cette conférence ?
La conférence porte sur les enjeux, défis et perspectives de la souveraineté alimentaire au Niger. Elle aborde différents maillons des systèmes alimentaires, c’est-à-dire tout ce qui permet aux aliments de venir dans nos assiettes, depuis la production jusqu’à la consommation, en passant par la transformation industrielle et la commercialisation. Elle aborde également les conditions externes qui peuvent ou pas favoriser l’efficacité des systèmes alimentaires : les questions foncières, le financement, les politiques publiques et la gouvernance alimentaire.
Quels sont les acteurs impliqués (personnes physiques, institutions, etc.) ?
La conférence du CIRAC est une conférence grand-public, avec des professionnels des secteurs agricoles et alimentaires (producteurs, entrepreneurs, agroindustriels ..), des cadres des ministères du secteur rural, du commerce, de l’Industrie, des représentants d’ONG et de la société civile, des décideurs politiques, des agents des institutions financières, des banques agricoles ou commerciales, financiers, des banques des étudiants et élèves et d’une manière générale tout citoyen concerné ou intéressé à la question.
Quels sont les objectifs et les attentes du CIRAC au sortir de cette conférence ?
Le principal objectif est d’ouvrir un débat général sur la souveraineté alimentaire en vue de s’assurer que nous avons tous la même compréhension du paradigme et d’y apporter notre pierre à l’édifice de sa réalisation. Pour le CIRAC, le débat sur la souveraineté alimentaire doit être public, car nous sommes tous intéressés et concernés à un degré ou à un autre. Pour le CIRAC, la conférence doit avoir un caractère didactique et prospectif aussi bien pour les décideurs que pour les consommateurs nigériens d’aujourd’hui et de demain.
En définitive, quelle sera la plus-value de cette initiative dans le débat général sur cette question ?
Nous espérons tirer des propositions et recommandations pertinentes pour une transformation de nos systèmes alimentaires et la réalisation de notre souveraineté, lesquelles propositions et suggestions seront partagées avec les autorités politiques, les Organisations Paysannes, la Chambre de Commerce et d’Industrie, les Institutions de Recherche et d’encadrement du monde rural, les institutions de financement et tout autre acteur jouant un rôle majeur dans l’organisation de notre alimentation. La souveraineté alimentaire est une lutte permanente qui implique un engagement permanent, ce n’est pas un simple slogan à agiter. Et chaque acteur doit jouer sa partition et de manière durable.
Propos recueillis par
Siradji Sanda (ONEP)
