Le nouveau Chef de canton, Lamido Morou Boukari Kalilou Abdoulaye Boureima, félicité par le gouverneur de Tillabéri
Au terme d’un scrutin placé sous le signe de l’unité, le canton de Ouro-Guéladjo, dans la région de Tillabéri, a renoué, le mardi 30 juin 2026, avec son histoire par l’élection de son nouveau Chef après plus de deux (2) ans de vacance du trône. A la suite des délibérations du collège électoral de quinze (15) chefs de village, sous la supervision du gouverneur de la région de Tillabéri, le Colonel Maina Boukar, les chefs de village ont porté leur choix sur M. Morou Boukari Kalilou Abdoulaye Boureima, né vers 1974 à Gueladio Foubé, comme 11è Lamido du canton.
Organisé dans un contexte sécuritaire délicat, le scrutin s’est déroulé dans le calme et la transparence, avant de déboucher sur un appel fort à l’unité et à la réconciliation afin d’ouvrir une nouvelle page de la vie du canton. Cette élection particulièrement attendue par la population locale, s’est déroulée en présence du préfet du département de Say, de l’administrateur délégué de la commune de Ouro-Guéladjo, du secrétaire général du gouvernorat, des responsables des Forces de défense et de sécurité ainsi que le représentant de l’Association des chefs traditionnels du Niger. Au-delà de la désignation d’un nouveau Lamido, ce scrutin marque la fin d’une longue période de vacance de la chefferie et ouvre une nouvelle étape dans la vie de cette institution traditionnelle.
Dans intervention à cette occasion, le gouverneur de la région de Tillabéri a rendu un hommage appuyé au défunt chef de canton, décédé il y a deux ans et demi et a invité l’assistance à prier pour le repos de son âme. Evoquant le contexte sécuritaire, le Colonel Maina Boukar a souligné que malgré l’attaque survenue le même matin dans la zone de Torodi, les autorités ont jugé utile de maintenir leur déplacement à Ouro-Guéladjo afin que le canton puisse enfin se doter d’un chef choisi dans des conditions transparentes et consensuelles. Le gouverneur a insisté sur le strict respect des règles encadrant le scrutin, appelant les électeurs et les candidats à faire preuve de discipline, de responsabilité et de retenue.
Au terme du dépouillement, Morou Boukari Kalilou Abdoulaye Boureima a obtenu 8 voix, contre 4 pour Oumarou Boubacar et 2 voix pour Oumarou Gorko. Avec la majorité des suffrages exprimés, il a été proclamé chef de canton de Ouro-Guéladjo. Et hérite du titre de Lamido, conformément à la tradition peuhle.
À l’issue de la proclamation des résultats, le gouverneur de la région a invité les candidats non élus à dépasser les clivages nés de la compétition électorale. Il a rappelé que la chefferie traditionnelle est une institution au service de toute la communauté et non d’un clan ou d’un individu. « Il n’y a plus de candidats, il n’y a plus d’opposants. Vous formez désormais une seule et même famille. Le nouveau chef de canton est le chef de toute la population. Il n’a pas d’opposants, mais uniquement des administrés. Vous devez travailler ensemble, dans l’unité et la solidarité », a déclaré le colonel Maina Boukar.
Pour sa première prise de parole, Lamido Morou Boukari Kalilou a placé son mandat sous le signe du rassemblement et a dédié le résultat du scrutin à l’ensemble des populations de son canton. « Je vous demande de nous unir, de travailler ensemble, qu’on apporte ‘’de l’eau’’ pour éteindre le feu qui est dans le canton », a-t-il déclaré, illustrant ainsi sa volonté, en tant que Lamido, d’œuvrer à la restauration de la cohésion sociale et à la consolidation de la paix au sein du canton.
Avec cette élection, Morou Boukari Kalilou Abdoulaye Boureima devient le onzième Lamido de Ouro-Guéladjo. Il succède à Abdoulaye Dirarou Boureima et s’inscrit dans une lignée de chefs traditionnels remontant à Gueladio Hama Bodedio, premier Lamido connu ayant dirigé le canton entre 1830 et 1864. Cette succession assure la continuité d’une institution coutumière qui demeure un acteur majeur de la cohésion sociale, de la médiation communautaire et de la gouvernance locale dans cette partie du département de Say.
Adamou I. Nazirou
ONEP Tillabéri
