Dans le domaine pétrolier les autorités attachent du prix à un partenariat équilibré
La gouvernance du secteur des ressources naturelles nationales figure parmi les grandes priorités des autorités de la refondation, comme l’illustre la création, le 29 juillet 2025 par décret du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, du Comité de négociations avec les partenaires dans le domaine du pétrole. Les travaux menés par ce comité ont abouti à la signature, le 18 mai 2026 à Niamey sous l’autorité du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, de plusieurs protocoles d’accords de partenariats pétroliers entre la République du Niger et le partenaire chinois CNPCNP. Un acte qui marque « la reprise et l’intensification » des relations entre le Niger et la Chine dans le secteur des hydrocarbures.
Ces protocoles d’accords, a estimé M. Ali Mahaman Lamine Zeine, sont « bénéfiques pour les intérêts du Niger », évoquant « un moment important dans le renforcement du partenariat stratégique entre le Niger et la Chine ».
Des avancées notables pour un partenariat équilibré
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, M. Bakary Yaou Sangaré, qui a présidé le comité de négociation ayant travaillé sur le dossier, a apprécié ainsi le processus : « après près d’une année de négociations, de compromis et de concertations, les parties sont parvenues à des résultats qualifiés d’acquis significatifs notamment en matière de contenu local, de participation de l’État et de revenus pétroliers ».
Pour ce qui est des principales avancées annoncées, il y a la réduction du tarif de transport du pipeline d’exportation du brut, ramené de 27 à 15 dollars par baril. Ce qui permettrait à l’État nigérien de réaliser une économie estimée à plus de 106 millions de dollars sur douze mois. Aussi, il est fait mention « d’un accord de principe obtenu pour une participation de 45 % de l’État du Niger dans la société WAPCO ».
Un autre point des protocoles d’accord porte sur l’acceptation par les parties du « rapatriement des revenus issus des exportations du pétrole brut au Niger, une mesure destinée à renforcer l’économie nationale et les institutions financières du pays ».
Concernant le contenu local, un autre volet important, il est prévu une forte augmentation du taux de « nigérisation » des emplois dans les sociétés pétrolières et leurs sous-traitants. Dans cette perspective, des centaines d’emplois supplémentaires sont attendus pour les Nigériens d’ici 2030, soit 452 nouveaux emplois au profit des Nigériens. Au sein des sociétés opératrices, la « nigérisation » atteindra à la CNPCNP 60% des postes de management et 90% de l’effectif global ; à la WAPCO, 60 % des postes de management et 80% des postes d’exécution ; et à la SORAZ, 85 % d’opérationnalisation de la raffinerie par le personnel national.
Il y a également l’harmonisation des salaires de base entre personnels expatriés et nigériens, la restructuration des dettes croisées entre plusieurs sociétés du secteur, ainsi que la relance des projets pétroliers de Dinga Deep et d’Abolo-Yogou, pour un investissement annoncé d’un milliard de dollars. Des investissements qui devraient permettre de porter la production nationale de pétrole de 110 000 à 145 000 barils par jour à l’horizon 2029.
Une étude de faisabilité sur le potentiel gazier national, estimé à 23 milliards de mètres cubes, sera également réalisée dans un délai de six mois afin d’explorer les possibilités de production d’électricité, d’engrais et de gaz domestique. Le gouvernement nigérien a salué la signature de ces protocoles d’accord structurants qui ouvrent une nouvelle phase du partenariat stratégique entre le Niger et la Chine.
Du côté de la partie chinoise, le Directeur Général de la CNPCNP, M. Zhang Yu a apprécié « la coopération pétrolière entre la Chine et le Niger qui constitue un pilier important de leur partenariat stratégique ». Il s’est réjoui du travail conjoint mené par les deux pays pour le « développement d’une chaîne industrielle pétrolière complète, contribuant à l’autonomie énergétique du Niger, à la création d’emplois et au renforcement des relations entre les deux nations ».
Intervenant sur le plateau de la RTN dans un entretien diffusé le 11 juin 2026, le ministre du pétrole, M. Hamadou Tini a évoqué la dynamique de transparence et de réformes insufflées au secteur du pétrole à travers notamment ces protocoles d’accord signés avec les partenaires chinois sur 45 points, conformément aux ambitions de la Refondation et aux aspirations des populations. Le ministre Hamadou Tini a relevé aussi le caractère attractif du Code Pétrolier nigérien et du Code des Investissements, présenté comme l’un des meilleurs de l’UEMOA. Des conditions favorables au développement du secteur dans un partenariat équilibré, respectueux des intérêts du Niger.
Souley Moutari (ONEP)
